SCÈNE VÏIÏ
FRAÎNCESCA, PALMIUE.
Nous sommes seules enfin!... tu as sans doute bien des choses à me raconter ; Comment te trouves-tu du métier de {^jrande dame?
PALMIRE
Assez mal... ma sœur Amanda est bien plus heureuse. f
Je ne crois pas.
l'ALMIRK.
C'est une bien triste eoiidilion d'épouser un homme qui croit vous faire trop d'honneur... Le comte a eu regret de sa folie...
('a devait être.
l'Ai. MIRE.
Je n'ai pas tardé à éprouver ses dédains ; je me suis vue abandonnée , trahie...
FRANCESCA , avec ironie.
Je sais que c'est un volaj;e.
PALMIRE
J'ai long-temps souffert sans me plaindre ; j'ai essayé de le ramener : je n'ai pas réussi.... mon cœur a été vivement blessé... c'est alors qu'il s*est rencontre un jeune homme...
FRANCKSCA.
Comme il s'en ituiive icjujours en p.Treîl cas.
l'Ai-Miiip:
H s'est approche <le moi , pauvre délaissée., ma témoifjné de l'inléréi, de I;i pitié...
Tn veux dire de l'a mou i.
FRAÎSCOISE ET FRANCESCA.
VALSIIRE.
Oli ! non , (l'abord...
Fll*>CESCi.
Mais ça a Uni par là. ,
l'ALMIRE.
J'étais si in(lif,née des prorcdés de mon mari... et d'ailleurs, il paraissait si respectueux !...
FHtMCESCA.
Le jeune homme.. .
l'Ai MIUE.
Alfre<l de Liieeval.
FnA^CESC4.
Alfred de Luoeval?...
l'ALMIKE.
Tu le connais ?
KBAKCESCA.
Est-ce que je ne connais pas Ions nos élégants ?
PALMlllE.
Celui-là est très bien, n'est-ce pas? une figure charmante !
C'est possible je n'y ai pas fait attention.
PALJIIIIE.
Je ne lui ai pas assez caché les sentiments nu'il m'inspirait; sa passion s'est exallée.... et, hier matin , c'était le jour de ma naissance.... il est venu me prier d'accepter comme gage de sa tendresse un bracelet il'or .i brisure, qu'il tenait à la main... Tout-à-coup , mon mari est entré, et Alfred a fort adroitement jeté le bijou derrière un fauteuil j'espérais que le comte n'avait pas vu ce mouvement; mais plus tard, quand je suis revenue dans l'appartement , je n'ai plus retrouvé le bracelet... quelqu'un l'avait ramassé, et j'ai tout lieu de croire qu'il est entre les mains de mon mari.
FnA^CESOA.
Tant pis I... je ne sais trop ce qu'd pensera...après tout, ça ne prouve pas {jrand'chose... lin bracelet, tout le monde eu porte.
l'AI.MlIlK.
Mais celui-là renferinait nos deux noms ijravésdans la brisure : .\lfred et Palmire. FnA^CESCA.
Quelle unprndence !... est-ce que ça se fait jamais quand on a de l'usajje!.. on ne sijjnc même pas les lettres d'amour... ton mari peut en croire plus qu'il n'y en a.
TALMinK.
Je le sais bien ; déjà il m'a semblé voir dans ses regards ironiques, dans ses dédains encore plus prononcés...
Ce matin même, devant luoi, il a parlé d'une séparation...
rAl.MIRE.
Oeicll '!
FBAMnESCA.
C'est là qu'il vent arriver... il ne cherche qu'un prétexte.
l'ALMIRE.
Tu nie fais trembler... Un pareil éclat!., un
scandale public !..
FRA>CESCA.
Calme-toi... nous verrons... et peut-être...
r:<E nOMESTiQUE,enirani.
SI. le eonile de Surville!
FAl.MIRE , avec cffrei.
Mon mari !
FRA>CESCA, la poussant vers la porte de TescaUer driobt-.
Eh! vite!., il ne faut p.is qu'il nous trouve ensemble !
PALMIRE, près de la porte.
Ah !.. je n'ai d'es])oir qu'en toi !
(Elle son.)