INTRODUCTION XV
foi, contre l'Église représentée comme complice de l'ignorance; telle était Ia mission qu'Ozanam s'était donnée, et pour laquelle il ne voulut rien négliger. Assez singulièrement, ce grand travail qui se faisait pièce par pièce, se faisait aussi au rebours de l’ordre chronologique et en remontant les siècles. Dante et la philosophie catholique, nous reportent au quatorzième et au treizième siècle, les Études ç germaniques au sixième, au septième et au huitième, quoique la première partie de cet ouvrage remonte encore plus haut; entin lu Civilisation au cinquième siècle prend l'Eglise à ses commencements pour la conduire à son triomphe sur le paganisme romain et sur le paganisme barbare. Ce dernier ouvrage, le plus important detous, a été publié après la mort de son auteur, et l’on ne lira pas sans une vive émotion une partie du rapport de M. Villemain proposant à l’Académie française de couronner le livre posthume d’un homme qui eût été digne de siéger dans cette illustre compagnie. L'analyse de ce chef-d'œuvre occupe dans le présent volume un espace relativement très considérable ; mais c’est à bon droit, car on y trouve plus que partout ailleurs les preuves d’un grand talent et d’une vaste érudition. C’eût été du reste la base du grand
| ouvrage qu'Ozanum se proposait d'écrire et dont tous - ceux qu'il a écritsne contenaient pour bien dire que N les matériaux. Cet ouvrage immense aurait renfermé
dans un ordre tout différent la substance des livres
dont on va lire une étude aussi modeste que sincère
et sympathique ; mais s’enchaînant avec le récit de la
à vie de l’auteur et se présentant naturellement suivant
À la date de leur publication.
La biographie d’un homme qui n’a pris qu’une petite part au mouvement politique de son temps, qui