‹ FreischützChapitre 54 sur 69 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Dans le lointain, l'horloge sonne sourdement minuit. Le cercle de pierres est formé. Au moment où retentit le douzième coup, Kaspar tire son couteau de chasse et le plante dans la tète de mort. Bientôt parait Samiel.

KASPAR élève le couteau de chasse avec la tête de mort et appelle (parlé).

Samiel! Samiel, parais!

Par le crâne du sorcier.

Samiel, Samiel, parais!

II place les deux objets au milieu du cercle. Sourd bruit souterrain. Un rocher se fend. Samiel est visible dans la fissure. Kaspar se prosterne devant lui.

SAMIEL, parlé :

Pourquoi m'appelles-tu ?

K.ASPAR, humblement (en récitatif)

Tu sais que mon sursis Sera bientôt échu.

SAMIEL, parlé :

Demain.

KASPAR

Veux-tu me le renouveler?

SA.MiEL, parlé :

Non.

KASPAR

Je t'offre un autre remplaçant.

SA.MiEL, parlé :

Lequel?

KASPAR

Mon compagnon ; il vient,

Lui qui n'a pas hanté ton noir séjour.

SAMiEL, parlé :

Quel est son désir?

K.ASPAB

Tout son espoir se fie aux balles franches.

SAMIEL, parlé :

Six parviennent; Une est mienne.

KASPAR

A toi soit celle-là!

Qu'ainsi la mort frappe sa fiancée, C'est le vouer au désespoir, Lui et le père!...

SAMIEL, parlé :

Je n'ai encore aucun pouvoir sur elle.

KASPAR, tremblant Lui seul te suftit-il?

SAMIEL, parlé :

D'accord.

KASPAR,

Répit gagné; et dans trois ans, c'est lui Qui t'est livré! J'en fais ta proie....

SAMIEL, parlé :

Soit. Par les portes de l'Enfer, demain lui ou toi!

Sourd grondement de tonnerre répété par l'écho. Samiel

disparait. La- tête de mort et le couteau dédiasse disparaissent aussi; à leur place, on voit apparaître un petit âtre avec des charbons enllanimés.

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