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LA FAMILLE : LE PÈRE

le service lors de l'avènement de l'Empire, pour se marier à Lyon, à Marie Nantas, fille d'un riche négociant, avec laquelle il vint s'établir pour le même commerce, à Paris. Il y prospérait, lorsqu'une trop chevaleresque imprudence lui fit engager sa signature en faveur d'un paient insolvable, qui l'entraîna dans sa ruine. Il ne lui restait plus qu'à reprendre l'épée. Il avait à Paris d'anciens compagnons d'armes qui parlèrent de lui au vainqueur d'Arcole devenu empereur des Français : un brevet de capitaine dans la garde impériale fut offert à l'ancien et brillant officier de hussards. Jean-Antoine n'était pas partisan de l'Empire. Il remercia, mais refusa, préférant à cette haute faveur et à cette brillante perspective d'avenir l'honneur de la fidélité à ses convictions.

On l'avait vu alors, ne voulant rien devoir qu'à son travail, partir pour Milan, y appeler sa jeune famille, et là, tout en donnant des leçons, entreprendre et poursuivre l'étude de la médecine dont il avait l'attrait. Il racontait comment il se rendait pauvrement à pied, chaque trimestre, de Milan à Pavie pour ses examens. Il lui suffit de deux ans pour les passer tous avec distinction, et mériter le diplôme de docteur; lequel il ne tarda pas d'ailleurs à justifier surabondamment par un travail en italien qui le mit en relation scientifique avec les maîtres d'alors, le comte Moscati, Locatelli, Scarpa, qui l'eurent en particulière considération 1.

1. En 1809 on trouve le nom d'Antoine Ozanam figurant en sa qualité d'homme de sciences, avec le titre de Conservateur de la Bibliothèque Ambrosieane. — Parmi ses ouvrages on cite ; 1* La dernière campagne de Vai-mée franco-italienne sous les ordres du prince Eugène de Beauharnais en 1813etl814 (Paris, chezDentu, 1817, sans nom d'auteur). 2° Histoire médicale générale des maladies épidémiques

C'est à Texercice courageux et généreux de son art que nous le trouvons en 1813, avec le titre de médecin de l'hôpital militaire de Milan , effroyablement ravagée par une épidémie de typhus. Les deux premiers médecins ayant succombé au fléau, Ozanam leur collègue, demeura seul au poste du péril pour les remplacer auprès des malades qui s'y succédaient par centaines. C'était jour de bataille. Le major ne quitta pas le terrain jusqu'à ce que le terrible ennemi eût battu en retraite. Napoléon, souverain de la Lombardie, lui envoya la décoration de la Couronne de fer.

Le Ciel lui accorda une plus grande récompense. C'est dans cette même année, 1813, que lui naquit Antoine-Frédéric, le cinquième enfant d'une famille qui devait en compter quatorze.

Un jour nous verrons ce fils écrire ainsi de lui : « En passant par les révolutions, par les camps, par les adversités, mon père avait gardé une foi vive, un noble caractère, un grand sentiment de la justice, une infatigable charité pour les pauvres. Il aimait les sciences, les arts, le travail. Il nous inspirait le goût du grand et du beau. »

Tel est, en ces quatre ou cinq mots, l'héritage intellectuel, moral et religieux qu'Ozanam avait reçu de son père. C'est une très grande avance sur le chemin de la vertu que d'y trouver la trace de ceux du même sang et du même nom qui y ont marché devant nous, en éclaireurs ou en pionniers.

en Europe, depuis le XIV* siècle jusqu'à nos jours. Ouvrage en cinq volumes. Lyon, 1823.

Et de nombreux Mémoires présentés à l'Académie royale des Sciences de Lyon, de 1823 à 1832.

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