ACTE III, SCÈNE VI 1MI
DUBUISSON, s'asseyant.
Mon Dieu! vous en êtes bien le maître, monsieur le comte, ne vous en gênez point! nous pouvons nous consulter là, tous ensemble. •
MADAME DUBUISSON
J'avais amené le docteur et sa fille ici pour çq. Peut-être que Françoise ne connaît pas la position de M. le comte?
Pardonnez-moi, madame, je la connais.
DUBUISSON
Elle n'est pas des plus meilleures...
LE DOCTEUR
Fort bien!... mais qu’a cela de commun avec un mariage?...
MADAME DUBUISSON
Sans le mariage, monsieur est ruiné; son avoué...
LE DOCTEUR
L'avoué aurait dû commencer par vendre pour libérer son client.
DUBUISSON, sournoisement.
Libérer, oui... si M. le comte ne doit pas plus que sa terre ne vaut.
HENRI
Qu'en savez-vous, monsieur?
DUBUISSON, île menu?.
Est-ce que je me trompe?
FRANÇOISIi.
LE DOCTEUR
Quels que soient tes embarras, tu sais que j’ai certaine somme à ta disposition... (11 se lève et remonte avec Françoise.)
DUBUISSON, se levant.
Ah ! si le docteur vous prête!... c’est bien différent! n’en parlons plus!. . qe parlons plus de rien!... tout est dit.
MADAME DUBUISSON
Comment, tout est dit? on nous aurait fait l'affront de nous demander, notre Cléonice... et, parce que le docteur prête ses petites économies... il n’en serait que ça?...
Ne t’emporte pas, ma mie. C’est très-beau, c’est très-gentil, ce que fait là le docteur!... Cent mille francs!... un médecin de campagne ne trouve pas ça tous les matins dans le pas de sa mule!... M. le comte est bien heureux!
HENRI
Assez, monsieur, assez!... sachez que je n’accepterais point de pareils sacrifices; je ne les mérite pas.
LA HYONNAIS, derrière le divan.
Vous pouvez les mériter.
MADAME DUBUISSON
Oui, oui, certainement! il peut faire comme vous, étudier la médecine pendant quntr' cinq ans; après quoi le docteur lui céderait un peu de sa clientèle. Les paysans, ça ne paye guère, mais c’est si joli, de porter secours au pauvre monde! avec un bon petit cheval, quinze ou vingt lieues par jour... ou par nuit, hiver comme été...