‹ François VillonChapitre 199 sur 262 · Sur ce personnage voir la notice à l'appendice · texte numérisé non relu

Sur ce personnage voir la notice à l'appendice

de ce fait', comme le sera aussi son successeur M N'empêche que ces prisons, mal closes, étaient noires : et c'est un legs plaisant ' que fera Villon aux prisonniers, dans cette obscurité, « de son miroir bel et indoine ». Ils ont pu être « enferrés sous trappe volière»; on les comparera à des oiseaux « en mue » ou en cage, à des « pigeons » ; ils étaient fort exploités par des geôliers qui les faisaient chanter et payer des gîtes après leur élargissement ^ : mais il demeure certain, on l'a vu, que l'on pouvait dans de telles prisons, se distraire au jeu de paume ; que tout le monde y entrait ; que les portes en étaient assez mal fermées.

Pourquoi Villon souhaitera-t-il également aux prisonniers la « grâce de la geôlière » ?

Avec notre poète, il faut presque toujours entendre le contraire de ce qu'il affirme. Si le geôlier est le maître des prisonniers, il demeure à son tour, comme il advient, à la discrétion de Madame la geôlière. On pense le rôle que tient une telle ménagère, par exemple dans l'administration de la table. Et si cette femme, comme l'épouse de Jean Papin, geôlier de la Conciergerie, outrage les prisonniers et leur fait mille insolences, en sorte que la cour doit lui interdire de telles pratiques \ sous la menace d'être bannie de Paris, battue publiquement et pilorisée, je souhaite aux prisonniers la grâce de cette mégère, peut bien penser Villon. Mais je leur souhaite aussi de rencontrer la pitié ou la crédulité de Marion la Sillée, chambrière et servante

Page 1