Presse du 15 juin
goût français, au Freischut^ de Kind et de Weber, ce Freischiily éminemment populaire en Allemagne et qui, dès la première heure, fut « dansé, chanté et écouté avec transport! » ce Freischùt^ qui émouvait tant Pâme juvénile de Wagner 1 , ce Freischul^ qu'il déplorait si éloquemment en 1841 de voir étirer, agrandir en spectacle d'Opéra.
FREISCHUTZ V R0B1N DES BOIS) A L'ODÉON (1824) ET A L'OPÉRA-COMIQUE (i835
La première représentation de Freischiit^ à Lon-
1. RAVagner a parlé avec tendresse et émotion de Weber et de son œuvre favorite dans plusieurs de ses écrits, notamment dans la Lettre sur la musique. Dans Mein Leben, son autobiographie récemment publiée, il a ajouté à ses souvenirs sur Weber quelques détails intéressants : il dit que Freisehiïtz lui donna dans son enfance la peur des revenants, que Vut en crescendo de l'ouverture suffisait à le plonger dans l'extase, que, sans avoir appris le piano, il essayait de retrouver les airs de la partition. Présenté au maître à l'âge de neuf ans, il fait un portrait ressemblant de sa « personne frêle, délicate et immatérielle. Sa face fine, émaciée, aux yeux vifs et pourtant voilés souvent me fascinait. Son pas fortement claudicant, que j'entendais sous nos fenêtres quand le maître revenait de ses fatigantes répétitions, symbolisait, dans mon imagination, le grand artiste et en faisait pour moi un être extraordinaire et surhumain » { Ma vie, 1 er vol. in-8. Pion, Paris, 1911V Comparer ces impressions d'enfance avec la définition par Th. Gautier, des sensations que lui procurait la musique de AVeber.dans son feuilleton du 17 décembre lSGGau Moniteur Universel, magnifique paraphrase littéraire, rééditée dans un volume de feuilletons de Th. Gautier, intitulé : La Musique, 1 vol. in-18. Paris, Fasquellc, 1911.
PRÉFACE
dres avait eu lieu le 22 juillet 1824. La traduction était d'un nommé Livius. L'immense succès obtenu en Angleterre rapprocha de nous l'œuvre de Webcr. Tous les éditeurs, les transcripteurs, les arrangeurs comprirent que cette partition si neuve, si originale pourrait devenir un trésor pour leur industrie, le jour où le public français serait conquis à son tour.
En ce temps-là, la grande maison d'édition Schlesinger, de Berlin, avait une succursale à Paris, 97, rue de Richelieu, qui était alors un des magasins de musique les mieux achalandés. C'est elle qui répandait en France la musique allemande, ce qui ne l'empêchait pas d'ailleurs de publier les partitions de Rossini et les opéras-comiques des musiciens français. Elle s'était donc entendue avec Weber pour la publication de la partition piano et chant de Freischiit^ Des concurrents annonçaient des arrangements de cet opéra sous divers titres : Le Franc Chasseur. La Fiancée du Chasseur, Le Chasseur Noir 1 .
Castil-Blaze 2 , qui joignait à sa collaboration au
1. L'éditeur Hamv annonçait dans le Journal de la Librairie du 14 novembre 1821 un « choix d'airs favoris de l'opéra du Freischûtz Le Chasseur Xoir) pour piano (œuvre LXXII}, pr. 5 fr. » Le 11 septembre, il avait annoncé la mise en vente de l'ouverture et d' « une Polonaise brillante pour piano sur des idées de cet opéra. »
L'éditeur Pleyel avait publié des Variations brillantes avec introduction et finale sur la marche de l'opéra : Le Franc Chasseur et, quelques mois après, un Thème favori de ce même opéra (n os des 2(3 juin et 21 août). Castil-Blaze lui-même en avait publié plusieurs fragments : un air, le trio, une scène (n° du 11 février 1821).