SCÈNE III
FRANÇOISE, BATILDE.
BATILDE.
Madame, votre époux retrouve enfin son frère.
Paolo !
BATILDE.
Que le ciel ne lui soit plus contraire !
Ah! déjà de retour.... Si j'entendais ses pas...!
BATILDE.
Dieu condamne la haine.
Hélas ! je ne hais pas.
BATILDE.
Quel souvenir vous rend sa présence fatale?
Ba tilde, revêtant la robe virginale, Bans le cloître élevée, ignorant les mortels, Ta jeunesse s'écoule à l'ombre des autels; Des mystères divins la pompe accoutumée, Le saint jour de Noël et sa nuit enflammée Enchantent seuls ton cœur simple et religieux , Qui ne rêve ici-bas que le bonheur des deux.
Peut-il des passions comprendre les orages?
BATILDE.
Madame, attachez-vous aux célestes rivages, Oubliez votre ennui.
L'oublier, c'est mourir»
BATILDE.
Ce monde est un passage où nous devons souffrir ;
* Vous, qui , de vos sujets visitant les misères,
* Fuyez dans nos couvens vos grandeurs passagères,
* Au «pied de l'humble croix, symbole des douleurs,
* Pour un bonheur sans fin échangeant nos malheurs; Vous, noble dame, vous, dont la voix adorée
Nous explique de Dieu la parole sacrée,
Vous cédez, sans combattre! A quel vœu recourir?
Mais quel est donc ce mal qui vous fait tant soûf&ir?
Retourne à la chapelle, et là devant Marie, Jeune fille, pour moi, courbe le front et priée
( Elle détache son collier. ) Puisse cet ornement près d'elle suspendu Me rendre mon repos depuis long-temps perdu !