AM.\M)A
Le moyen , avec elle, de prendre la parole !
l'Ai.siini:.
Elle la garde toujours !
AMANDA
Nous ne sommes plus , pourtant , de petites filles.
FAL:tllitE.
r^on , sans doute.
IMAMDA.
Nous sommes dans l'âge où l'on fait touiner les têtes...
PALMIIIE.
Il faut profiter di; le mumenl-là.
AMAMD*.
Tu es lout-à-fait dans mes idées.
rf^
PALMIRE
C'est un lenips qui passe si vite!
AMAKDA.
lit pour ne jamais revenir ! '
PALMIKE.
Je vois (]ue nous nous comprenons .i merveille.
AMANDV.
C'est c]ue notre position est la même peutêtre.
PALMIRE
Je suis tentée de le croire.
AMANDA
Nous avons toutes deux fait une passion.
PALMIRE
Je n'ai donc pas besoin de te l'apprendre.
AMAKDA.
Je t'en félicite, ma bonne sœur... car je me reprochais iVêtre seule heureuse.
PALMIRE
Mais que diia Fran<;oise?
AMANDA
Ce qu'elle voudra ; mais je ne peux pas lui laisser if;noier plus long-temps...
PALMIRE
Va-t-elle nous gronder !
AMAKDA.
Je crois bien! elle est fière pareequeson tour n'est pas encore venu.
PALMIRE
Et pourtant , un moment j'ai eu de l'espoir... ce beau jeune homme qui venait nous voir en tilbury.
AMANDA
Ah! oui, un agent de change , ou quelque chose comme ça.
PALMIRE
Mais elle l'a renvoyé; il ne revient plus.
AMANDA
Il en viendra d'autres... elle ne sera pas toujours invulnérable... et alors...
vSCÈNE IV.
Les MÈMts, LKONAUD.
LÉONARD, cntr'ouvrant la porte iln fond et passant la tète.
Y a-t-il qut;lqu'uti, mesdemoiselles?
PALMIRE
II me semble que vous devez bien voir que nous y sommes.
LÉONARD
C'est juste... mais j'ai la vue tellement troublée...
( H entre et va poser sur une eliaisc l'étui qui contient son violon.)
PALMIRE , à demi-voix à Amanda.
Effet de l'émotion quand il vient ici... et il y vient tous les jours... il parait que je lui ai donné thins l'teil.
FBANCOISE KT FRANCESCA.
iiat-co tjut: tu aurais sur lui ileà idet-s?
PALMIIIE.
Ma foi non; je lui l.iisse les gioi>nps.
A MANDA
J'entends : c'est un amoureux qui necomnle pas.
L£OMRD , après (juclques efforts et regardant de tous côtés.
Mesdemoiselles , je suis heureux de %'uus rencontrer seules , de pouvoir rompre le silence et vous déclarer mes sentiments.
PALM IRE
(>ommertt, monsieur?...
LÉONARU.
II y a lon{;-temps que je voulais le faire.
AMANOA , à demi-voix à Palmire.
Ah çà! il me semble qu'il s'exprime.
LKONAIID.
Je balançais, je n'osais pas... enfin , je me suis raisonné; je me suis dit : « ce sont des bêtises... il faut en finir..," et je viens pour ça... vous saurez donc que je suis amoureux comme un fou...
PALMIRE, jouant l'élonoement.
11 se pourrait !
LÉO!<Ano, baissant les yeui.
De votre sœur Françoise...
AMAM>A , souriant.
Ahl bah)...
PALMIRE, étonn<fc.
De Françoise?...
LÉowAnn.
Vous trouvez que c'est hardi dr ma part... je le sais bien... aussi, je compte sur vous pour la disposer en ma faveur.
AMAKDA.
Avec plaisir, nionsitur Leunaid.
PAI.MIRK.
Cl oyez que nous serions enrlKinli-es tjuVïle accueillît vos bonunages.
LÉONAfin.
Aliî que vous êtes bonnes!
AMAM)A , à dcint-vois.
C'est qu'avec un amoureux pour son compte elle n'aurait plus rien à n(iu> diie.