CRUE
mn
les Communiantes.
Calmes, elles s'en vont, défilant aux allées
De la chapelle en Jleurs, et je Les suis des Jeux, Religieusement Joisnant mes doigts pieux, Plein de ! ardent regret des Jerveurs en-allées.
Voici qu'elles se sont loutes agenouillées
Au mystique repas qui leur descend des Cieux, Devant l'autel Diqué de flamboiements Joyeux £t d'une floraison de Jleurs immacultées.
Leur séraphique ardeur Jut si lente à finir Que tout-à-l'heure encore, à les voir revenir De l'agape céleste au divin réfectoire,
Je crus qu'elles allaient vraiment Prendre l'essor
Comme si, se £tlissant sous leurs voiles de £&toire,
Un ange leur avait Dosé des ailes d'or...
EMILE NELLIGAN
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EMILE NELLIGAN
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I11 (suite.) OUDAIN, à son prestige,
Voici des noirs esprits La troupe qui voltige
@&@ Et tourne en un vertige
Sur les fumants débris.
Tel un lacet de fronde Tourbillonne en sifflant, La fantastique ronde Hurle, ricane et gronde En son vol affolant.
Leurs yeux dans les ténèbres Ont de glauques clartés,
Et leurs pâles vertèbres Claquent en chocs funèbres Aux bonds précipités.
Encor ! encor ! la foule Sans relâche grandit,
Et plus vite elle roule Avec un bruit de houle, Et s’élance et bondit.
Le chevalier exulte En son triomphe vain, Et, grisé de tumulte, Brandit avec insulte Le Symbole divin.
Alors, c’est un blasphème Eclatant et confus
Qui, de Ja troupe blême, Monte en long anathème :
‘A mort ! à mort Jésus !" Et, comme en l’âpre cime Où son cœur sanglota,
Le Sauveur, sous l’azyme, Muet, souffre le crime
Jun nouveau Golgotha,
Le traître sur sa proie Se jette, ivre d'orgueil ; Sur le sol qui poudroic Il la foule et la broie, Et le ciel est en deuil !
Contre la forme blanche Que souillent les limons, Affamés de revanche, Se ruent en avalanche Tous les hideux démons.
La horde meurtrière Poursuit en Ja bravant Par l'herbe et Ja bruyère L'impalpable poussière ue disperse le vent.
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> blême, nathème :
rt Jésus !” pre cime glota, l’azyme, rime Igotha,
ère
C’est une sombre orgie, Triste, si triste à voir Que la lune rougie Tremble et se réfugie Sous un nuage noir,
Et que l'oiseau livide, Abandonnant son nid, Va fuyant dans le vide, Et de son cri stupide Epouvante la nuit.
Mais quand la Sainte Hostie Jusqu'au moindre fragment Parut anéantie,
Et que l’eût engloutie
Au loin chaque élérnent,
( O Justice qui poses
Tes bornes en tout lieu !) Rompant ses digues closes, La colère des choses Eclate et venge Dieu.
Le sol ému se creuse Avec un bruit géant,
Et par l'orbite affreuse La troupe ténébreuse Rentre au gouffre béant.
Le vent et Ja nuée Font éclater en l'air Une vaste huée,
Où vibre, accentuée, La note de l'éclair.
De ses sources profondes Le ciel, à larges flots Précipite ses ondes,
Comme si tous les mondes Epanchaient des sanglots.
La tempête en délire Exalte ses clameurs 3 On dirait une lyre Enorme, où se déchire Une gamme de pleurs.
Guido tremble, tout pâle, Et d'une froide main L'épouvante fatale
Serre sa gorge, où râle Un effroi surhumain.
Parmi les troncs fantômes Il erre dans la nuit,
royant voir sous leurs dômes,
Le noir essaim des gnomes Qui toujours le poursuit.
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uée, Ir.
rofondes flots
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s mondes sanglots.
[1 court, il court plus vite, Haletant, insensé :
Mais chaque pas irrite
Le remords qui palpite En son cœur angaissé.
Il va, brûlant de fièvre.
Et tout l'espoir maudit Dont son âme se sèvre Fait monter à sa lèvre Un nom... toujours redit.
Plush Par les soirs somnolents d'été, lorsque l’azur
Monte À bruni ses dérniers reflets d’or ou d’opale, Phare: Chaque étoile, à son rang, dans le ciel vaste et pur Par ur Arrive, et lentement Suspend son flambeau pâle,
Avant Bientôt leurs légions se pressent : d’un vol sur Le vre Toutes vont déployant leur splendeur virginale, Fit jai Et sous leurs diamants de feu, l’éther obscur Réfét: Brille comme un Manteau de reine orientale, :
Hostie Etoiles, qu donnez à l'espace des fleurs, Plus n Des sourires aux nuits, des hymnes au silence, Vous c Et des rayons à l'ombre et du calme à nos pleurs : Écvou Doux astres, vous bercez mon âme d’espéranc e, Dieur Et je crois, devinant vos mystiques lueurs, De no:
Dans vos yeux d'infini lire l'Amour immense
+5 Etoiles
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Plus haut encore, au ciel de l’Église de Dieu, Montent des astres purs, candides étincelles, Phares sacrés guidant aux routes éternelles, Par une main prodigue allumés en tout lieu.
Avant que de sombrer sous des vagues mortelles, Le vrai Soleil, jésus, en un suprême adieu,
Fit jaillir de son sein ces globules de feu Réflétant sa lumière à leurs clartés fidèles,
Hosties, astres divins sans cesse renaissants, Plus nombreux que la mousse aux plis des longs ver- Vous couvrez l’univers de vos mystiques toiles, [sants,
Et vous portez l'amour et la paix sous vos voiles ; Dieu même resplendit en vos humbles croissants : De nos obscures nuits vous êtes les étoiles !.…
Serge Usène
La Réponse du Crucifix
En expirant sur ! ‘arbre affreux du Golgotha, De quel regret ton âme, 6 C, Arist, fut-elle Pleine ? Etaitce de laisser Marie et Madeleine.
Et les autres, au roc où la Croix se lanta ?
Quand le funèbre chœur sans Loi se lamenta, Æt que les clous crispatent tes MANS ; quand par la Plaine,
Zon âme eut dispersé la fleur de son haleine, Devançant ton essor Vers le céleste Etat.
Quel fut ce SAN soupir de tristesse tnfinie Qui s'exhala de 7 0, lorsque, l'œuvre Jinie, Tu l'apprétais enfin à regagner le But ?
Me dévoileras-tu cet intime mystère ?
— Ce fut de ne Pouvoir, jeune homme, le fel bu, Serrer contre mon cœur es bourreaux sur la terre.
EMILE NELLIGAN
Dee
Cifix
lu Golgotha, fut-elle pleine ?
leine,
se Planta ?
se lamenta,
S' quand par la plaine, on haleine,
Etat,
se infinie re finie, But ?
pce
6, le fiel bu, AUX Sur la terre.
EMILE NELLIGAN
Processions
Oh ! les processions blanches des Fêtes- Dieu, Quand, au pas mesuré des prêtres et des vierges, Elles vont déroulant, ruban broché de feu,
Leur long scintillement de tulles et de cierges !
Oh ! les processions si claires dans les jours, Ayant l’azur profond des cieux pour draperies, Les gazons pour tapis, la mousse pour velours Et le soleil de juin fêtant leurs théories.
Oh ! les processions si calmes dans les soirs, Glissant comme en un lac de pacifiques voiles, Tandis que chaque fleur ouvre ses encensoirs Et que s'aligne en haut l’escorte des étoiles. Les choristes rêveurs semblent des chérubins Et l'auréoie floue à leurs boucles vsrmeilles : Un même souffle pur effeuille aux pas divins Les jeunes filles et les lis de leurs corbeilles. Et toute l'âme vibre en sublime sursaut
Quand la custode, d'or et de gemmes sertie, S'élève, er qu'un instant la Face du Trè,-Haut Met l'éclair du Sina dans l'ombre de l’Hostie.
Louis Dantin,.