ACTE V, SCENE III
Quel moment pour mourir plus beau que ce moment! Que peux-tu désormais attendre de la vie?... De reproches amers tu seras poursuivie...
Chaque jour te serait un siècle de douleurs
La nuit, tu mouillerais ta touche de tes pleurs... Notre amour de ta vie est le charme suprême; Notre amour est plus fort que Thomme et le ciel même. Oh! dis-moi!... n'es-tu pas lasse de tant souffrir?... Il ne faut , il ne faut qu'un instant pour mourir!... Cet instant finira Fennui qui te dévore... Il sera prompt et beau!... Tu diras : « Je l'adore!... » Mourons ! . . . mourons ! ... Il faut triompher du malheur. J'ai mon poignard. . . Je vais Tenfoncer. . . dans ton cœur, Dans le mien...
Avec toi la mort me serait douce!...
Mais je crains, Paolo, que Dieu ne nous repousse!... Pourtant avec bonheur je recevrais la mort!... Oui... oui... Tiens... frappe...
PAOLO , prêt à tirer son poignard.
Allons!... remplissons notre sort!...
Pas encorî... Laisse-moi te voir... Si je t'arrête, Ce n'est point par frayeur de la mort... j'y suis prête. Quand je verrai mon sang de mon cœur déchiré Couler sous tpn poignard, va, je te sourirai... Mais l'instant qui s'écoule est terrible et suprême , Je craindrais d'expirer sans te dire : « Je t'aime î » En t'aimant, Paolo, j'ai vécu pour souffrir... Tiens, frappe, maintenant je n'ai plus qu'à mourir.
PAOLO
Non ! je n'aurai jamais cet horrible courage , Françoise!... Toi mourir!... Où m'emporte ma rage...?