‹ Frédéric OzanamChapitre 8 sur 344 · PREFACE. XV · texte numérisé non relu

PREFACE. XV

entrepris la démonstration. A dix-sept ans, Ozanam en dresse le plan; à dix-huit, il en fait l'œuvre contre le saint-simonisme ; à vingt ans, il en lève le drapeau, à la Sorbonne, contre l' antichristianisme de Jouffroy ; à vingt et un ans, il en provoque le haut enseignement à Notre-Dame, auprès de l'archevêque de Paris. A trente ans, il la fait monter, savante éloquente, dans une chaire de la Sorbonne^. Il se dévoue à sa défense jusqu'à son dernier souffle, ce souffle qui, un jour, s'exhalait ainsi de sa poitrine près de se rompre : « Notre vie vous appartient. Messieurs. Quant à moi, si je meurs, ce sera à votre service 1 » Ce fut son adieu.

Apôtre de la charité. A vingt ans, il inaugure, avec une poignée d'étudiants, la première conférence de Saint-Vincent de Paul : « Allons aux pauvres! » Après Paris, après Lyon, il en étend le bienfait à la France, en attendant les deux mondes : « Je voudrais, a-t-il dit, enlacer le monde entier dans un réseau de charité. » Ses yeux, avant de se fermer, devaient compter deux mille de ces foyers desquels le Seigneur avait dit : « Je suis venu apporter le feu dans le monde : et que veux-je sinon qu'il s'allume partout? » Moins d'un mois avant sa mort, il se traînait de Livourne à Sienne pour aller y préparer le berceau d'une conférence d'étudiants, sa dernière fille. Puis il rentrait pour s'embarquer, revoir la France et y mourir le lendemain .

11 mourut à quarante ans. Il avait tout donné à

l. M. Guibert ajoute ici : « Dans toutes les questions concernant la foi, telle était sa délicatesse de conscience que l'Église n'eut point de fils plus soumis à toutes ses directions. S'il partagea certaines idées libérales de son temps, ce fut par générosité de cœur et à cause de l'amour même qu'il portait à la religion et à ses frères, et non par une déviation quelconque du sens chrétien. »

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