I. Au théâtre, on dit ; " Sans quoi tu joues ta vie
FREISCIIUTZ 157
batum est! — Et maintenant, bénissons les balles! A trois reprises, il s'incline vers la terre.
MÉLODRAME (parlé)
Tireur veillant aux sombres bois, Samiel, Samiel, entends ma voix!
En cette nuit, assiste-moi Jusqu'à ce que le charme soit Accompli! Poudre et plomb, sept fois Consacre-les, sept, neuf et trois, Pour que la balle soit de choix!
Samiel, Samiel, à moi!
Dans la cuiller, la masse commence à bouillonner: elle jette un éclat d'un blanc verdâtre. Un nuage voile les rayons de la lune, de sorte que la contrée n'est plus éclairée que par le feu de l'àtre. les yeux du hibou et le bois pourri de l'arbre mort.
KASPAR fond, fait tomber la balle du moule et crie : Une! — L'écho répèle : U7ie!
Des oiseaux de nuit s'approchent, se placent en cercle, sautillent et volétent.
KASPAR compte : (parlé)
Deux! — L'écho : Deux!
Un sanglier débuche en froissant les taillis et poursuit sa course furieuse.
KASPAR hésite et compte :
Trois! — L'écho : Trois!
Un ouragan s'élève, qui plie et brise les cimes des arbres, fait voler les étincelles hors du feu.
KASPAR compte, avec anxiété :
Quatre! — L'écho : Quatre!
On entend des claquements de fouets et un galop de chevaux.
Quatre roues de feu, jetant des étincelles, roulent sur la scène, sans que, par suite de leur vitesse, on puisse en distinguer la forme, ni apercevoir la voiture,
KASPAB, toujours plus Inquict, compte :
Cinq! — L'écho : Cinq!
Aboiements de chiens, hennissements dans les airs, apparitions de chasseurs à pied et à cheval, de cerfs et de chiens, les uns poursuivant les autres.