LA SOCIETE DE S. VINCENT DE I
De ce merveilleux progrès, Ozaiiam disait non seulement son bonheur, mais le devoii' qui en résullait pourlui et les promoteurs de cette action charitable : « celui de se faire les médiateurs entre les deux camps de la société, pour porter dans l'un des paroles de résignation, dans l'autre des conseils de miséricorde. Le mot d'ordre, sera : Réconciliation et amour ! »
A Lyon, les difficultés mêmes que rencontrait l'action des deux conférences, lui étaient une raison de ne pas abandonner le combat, pour insuffisant qu'il se crût à le conduire : '< Je sens bien, écrit-il, qu'il me faudrait autrement d'éneiuie et de liberté d'esprit que mon tempérament et mes affaires ne m'en laissent, pour faire face à tousmes devoirs. Et néanmoins, il est des circonstances qui m'empêchent de me démettre d'une présidence si mal remplie. » Ces circonstances sont celles qui interdisent à un commandant de briser son épée sur le champ de bataille.
L'hiver de 18i0 vint resserrer encore ces attaches par les exigences mêmes de son laborieux mandat. « Les besoins extraordinaires de cet hiver, écrit-il, ont ranimé l'activité de nos aumônes. Nous faisons des progrès dans l'art de dévaliser les riches au profit des pauvres. Beaucoup d'entre les nôtres ont offert leurs services pour le patronage des jeunes libérés. L'excellent La Perrière s'occupe de fonder un patronage préventif. Mais que tout cela est peu, mon ami, en présence d'une population de soixante mille ouvriers, démoralisée par l'indigence et par la propagation des mauvaises doctrines! La franc-maçonnerie et le républicanisme exploitent les douleurs et les colères de cette multitude souffrante ; et Dieu sait quel avenir nous attend, si la charité catholique