Du Roi à Solms; du 9 décembre
— Pour faire entendre raison aux Polonais, il faut absolument employer de la rigueur. — Sur quels points on aurait à insister dans la pacification. — La France est la motrice de toutes les clameurs des Danzicois contre moi. Comme la France, à cause de son épuisement, ne peut s'opposer ouvertement, elle a recours à ses intrigues
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habituelles. — C'est ainsi qu'elle a aussi gagné TAngleterre contre moi. Son intention est de me brouiller avec la Russie*
69. Réponse aux observations de la délégation quant à la délimitation de frontières; du 20 septembre 1774. — Subtile justification des transgressions arbitraires prussiennes du traité de partage.
70. Du Roi à Solms; du 3 décembre 1774. — Désir que la cour de St.-Petersbourg veuille avancer plus rigoureusement contre les Polonais, vu leur obstination et les difficultés qu'ils élevaient contre la délimitation, de manière, qu'on n'avançât pas du tout. Que la Russie trouvera bien encore de la besogne, à cause des dissidens. Déjà les Polonais demandent niaisement le départ des troupes russes. Benoît leur a bien répondu là-dessus. Que l'on n'arrivera pas au but, si la Russie ne leur montre pas les dents. Que c'est uniquement par ambition et avidité, que la délégation traîne les choses en longueur, afin de se remplir mieux les poches; mais comme un véritable tonneau des Danaïdes, elles ne s'empliront jamais. Que dans deux ans la délégation n'a presque rien fait, et que la plupart des affaires ne sont pas expédiées. Que de la sorte l'on n'en aura pas terminé d'ici à quelques années. Que la Russie veuille donc déclarer, qu'elle ne tolérera pas davantage ces étemels retardements.
71. Du Roi à Solms; du 6 décembre 1774. — Que dans l'extension de ses frontières, il n'a fait qu'imiter les Autrichiens. Mais que cette déclaration ne fait pas grand effet chez les Polonais. Que l'on ne peut se fier à eux; ils ne cèdent pas même aux meilleurs raisoimements; ce n'est que par la peur ou l'argent qu'on peut les déterminer. C'est ainsi que, même dans leurs
propres aflkires, ils traînent tout en longueur. Que si la Kussie veut une fin, elle doit déclarer vertement sa volonté à cet égard, autrement ils divagueraient toujours à droite et à gauche. Je connais les Polonais et juge d'après l'expérience et la nature des choses.
72. Du Eoi à Solms; du 10 décembre 1774. — Les choses ne veulent pas avancer, et les Polonais invoquent Tintervention de la Russie. Ceci pourrait amener des discussions très - fâcheuses entre les trois cours, et seulement une déclaration énergique et déterminée pourrait conduire la chose à terme.
73. Du Roi à Solms; du 10 décembre 1774. — Silence de Kaunitz sur les affaires polonaises. Que TAutriche établit des grands magasins de guerre à Pesth; — on ne comprend pas ce que ces préparatifs signifient. Qu'à cela vient s'ajouter le rappel subit de Van Swieten de Berlin, et de Lobkowitz de Saint- Pétersbourg. Kaunitz veut-il peut-être éviter toute explication possible sur ses intentions? Celles-ci portent ou sur la Porte ou sur la Russie; là, pour venir à bout des cessions dans la Valachie; ici, pour déterminer la Russie à céder quant à la Crimée. Que tout ceci ne sont pourtant que des suppositions. — Conseil aux Russes, de ne pas retirer leurs troupes de la Moldavie et de la Valachie avant que la paix ne soit formellement ratifiée.
74. Note russe remise au comte de Solms; — 30 avril 1776. L'Impératrice décline une intervention, tendant à forcer les Polonais à accepter les conditions prussiennes, tout en donnant à entendre clairement son déplaisir sur l'interprétation du mot: la Netze en entier.