‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 34 sur 206 · I.e- lois reprennent leur empire · texte numérisé non relu

I.e- lois reprennent leur empire

l'it II iMauff- n'a ([u'un rolrain :

l.iiM'it-'. rrp;irais. •■'claire d<' tes feux prospères I. li.il'il.uit du Midi, .les Ali)es. du Jura, du N..rd!

Vi(Mi> entemli-i' un penpie île frères.

•iiiiiT loii (Mii|Mr<' ou la mort.

plates justifications. Quant au club, décimé ' et châtié, il dut comprendre, mais un peu tard, que les violents trouvent souvent plus violents qu'eux encore et qu'il est malaisé de maîtriser les passions qu'on a contribué à déchaîner. Les Amis delà Constitv lion ïnveni, comme tant d'autres, victimes à leur tour de cette tyrannie révolutionnaire dont ils s'étaient montrés les actifs et dociles agents, ou plutôt les instigateurs et prôneurs peut-être inconscients.

Il semble pourtant qu'ils étaient en droit d'attendre mieux d'une révolution à laquelle ils avaient donné tant de gages. Leur conduite, notamment dans les affaires religieuses, pouvait leur faire espérer plus de ménagements.

Sur ce point, en effet, nulle hésitation, nul atermoiement; ils devinèrent du premier coup d'œil que les principes affichés par les réformateurs attaquaient directement la vieille foi de la France et battaient en brèche la religion des ancêtres; que, partant, tout bon patriote devait s'engager résolument dans cette voie.

Avant de les montrer persécutant vaillamment les prêtres fidèles -, il est bon de les étudier en présence des apostats. Rarement spectacle tout à la fois

1. Sur les quarante-deux administrateurs du Morbihan incarcérés pour ce motif par Prieur de la Marne, vingt et un au moins appartenaient au club.

2. On ne saurait trop répéter, dés maintenant, que ces actes dlntolérance envers le clergé fidèle furent l'une des causes principales des troubles qui agitèrent les provinces de TOuest. «Sans la division élevée par les prêtres, écrivent des témoins informés, on ne trouverait guère dans les campagnes que des patriotes. » Les commissaires aux côtes de Lorient à Dunkerque. au Comité de défense nationale, l" avril 1*93. Archiyes nationales, AFn. 264.

plus curieux et plus instructif nous passera sous les yeux.

Les clioses de la religion n'avaient guère, avant la Révolution, préoccupé les bourgeois qui formèrent la Socii'te des Ami.'< de Ui Conslitutlon ; plusieurs même furent au nombre des brebis le plus souvent fugitives du troupeau de M^"' Amelot. La promulgation de la Conslitiition civile du clergé vint les transformer subitor.cnt et faire de ces liommes, autrefois pour le moins indifférents, les bedeaux et les marguilliers des églises schismatiques.

Les voici d'abord qui prodiguent aux apostats Thommage de leur admiration, et les couvrent de l'ombre bienfaisante d'une constante protection.

Le club était à peine né depuis un jour que déjà il se dépensait en témoignages de satisfaction à leur endroit. « Un lionorable meriibre, lisons-nous dans le procèsverbal du 12 février, a communiqué à la Société un discours prononcé par M. Piclion, de Vannes, recteur de Drefféac, département de la Loire-Inférieure, en présence de ses paroissiens, le jour de la prestation du serment. Un des secrétaires en a donné lecture à rassemblée, qui Ta vivement applaudi et a ordonné qu'il serait inij)rinié aux frais de la Société, au nombre de cinq cents exemplaires tant en langue celtique que française, pour être distribué dans tout le département'. »

\. Sr.iiirc (lu s.Aiiinli \1 février l"!»!.

Un peu plus tard, cette pièce obtint un honneur non moins rare.

Nos frères et amis, les habitants des campagnes, devaient, le 18 février — on l'espérait du moins — assister à l'assemblée; il fut décidé qu'on y u donnerait lecture et interprétation tant de l'adresse que la Société avait faite pour eux que du discours de M. Pichon, curé-recteur de Drefféac ' ». L'apostat était sacré grand homme, docteur de Tl^glise nouvelle. Il fallait bien encourager le schisme î

La famille du jureur participa à ses succès et à la reconnaissance des Amis de la Constiiiitioti. Le 1:2 février, on eut la joie de signaler la présence de son père à la réunion ; aussitôt « un honorable membre fit la motion delinviter à prendre séance à la droite de M. le président. La motion fut unanimement appuyée-. » Son frère, on s'en souvient, reçut une faveur tout aussi précieuse : on l'admit au club, sans les proclamations obligatoires pour tous autres.

Les actes d'apostasie devenaient même parfois une affaire d'État, à laquelle on donnait toute la solennité possible. C'est ainsi que, le samedi 28 mai, le président lut « une lettre delà municipalité par laquelle la Société était invitée à assister avec les corps administratifs à la cérémonie de l'installation du nouveau recteur de Saint-Patern et à la prestation du serment de MM. les vicaires de l'évèque pour le lendemain, et il fut arrêté que la Société s'y rendrait en corps •^. »

Page 1