‹ Frédéric Ozanam d'après sa correspondanceChapitre 62 sur 235 · SA FONDATION · texte numérisé non relu

SA FONDATION

nora sa Conception Immaculée d'un culte public. -> ' Ozanam, en terminant, saluait dans le président général. M. Bailly, «le père qui avait été Tanue gardien de leur jeunesse dans la capitale, et dont maintenant lui et ses amis regrettent toujours la sagesse absente et lointaine ".

Au mois de juillet suivant, Ozanam pouvait mander à l'Assemblée générale de la fête de saint Vincent de Paul, que la jeune conférence de Lyon avait porté à quarante le nombre de ses membres. Soixante-dix familles étaient visitées, etc. Tout avait doublé en huit mois. Et le président redisait encore : u Nul, en cette fête, ne manquera au rendez-vous des Ames. Nous Serons là tous ensemble sous les yeux do saint Vincent de Paul notre père, de la sainte Vierge notre mère, de Jésus-Christ notre Dieu I »

Ce n'est pas à dire que, même dans cette religieuse ville, les commencements de l'œuvre aient été des jours tissus d'or et de soie. Ozanam a écrit : « Il n'est pas possible de se faire illusion : la société a rencontré des défiances partout. « A Lyon elle connut la contradiction. Le Bulletin de l'année 1837 en indique les causes : son origine étrangère, et surtout parisienne. Sa nouveauté « dans une ville non moins attachée à ses institutions et habitudes du passé, qu'à ses pieuses croyances et à ses mœurs antiques ». Enfin la piété routinière de plusieurs, ombrageuse dans ses soupçons, inconsidérée dans son zèle. Par contre la conférence, loin d'encourir le blàme de l'autorité ecclésiastique, avait pour elle plusieurs curés, celui de Saint-Pierre en particulier, et le vicaire général chargé des associations catholiques du diocèse. Enfin des paroles de contentement et de bénédiction étaient

tombées sur elle des lèvres vénérables de M"' l'archevéque administrateur'.

Plus à l'aise avec Lallier, la verve pittoresque d'Ozanam, dans une lettre intime, se donne carrière au sujet de « ces gros bonnets laïques de l'orthodoxie, Pères de concile en frac et en pantalons à sous-pieds; docteurs infaillibles qui prononcent ex cathedra entre la poire et le fromage; puritains de la province pour qui tout est pervers de ce qui vient de Paris; doctrinaires irréductibles de qui Topinion politique constitue le treizième article du symbole, accapareurs de toutes les œuvres dont il leur faut le monopole, etc. Vous ne sauriez croire, mon ami, les mesquineries, les avanies, les vilenies, les arguties et minuties dont ces dignes gens, avec la meilleure foi du monde, ont usé contre nous. Chaurand et moi, comme principaux fondateurs et directeurs de l'œuvre, nous avons été constamment sur la brèche; et cette lutte nous fatigue beaucoup-.

1. V. Quatre lettres inédites dOzanam, publiées pour la première fois dans le Bulletin d'avril 1910, et deux en mars 1911, p. 68.

2. M. le baron Chaurand fut le personnage le plus notable du groupe d'étudiants lyonnais, coopéraleurs d'Ozanam dans la fondation de la Société de St- Vincent de Paul. Né, comme Ozanam, en 1813, avocat à la cour royale de Lyon, 1836, l'un des fondateurs de la Gazelle de Lyon; grand propriétaire lural en Vivarais et Lyonnais, président des sociétés d'agriculture et viticulture de Lyon, initiateur des améliorations et préservations agricoles, député de l'Ardèche à l'Assemblée nationale où il présenta un projet de loi pour le repos dominical , dévoué au comte de Chambord , ardent défenseur du Saint-Siègt^ par la constitution de l'armée pontilicale dans laquelle s'engagèrent ses deux (ils sous les ordres du général de Charette, fondateur et zélateur des conférences de St-Vincent de Paul, jusque dans les petites communes du Vivarais, avec ses trois beaux-frères, Antonin, Vincent et Félix Serre, eux-mêmes amis d'Ozanam, homme prêt à tout bien jusqu'à la fin de sa vie, 6 octobre 1806 : on a pu écrire de lui qu'il n'y avait pas eu à Lyon et dans la région, pendant soixante

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