‹ Françoise de Rimini, drame en cinq actes et en versChapitre 31 sur 76 · ACTE II, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE X

As-tu quelques raisous de flétrir sa vertu

Fardes soupçons honteux?... réponds, en aurais-tu?

S'il est vrai qu'à ce point Françoise s'avilisse.

Cet outrage est affreux!. . Nomine-nioi son complice.

Bertold , comme le mien lou Jionneur m'est sacré.

J'en jure i)ar les saints , oui, je le vengerai j

Il faut que dans leurs maux deux frères se soutiennent ,

Ordonne, mon épée et mes jours t'appartiennent.

(^ part,) [Haut)

Et je le soupçonnais!... Combien tu me plaindras! Instruit de mes chas^rins, tu les adouciras. L'amitié fraternelle et t'inspire et m'enflamme, J'aurai donc un ami qui lira dans mon ame, A qui sans nul détour je dirai mfs douleurs, Et qui par sa tristesse acciieillora mes pleurs 5 11 n'accusera pas mon amour de faiblesse : L'affront que je ressens autant que moi le blesse. Begarde , vois ce corps , sans p^races , amaigri , Usé par trop d'aniour, avant l'âge flétri : ^Ai^ec amertume.)

Comment plaire? Pourquoi n'ai-je pas en partage La force et la beauté?

{Regardant son frère avec admiration.) Quel brillant avantage...!

PAOLO , l'interrompant.

Ton rival.,.

BERTOLD.

Mes soupçons sont encore incertains.

Mais observe en silence aux jeux , à nos festins , L'insensé...

PAOLO

Qui?

BERTOLD.

Sordel.

PAOLO

Ce troubadour célèbre , Dont on chante les vers en France, aux bords de TEbre?

Présomptueux , volage et prompt à s'enflammer, Des femmes qu'il encense il croit se faire aimer j Si Françoise flatlée... en ses vers il la loue, J'ai près d'elle un témoin. ..plains-moi... je te l'avoue... Je crois que ma raison s'égare par moment-.. L'amour... l'enfer n'a pas un si cruel tourment.

PAOLO

Ciel!

BERTOLD.

Je fuis les regards quand mon accès commence , Oui , mes douleurs souvent tiennent de la démence. La nuit, malgré l'éclat que jettent mes flambeaux, Je vois à mon chevet , couverts de noirs lambeaux , Passer, passer toujours de livides fantômes ; Si je veux sommeiller, j'entends rire des gnomes, Rires aff'reux!... Le jour, ma mémoire s'enfuit, Je revois par raomens les scènes de la nuit... Et ces ombres toujours à Françoise ressemblent., [blent, Tiens, j'ai peur d'y songer... regarde, mes mains trem- Crois-moi, n'aime jamais. . .Viens nous joindre au signal. (// sort à pas lents.)

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