Du Roi à Solms; du 21 août 1772. n
Joie que la ncg-ociation avec Vienne yoit près d'être conclue. Par suite, la négociation pour la paix avec la Porte marchera aussi plus facilement. — L'Autriche parait avoir des vues sur la Yalachie. Mais l'on ne doit pas céder, sans quoi l'on ne saurait prévoir la fin des prétentions de cette cour. Que la Eussie n'a qu'à montx'er de la fermeté. La dernière mauvaise récolte a mis l'Autriche dans un grand embari'as, et le pays et l'armée ont beaucoup souflert. — L'Autriche expulse les confédérés; preuve de sa sincérité envers nous. — La prise de Czenstochau est le coup de grâce.
56. Du Roi à Solms; du 22 août 1772. — Communication de dépêches de France, d'après lesquelles cette puissance conseille à la Porte de céder aux Autrichiens quelque chose en Hongrie, plutôt que de céder à la Russie. La France espère par-là détourner de nous l'Autriche et empêcher le partage de la Pologne.
57. Du Uoi à Solms; du 23 août 1772. — Grand contentement que la triple convention à l'égard de la Pologne ait été signée le 5 août. Eemercîments à Panin et à Solms pour leurs peines. — Que l'on peut maintenant être tranquille sur les intrigues de la France; et la paix avec la Porte ne peut pas non plus tarder. En même temps, la Russie pourra facilement faire revenir la cour de Vienne de ses projets d'agiandissement en Hongrie.
58. Du Roi à Solms; du 30 août 1772. — Que le Roi a parlé à îfeisse avec le comte de Dietrichstein et qu'il a conclu de son langage ce qui suit: Que l'Empereur et Lascy no paraissent pas satisfaits de leur part en Pologne; qu'ils aimeraient bien chasser les Turcs tout-à-fait de l'Europe, et tout s'approprier de la Hongrie en-deça du Danube, Ils seraient dès-lors disposés
à prêter secours aux Eusses; et, après aToir fait déguerpir les Turcs, à leur concéder la Moldavie et la Valacliie. Bar crainte de la France et de l'Espagne, l'on voudrait aussi gagner le Roi par l'augmentation de sa part en Pologne. — Que tout cela vise à une nouvelle alliance. On verra où cela conduit. La cour de Vienne paraît divisée entr'elle: d'un côté, l'Empereur et Larcy, de l'autre, l'Impératrice et Kaunitz. Ceci à la connaissance de Panin. — Nouvelles désagréables de Suède.
09. Du Eoi à Solms; du 4 septembre 1772. — Que Kaunitz n'est pas toujours d'accord avec l'Empereur et Lascy. — Les rues de l'Empereur en Hongrie pourraient bien être remises sur le tapis, — Qu'il faut à présent intimider la Porte, pour l'amener à faire la paix. — La révolution en Srfede amène de nouvelles complications. Proposition de représentations faites en commun, pour y rétablir les choses sur l'ancien pied. De la modération d'a])ord ; si elle ne sert à rien, de la force.
60. Du Ptoi à Solms; du 20 septembre 1772. — Que la Suède a mis le Eoi dans un grand embarras. Tl désire connaître dans cette affaire les intentions de la Russie. — Le congrès à Fokschany rompu; c'est })Ourcj[uoi il vaut mieux, que la Russie, dans le commencement, dissimule sa mauvaise humeur contre la Suède. La France a effectué cette révolution par ses secours. ]Mais la Russie peut être tranquille pour le moment. — Durand a la commission de brouiller le Roi avec Pétersbourg.
Gl. Apostille du Roi à une lettre à Solms; du 27 septembre 1772. — Assurance qu'il cherchera de toute manière h témoigner sa gratitude à l'Impératrice et à la Russie.