‹ François Villon (volume 2)Chapitre 316 sur 402 · LI. — ETIENNE GARNIER, Clerc du Guichet · texte numérisé non relu

LI. — ETIENNE GARNIER, Clerc du Guichet

La très joyeuse ballade, dite de l'appel, est adressée à un certain Garnier ; elle a pour titre, suivant F : La question que feist Villon au clerc du guichet.

Qu'est-ce que le clerc du guichet ? Qui était ce Garnier ?

Le clerc du guichet était au Châtelet le personnage qui, sous la responsabilité du geôlier ou garde des prisons, se tenait dans le guichet de la prison, à la porte. Il portait toujours un bâton ferré'. C'est à Inique le guet de nuit et les sergents amenaient les délinquants ^. Il devait d'abord leur demander s'ils étaient clercs ou non, car le clerc du guichet tenait un registre d'écrou. Les prisonniers signaient ou faisaient une croix : le clerc ajoutait l'indication de leur état, la description de leur habit et tonsure 3, Et il ne devait toucher que deux deniers au sujet de la délivrance d'un prisonnier : encore était-ce par simple courtoisie. Mais il arrivait aussi que le clerc du guichet, tout comme le geôlier, faisait chanter les détenus. On voit par exemple qu'Andriet Rousseau, garde du guichet du Châtelet, fut condamné, le 27 septembre 1422, pour avoir transporté un prisonnier d'une prison dans une autre, afin d'obtenir de lui de l'argent 4. Les prisons du Châtelet étaient plus ou moins dures.

Sans aucun doute, le Garnier de François Villon doit être identifié avec un certain Etienne Garnier, qui eut des aventures.

11 était parent, vraisemblablement, d'un Jean Garnier, geôlier de la Conciergerie, qui fut condamné, le 11 septembre 1421, pour avoir laissé deux prisonniers coucher en ville, et qui s'échappèrent >.

Etienne Garnier paraît avoir été un homme ayant du bien, car il prenait à ferme, pour leurs profits, toutes sortes de petits offices. Ainsi, le 22 avril 1450 (n. st.), il est dit fermier de l'arche du Grand-Pont de Paris <^. Le 13 avril 1453, on le trouve fermier du chantelage, et plaidant à ce sujet contre un légataire de Villon, Angelot Baugis7 (il s'agit d'une redevance de 3 d. prise sur chaque queue de vin mise en chantier). Le 16 octobre 1453, on voit qu'il était geôlier de la Conciergerie. 11 eut le tort d'y suivre une tradition dans la famille. Dans cet office, il avait sous lui un clerc, Gaultier Ferrebouc, et l'avait autorisé à conduire en ville Richard Mignot qui désirait de voir sa femme, nourrice de Me Jean le Picart, et de prendre de l'argent qu'il avait rue Saint-Martin. Il

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