ACTE ïl, SCENE I
Helas! comte Thibault, les vers m'attristent l'amej Comme ils ont le secret d'émouvoir une femme!... Paolo reviendrait vainqueur de FCtloman... (Elle referme le manuscrit d'un air réi^eur et en
ouvre un autre.) Ali!... Lancelot du Lac... O^^'il f'st beau ce roman! (Elle lit.) «Dame, dist Galléhaut, aiez merci de Lancelot, « qui plus vous aime que soy-mesme. Je en auray, «dist-elle, telle mercy comme vous vouldrez : mais ail ne me prie de riens. — Dame, dist Galléhaut, « certes, il n'a povoir, mais je vous en prie pour luy. « — Ainsi , dist-elle , l'oclroyé-je qu'il soit tout mien \s. et moi toute sienne. — Grant merci , reprist Galléhaut, .1 donc , donnez-Iuy un baiser devant moi par coramenu cernent d'amour vraie... »
(Elle s'arrête et parait émue.) Belle Ginèvre, et toi, si fameux par les armes, Lancelot, vos malheurs m'ont coûté bien des larmes. Ces récits enivraiis m'attachent malgré moi.
{E/ le se lève.) Qu'ai-je donc? D'où provient ce triste et vague émoi? J'ai la fièvre... Je sens... Oui, mon cœur bat si vite! Je tressaille à tout bruit , j'ai peur, mon sein palpite..; Mon père... En m' abordant il parut se troubler. Et j'ai vu sur sa joue une larme couler... S'il savait... La douleur me suit dans la chapelle,..
LA DAMOISELLE , regardant à la fenêtre. Sordel entre au château.
Batilde , qu'on l'appelle.
(Batilde f qui est agenouillée au pris-Dieu y se léi'C et sort.)
LA DAMOISELLE, à part.
Toujours Sordel ! fort bien !
St& chants me distrairont.
LA DAMOISELLE, à pari .
Le calme maintenant reparaît sur son front.
Ah! puissent-ils guérir l'ennui qui me dévore !