‹ FrançoiseChapitre 32 sur 111 · ACTE I, SCÈNE Xll · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE Xll

LE DOCTEUR

C'est par discrétion ! vous racontez vos affaires...

MADAME DUBUISSON

Je ne fais pas mystère de ce que j'ai ! 11 n’y a que les avares ou les poltrons qui cachent leur bourse!... Tout de même, iis sont bien froids, vos beaux messieurs. On ne sait pas seulement la couleur de leurs paroles.

LE DOCTEUR

Convenez que, s'ils avaient trouvé moyen de placer un mot, ils auraient été habiles!

MADAME DUBUISSON, piquée.

Sans doute M. le comte cause davantage quand on n'est pas là ! Au fait, je ne savais pas le trouver chez vous, moi ! sans quoi je n'aurais pas commis l’indiscrétion... iûn se lève.)

LE DOCTEUR, un peu sèchement.

L’indiscrétion?

MADAME DUBUISSON

Ah ! tenez! je dis tout ce que je pense, moi ; j’en ai le droit : j’ai toujours eu line conduite prudente et réfléchie... C'est à Françoise que je m'adresse. (Elle s'est avancée*; Cléonice a passé derrière le dorlcnr.)

A moi, madame?

MADAME DUBUISSON

Oui, mon coeur. Vous êtes une bonne et honnête lille, j’en suis bien sûre ; mais, si vous voulez garder votre renommée

1 Cléonice, madame Dubuisson, le docteur, Françoise.

de vertu, vous ne recevrez pas tant ce jeune homme. Ça fait un mauvais effet dans la ville. On dit qu’il vous aime et qu’il tente de vous épouser... C'est possible ! Alors mariez-vous bien vite, car vous êtes en âge, et il y a des langues...

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