Arch. Nat., Z^ 3258, 20 août
8. Guilhermy, Itinéraire archéologique de Paris, planche ; Berty et Tisserand, Région centrale de l'Université, p. 291.
Saint-Jean de Beauvais, dite du Clos-Bruneau, et la rue des Noyers.
La commanderie de Saint-Jean, qui dépendait du Temple, avait été, elle aussi, édifiée sur un territoire de la censive de Saint-Benoît, à qui elle payait annuellement 1 1 s. et 2 muids de vin \ La commanderie était assez riche ; elle avait alors pour chef frère Regnaud Gorre, licencié en décret. L'église possédait un grand autel de cuir vermeil derrière lequel on voyait le corpus suspendu à une crosse de cuivre : quant à la belle chapelle, dédiée à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, mais dite vulgairement de la « Nunciation », son autel était orné d'un lys et d'un jardinet de cire. L'église contenait de nombreuses reliques rapportées par les pèlerins et les chevaliers, entre autres une côte de saint Pierre qui fut volée le Vendredi-Saint de l'année 1455. Dans la grande salle, voûtée et percée de verrières, on accrochait des tableaux sur lesquels on lisait des maximes édifiantes : le Catonet de Le Fèvre, les Enseignemens de Christine à son fils.
Les maisons qui formaient l'ensemble de la commanderie étaient louées en logements à des ecclésiastiques, à des écoliers, à des artisans -. On voisinait beaucoup entre Saint-Jean et Saint-Benoît, qui possédait une maison contre les jardins de l'Hôpital, dont les murs avaient vue sur la commanderiez Le commandeur recevait à sa table les chanoines de Saint-Benoît, H. D'Autissem, Artus et Jean de Vaudetar, Eustache Luillier; Jean Flastrier, neveu de Guillaume de Villon, était barbier des frères et des serviteurs de la commanderie et recevait annuellement 48 s. parisis. Jean Cotard, dont le goût pour le vin fut si fort illustré par François Villon, avait des attaches avec ce quartier puisque le commandeur se fit représenter par frère Robert Le Sergent, son comptable, aux noces de sa nièce ; et Ton dîna au Saumon rue Saint-Jacques ^.
Enfin la commanderie entretenait d'étroites relations avec ce milieu de décrétistes que l'on rencontrait à Saint-Benoît. Car