‹ Françoise et FrancescaChapitre 36 sur 46 · SCÈNE VÏIÏ · texte numérisé non relu

SCÈNE VÏIÏ

FRAÎNCESCA, PALMIUE.

Nous sommes seules enfin!... tu as sans doute bien des choses à me raconter ; Comment te trouves-tu du métier de {^jrande dame?

PALMIRE

Assez mal... ma sœur Amanda est bien plus heureuse. f

Je ne crois pas.

l'ALMIRK.

C'est une bien triste eoiidilion d'épouser un homme qui croit vous faire trop d'honneur... Le comte a eu regret de sa folie...

('a devait être.

l'Ai. MIRE.

Je n'ai pas tardé à éprouver ses dédains ; je me suis vue abandonnée , trahie...

FRANCESCA , avec ironie.

Je sais que c'est un volaj;e.

PALMIRE

J'ai long-temps souffert sans me plaindre ; j'ai essayé de le ramener : je n'ai pas réussi.... mon cœur a été vivement blessé... c'est alors qu'il s*est rencontre un jeune homme...

FRANCKSCA.

Comme il s'en ituiive icjujours en p.Treîl cas.

l'Ai-Miiip:

H s'est approche <le moi , pauvre délaissée., ma témoifjné de l'inléréi, de I;i pitié...

Tn veux dire de l'a mou i.

FRAÎSCOISE ET FRANCESCA.

VALSIIRE.

Oli ! non , (l'abord...

Fll*>CESCi.

Mais ça a Uni par là. ,

l'ALMIRE.

J'étais si in(lif,née des prorcdés de mon mari... et d'ailleurs, il paraissait si respectueux !...

FHtMCESCA.

Le jeune homme.. .

l'Ai MIUE.

Alfre<l de Liieeval.

FnA^CESC4.

Alfred de Luoeval?...

l'ALMIKE.

Tu le connais ?

KBAKCESCA.

Est-ce que je ne connais pas Ions nos élégants ?

PALMlllE.

Celui-là est très bien, n'est-ce pas? une figure charmante !

C'est possible je n'y ai pas fait attention.

PALJIIIIE.

Je ne lui ai pas assez caché les sentiments nu'il m'inspirait; sa passion s'est exallée.... et, hier matin , c'était le jour de ma naissance.... il est venu me prier d'accepter comme gage de sa tendresse un bracelet il'or .i brisure, qu'il tenait à la main... Tout-à-coup , mon mari est entré, et Alfred a fort adroitement jeté le bijou derrière un fauteuil j'espérais que le comte n'avait pas vu ce mouvement; mais plus tard, quand je suis revenue dans l'appartement , je n'ai plus retrouvé le bracelet... quelqu'un l'avait ramassé, et j'ai tout lieu de croire qu'il est entre les mains de mon mari.

FnA^CESOA.

Tant pis I... je ne sais trop ce qu'd pensera...après tout, ça ne prouve pas {jrand'chose... lin bracelet, tout le monde eu porte.

l'AI.MlIlK.

Mais celui-là renferinait nos deux noms ijravésdans la brisure : .\lfred et Palmire. FnA^CESCA.

Quelle unprndence !... est-ce que ça se fait jamais quand on a de l'usajje!.. on ne sijjnc même pas les lettres d'amour... ton mari peut en croire plus qu'il n'y en a.

TALMinK.

Je le sais bien ; déjà il m'a semblé voir dans ses regards ironiques, dans ses dédains encore plus prononcés...

Ce matin même, devant luoi, il a parlé d'une séparation...

rAl.MIRE.

Oeicll '!

FBAMnESCA.

C'est là qu'il vent arriver... il ne cherche qu'un prétexte.

l'ALMIRE.

Tu nie fais trembler... Un pareil éclat!., un

scandale public !..

FRA>CESCA.

Calme-toi... nous verrons... et peut-être...

r:<E nOMESTiQUE,enirani.

SI. le eonile de Surville!

FAl.MIRE , avec cffrei.

Mon mari !

FRA>CESCA, la poussant vers la porte de TescaUer driobt-.

Eh! vite!., il ne faut p.is qu'il nous trouve ensemble !

PALMIRE, près de la porte.

Ah !.. je n'ai d'es])oir qu'en toi !

(Elle son.)

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