ACTE IV, SCENE IV
PAOLO
Écoutez-nioJ.
Sortez, je vous en prie.
PAOLO
Quoi ! pour toujours ?
FRANÇOISE , à part.
Hélas!
PAOLO
Si le destin jaloux.
Prit plaisir à me perdre en égarant mes coups , Madame...
Fuyez-moi.
PAOLO
Dans Texil , par les larmes , Oue j'ai bien expié le malheur de mes armes ! Je ne vous verrai plus , en m'éloignant de vous , Dois-je me dire encor : J'emporte son courroux? FRANÇOISE , à part et posant une main sur son cœur. 0 mon Dieu !
PAOLO
Dans l'Asie où je cherchais la gloire , J'étais mort aux plaisirs que donne la victoire, El, sorti des dangers que j'aimais à courir, J'enviais le vaincu que j'avais vu mourir. Je partirai. Quels maux en cet exil mattendent? Plus detrève à mes pleurs, point d'amis qui m'entendent. Que dis-je ? on veut ma mort ! Ma mort ! Destin affreux! Quandj'espérais!..Un mot, je meurs moins malheureux.
Que voulez-vous de moi?
82 FJRAINÇOISE DE RIMINI.
PAOLO
Soutenez mon courage.
Que j'aurais été fier de mon noble servage , Si , guidé par l'espoir....
N'achevez pas. Grand Dieu!
Quels discours tenez- vous ? Devant qui ? Dans quel lieu ?
Il est vrai, je m'oublie... Ah! croyez-bien , madame , Que la paix de vos jours est le voeu de mon anie.
* Combien dans mon exil ai- je prié pour vous?
* Que demandais-je au ciel ? qu'un sort brillant et doux
* Devînt votre partage au prix de mes années ,
* Par des maux sans espoir Tune à l'autre enchaînées. Oh! qui me les rendra ces jours délicieux ,
Où je n'enviais rien à l'ivresse des cieux ?
0 Ravenne! quels soins m'inspirait votre mère?
Alors vos yeux charmans ne pleuraient point un frère.
Du pillai(e à vos murs épargnant les horreurs ,
De mes fiers Gibelins je domptai les fureurs j
J'aimais à pardonner : il semblait que mon ame
Des vertus en la vôtre allât puiser le flamme.
Là , d'un premier émoi revenant par degré ,
Vous conduisiez mes pas au séjour révéré
Où voire auguste mère acceuillait ma venue j
Je frissoimais alors d'une joie inconnue j
Et vous , les yeux fixés aux brillantes couleurs ,
Dont, sous vos mains, la soie avait tissu des fleurs ,
Vous suspendiez parfois cet élégant ouvrage :
En mes camps , en tout lieu , j'emportai votre image .
Faolo ! . . . j'en mourrai !