I . f,a première strophe allemande est citée, pages
OTTOKAR
Trêve aux joies du festin, dignes amis et compagnons de chasse ! Passons à quelque chose de plus sérieux. Je ratifie votre choix très volontiers, mon brave Kuno. Votre gendre aura mon agrément.
K.UNO
Je puis donner de lui le meilleur témoignage. Certainement, il mettra le plus grand zèle à mériter vos faveurs.
OTTOKAR
Je l'espère. Dites-lui de se tenir prêt. (Kuno sort du , banquet, cause avec Max et revient prendre sa place.)
K.ASPAR, à part :
Où s'attarde donc cette poupée? A l'aide. Samiel!
(Il grimpe sur l'arbre et regarde de tous côtés.)
OÙ est la fiancée? J'en ai si souvent entendu faire l'éloge que j'ai un très grand désir de la connaître.
A l'exemple de vos ancêtres vénérés, vous faites toujours preuve d'une indulgence à l'égard de ma . famille!
MAX, tenant la balle dans le creux de sa main et la contemplant obstinément
Je t'ai conservée jusqu'à présent, balle infaillible dont j'attends mon bonheur ! Mais tu pèses maintenant cent fois plus à ma main!]
K.UNO
Ma fille va bientôt venir. Mais si vous vouliez, seigneur Prince, accéder à mon désir, daignez ordonner que répreuve du tir ait lieu avant son arrivée. Le brave garçon a eu, depuis quelque temps, [à l'approche d'une décision qui fixera son bonheur,] une malchance particulière. La présence de sa fiancée pourrait le troubler.
OTTOKAR, souriant
En efi'et, pour un tireur, il semble manquer un peu de sang-froid. Tandis que je l'observais de loin, il a fait trois coups de maître; mais depuis que je l'ai fait appeler, il a manqué chaque fois.
KUNO
Je n'en disconviens pas... et cependant jusqu'ici, il était le plus adroit.
OTTOKAR
Qui sait, vieux, si nous aurions fait mieux, l'un ou l'autre, le jour de nos noces? Toutefois, respect au vieux usages ! Au reste, (souriant et haut, de manière que Max puisse l'entendre.) Kuno, parmi vos plus anciens gardes, n'en est-il pas un qui, il y a quelques années du moins, était d'une adresse hors ligne?
KUNO
Celui-là, très digne seigneur, permettez-moi....
MAX. à part
Kaspar possède peut-être encore sa dernière balle
franche. Il pourrait bien (Hâtivement il charge son arme
et y glisse la balle.) Encore une seule et jamais plus!...
OTTOK.AR
D'ailleurs, c'est seulement pour observer la coutume et confirmer ma faveur. (Il sort du banquet, ses hôtes et courtisans le suivent. Les veneurs se lèvent, se dispersent de différents côtés.) Allons, jeune tireur, un seul coup semblable aux trois premiers de ce matin et tu es heureux ! (Après avoir regardé à sa gauche.) Vois-tu, là, sur ce rameau, une colombe blanche? L épreuve est aisée. Tire! Max vise; Agathe, dans le moment où il va presser la détente, venant de la gauche, sort d'entre les arbres, sur l'un desquels est perchée la colombe et crie : — Ne tire pas ! Je suis la colombe! (La colombe s'envole vers l'arbre sur lequel Kaspar est monté. Il en descend rapidement. Max la suit du canon de son arquebuse. Le coup part. La colombe s'envole et fuit. En même temps, Agathe et Kaspar crient et tombent. On transporte Agathe à droite sur le banc de repos. Kaspar glt au mi. lieu de la scène.)
Finale (n° i6).