SCÈNE X
GUIDO, BERTOLD, PAOLO.
GUIDO
Que vois- je? Paolo!... Mon fils! Malheureux père! Qui te ramène ici? Parle. Qu'y viens-tu faire?
L'anathèipe est sur toi ! Par saint Pierre ! frémis. Sais-tu que ton supplice aux Guelfes est promis ? Viens-tu des Gibelins rallumer la furie?
PAOLO
Je viens chercher la mort au sein de ma patrie.
BERTOLD.
Il est mon frère. Allons ! grâce pour son malheur !, •
guido, se contraignant»
Je n'ai pu retenir le cri de ma douleur :
En voyant le guerrier qui prive sa vieillesse Du seul fils qu'avec soin élevait sa tendresse, Quel père, Paolo, conserve un front serein.
Et sans pâlir d'horreur va lui presser la main? Quoique ton ennemi, je. ne suis point barbare, Je t'ai persécuté; veux-tu que je répare.....?
PAOLO
Moi?... Je suis Gibelin
GUIDO
Ne le rappelle pas,
Je suis Guelfe, et ce fer donne encor le trépas
Mais où m'entraînes-tu?.... Je descends dans la tombe. Où le vassal obscur ainsi que le roi tombe.
Là, dorment à jamais leurs fureurs d'un moment; Il est temps de fléchir un Dieu juste et clément.
Paolo {A part.)
Quel ennui !
( Haut et avec contrainte. ) Sois de notre famille, Je calmerai bientôt la haine de ma fille.