‹ Françoise de Rimini: drame en cinq actesChapitre 26 sur 88 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

» qui plus vous aime que soy-mesme. — Je en auray, » dist-elle, telle mercy comme vous vouldrez : mais il » ne me prie de riens. — Dame, dist Galléhaut, certes, » il n'a povoir, mais je vous en prie pour luy . — Ainsi , » dist-elle, l'octroyé- je qu'il soit tout mien et moi toute » sienne. — Grant merci, reprist Galléhaut, donc, » donnez-luy un baiser devant moi par commencement » d'amour vraie.... »

{Elle s'arrête et paraît émue.) Belle Ginèvre et toi, si fameux par les armes, Lancelot, vos malheurs m'ont coûté bien des larmes. Ces récits enivrans m'attachent malgré moi.

(Elle se lève.) Qu'ai-je donc? D'où provient ce triste et vague émoi? J'ai la fièvre.... Je sens.... Oui, mon cœur bat si vite! Je tressaille à tout bruit, j'ai peur, mon sein palpite... Mon père... En nfr'ahordant il parut se troubler, Et j'ai vu sur sa joue une larme coulet*....

S'il savait.... La douleur me suit dans la chapelle....

la damoisellè, regardant à la fenêtre.

Sordel entre au château.

Batilde, qu'on l'appelle.

(Batilde y quiest agenouillée au prie-Dieu, se levé et sort.)

LA DAMOISELLE, à part.

Toujours Sordel ! fort bien !

Ses chants me distrairont.

a8 FRANÇOISE DE RIMINI.

LA DAMOISELLE, à part.

Le calme maintenant reparaît sur son front

Ah ! puissent-ils guérir l'ennui qui me dévore !

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