‹ Frederick II et Louis XV: d'apres des documents nouveaux; 1742-1744Chapitre 31 sur 39 · D'Arneth, t. II> p · texte numérisé non relu

D'Arneth, t. II> p

éviter que sa vie ne fût compromise dans un tumulte populaire.

Marîe-Thérese seule, quoiqu'en réalité aussi déçue, et peut-être même plus que tout autre (car la faute qui causait le péril lui était particulièrement imputable) ne perdit pas son sangfpoid. De gré ou de force, elle dut bien reconnaître enfin que le seul parti à prendre était de rappeler immédiatement le prince Charles, en lui recommandant même assez de diligence pour éviter tout engagement avec l'armée française et ramener la sienne intacte de l'autre côté du Rhin. Mais, en donnant, de sa propre main, l'ordre qui contenait en réalité l'aveu de son imprudence, elle y joignait une instruction détaillée sur la manière dont cette évacuation devait s'accomplir, pour ne pas laisser absolument sans défense les possessions autrichiennes qui bordaient la rive droite du Rhin et où on pensait que le roi de France porterait son attaque, s'il trouvait ses propres provinces délivrées. C'était elle, en réalité, fait remarquer d'Arneth, qui paraissait seule avoir conservé l'intelligence et le souci des détails militaires. Les mesures

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prises, elle résolut de se mettre immédiatement en route pour Presbourg, où sa venue était déjà annoncée et où elle se proposait de faire un nouvel i^pel au dévouement inépuisable de ses fidèles Hongrois. Sa présence y était de nouveau nécessaire, « elle seule (disait un écrivain anglais du temps) pouvant faire régner Tunion dans cette nation travaillée par tant de divisions; car elle avait Tart de faire du moindre de ses sujets un héros dévoué à sa cause » * .

Le prince Charles, aussitôt Tordre reçu, se mit en devoir de Texécuter. Il abandonna successivement ses positions, d'abord Saverne, puis Haguenau, reculant toujours dès qu'il pouvait craindre que le maréchal de Noailles, qui s'avançait, ne vint à Tattoindro. Sa préoccupation unique était de ne pas engager d'action, persuadé (dit le procès*verbal du conseil de guerre qui fut tenu à cette occasion) que de la conservation de son armée dépendait celle des États héréditaires de la maison d'Autriche et qu'une victoii^e même, accompagnée, comme

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