PREFACE. XVII
et sur le cœur de Celui dont il disait alors : « Comment le craindrais-je? Je l'aime tant! »
Et puis, silence et prière ! Ne renonçons pas un seul instant pour lui à notre ambition de famille. Mais que ce soit en multipliant autour de nous les œuvres dont il fut le promoteur, et chez nous les vertus dont il fut le modèle. Et puis, pleins de confiance, laissons l'Église faire elle-même son œuvre de sagesse et de temps. Le prédicateur de la crypte ne nous a-t-il pas assurés « que la cause du pieux fondateur, si elle était portée à Rome, y serait étudiée avec la plus vive sympathie » !
Un ne peut en douter après les marques multipliées que la Société de Saint- Vincent de Paul et la personne de son fondateur en ont reçues de Sa Sainteté Pie X, dans ces derniers temps :
Il n'y a pas encore trois ans, 11 avril 1909, le pèlerinage des Conférences de Saint- Vincent de Paul à Rome s'étant trouvé coïncider avec les solennités romaines de la Béatification de Jeanne d'Arc, l'organe officieux du Vatican, V Osservatore romano, en prit occasion d'associer à ce nom le nom d'Ozanam, sous ce titre collectif et éclatant : « Dopo cento anni : Giovanna clAi^co, Frederico Ozanam : Cent ans après : Jeanne d'Arc et Frédéric Ozanam. » On y lisait : « Ce n'est pas par un rapprochement fortuit que les fêtes de la Bienheureuse Jeanne d'Arc se trouvent liées à celles du prochain Centenaire de la naissance de Frédéric Ozanam, un des héros et apôtres de la charité en France. Un lien intime unit les deux solennités des deux glorieux enfants de la France, etc.. « — Le Bulletin de la Société prit acte de ces avances de VOsservatore. « C'est la première fois, croyons-nous, note-t-il, que notre vénéré Fondateur
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est mis en parallèle avec un Bienheureux placé sur les autels. Faut-il y voir pour lui le présage d'une gloire plus haute et plus pure que celle de la renommée terrestre? »
En ces mêmes jours, 16 avril, le nom d'Ozanam se trouva associé par le Souverain Pontife lui-même à celui de saint Vincent de Paul, pour une œuvre qu'il estime être la sœur puînée de celles de ce grand fondateur d'une double famille religieuse. Sa Sainteté parla ainsi :
« Vincent de Paul, qui déjà s'était survécu dans la congrégation des vénérés prêtres de la Mission et dans celle des incomparables filles de la Charité, se survit de nos jours dans l'admirable Institut des Conférences, héritier de sa foi, de sa charité, de son esprit apostolique. Génération nouvelle, postérité inattendue et innombrable qui a porté en tous lieux des fruits choisis de bénédiction! Le grain de sénevé, semé en 1833 par Ozanam, est aujourd'hui un arbre gigantesque, qui étend ses rameaux dans le monde entier, et qui devient l'abri autour duquel se groupent les néophytes de toutes les missions de la terre ^ »
Enfin voici qu'une autre parole, tombée des mêmes lèvres augustes, serrant le rapprochement, affirme l'affinité spirituelle des deux apôtres de la charité, et la filiation de leurs âmes et de leurs vies, dérivées l'une par l'autre « des sources du Sauveur », comme s'exprime l'Église.
C'était dans les mêmes semaines. Le très révérend M^"* Blenk, archevêque de la Nouvelle Orléans, venait de faire à Pie X le rapport des œuvres accomplies
1. Pèlerinage à Rome 13-20 avril 1909. Au secrétariat de la Société, réponse de S. S. Pie X, p. 3 et 4. — Et Bulletin S. V. P., mai 1909, p. 121.