‹ French ClassicsChapitre 144 sur 175 · CHRTSALE, CLITANDRE, HENRIETTE, MARTINE · texte numérisé non relu

CHRTSALE, CLITANDRE, HENRIETTE, MARTINE

Chrysale,

Ah! ma fille, je suis bien aise de vous voir; 1600

Allons, venez-vous-en faire votre devoir.

Et soumettre vos vœux aux volontés d'un père.

Je veux, je veux apprendre à vivre à votre mère ;

Et, pour la mieux braver, voilà, malgré ses dents,

Martine que j'amène et rétablis céans. 1605

Henriette,

Vos résolutions sont dignes de louange:

Gardez que cette humeur, mon père, ne vous change ;

Soyez ferme à vouloir ce que vous souhaitez,

Et ne vous laissez point séduire à vos bontés.

Ne vous relâchez pas, et faites bien en sorte 16 10

D'empêcher que siu* vous ma mère ne l'emporte.

Chrysale, Comment! me prenez-vous ici pour un benêt?

Henriette.

M'en préserve le ciel!

Chrysale,

Suis-je un fat, s'il vous plaît?

Henriette, Je ne dis pas cela.

Chrysale,

Me croit-on incapable Des fermes sentiments d'un homme raisonnable? 1615

Henriette.

Non, mon père.

Chrysale,

E^-ce donc qu'à l'âge où je me voi Je n'aurais pas l'esprit d'être maître chez moi?

Henriette.

Si fait.

Chrysale.

Et que j'aurais cette faiblesse d'âme De me laisser mener par le nez à ma femme?

Henriette.

Eh! non, mon père.

Chrysale.

Ouais! Qu'est-ce donc que ceci? 1620 Je vous trouve plaisante à me parler ainsi.

Henriette.

Si je vous ai choqué, ce n'est pas mon envie.

Chrysale.

Ma volonté céans doit être en tout suivie.

Fort bien, mon père.

Chrysale.

Aucun, hors moi, dans la maison N'a droit de commander.

Henriette.

Oui, vous avez raison. 1625

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