ACTE I, SCÈNE II
Je n'ai pas un abri qui protège ma tête !
Non, mes noirs ennemis, non, Guelfes odieux, Vous ne goûterez pas l'auguste paix des cieux ; De tortures sans nom éternelles victimes, L'enfer- ouvre pour vous ses efirayans abîmes. O vous, Père éternel, Esprit saint, Fils de Dieu , Conduisez le dessein qui m'amène en ce lieu, Et faites que ma voix rende à la bonne cause Les ingrats dont l'épée à nos succès s'oppose ! J'attendrai Paolo, sous l'œil de nos tyrans.
La foi vive soutient en des projets si grands.... Otez ce divin zèle, et qu'est-ce que la vie?
Un instinct! — De quel sort notre mort est suivie!
La tombe est au chrétien, ici -bas tourmenté, Un* creuset où le temps devient l'éternité.
L'âme d'un vrai croyant vit en ma poésie, Pour convertir les cœurs l'Éternel l'a choisie !
( // regarde. )
Ils me font bien attendre! Ah! voici du vélin,
Ecrivons-y les vers que m'inspire Ugolin.
(Il écrit.) « rapprochai de mes fils, ils sommeillaient encore -, » Du pain, murmuraient-ils! »
( Posant la plume et méditant. } Quel tourment les dévore!