ACTE III, SCÈNE V
aimer beaucoup et comprendre les affaires; il n'est donc pas de trop ici. Monsieur le comte, je jouerai le franc jeu avec vous, et notre partie ne sera pas longue. J’ai trop d’expérience pour ne pas savoir que, s’il faut beaucoup de paroles avec les paysans, il n’en faut qu’une avec les gens de votre acabit. Vous me faites la complaisance de rechercher ma fille en mariage. C’est une fille de rien, vous savez!... Je ne m’en fais pas accroire. Nous sortons d’un tas <le paille et d’une brouettée de terre, sa mère et moi. Vous, vous avez une géologie d’ancêtres...
HENRI
Oh ! moi, monsieur, je ferais pour ma dignité les mêmes réserves que vous faites ici fort adroitement pour la vôtre. Je ne souffrirais pas que les folies de ma jeunesse me fussent reprochées, et je ne consentirais point à entrer dans une famille qui me croirait trop l’obligé de sa richesse.
DUBUISSON , à part.
Ali! il est fier... Eh bien, ça me va mieux, iilaui.) Je savais que vous étiez susceplif... aussi j’ai pensé à arranger les choses de manière à ne vous point mortifier. Nous n’avons point de sacrifices à faire pour vous. Nous rachetons votre bien... à vos créanciers, c’est-à-dire que nous purgeons toutes vos hypothèques et que je garde Luzy pour vos enfants à venir. De cette manière-là, si j’accepte... avec plaisir!., (il salue.) un gendre qui ne m’apporte rien, je ne paye pas son titre : c’est une chose trop conséquente... ça n’a point de prix '... et, comme ça, vous n’êtes pas mon obligé; c’est ce que vous souhaitez, pas vrai?...
1IENRI, souriant.
Je vois, monsieur, que Luzy a pour Vous un charme tout particulier. Je m’en réjouis!... cet arrangement (A la Hvomiais.) me délivrerait de mes affreux soucis, sans me rendre l’esclave de personne.
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