var. A vos bontés, Seigneur, j'en demanderai deux
Le supplice d'Euphorbe, et ma mort à leurs yeux.
1. 1 706. " Vitam tibi, inquit, Cinna, iterum do, prius hosti, nunc insidiatori ac parricidae. Ex hodiemo die inter nos amicitia incipiat : contendamus, utrum ego meliore fîde vitam tibi dederim, an tu debeas." (Seneca.)
"Ce que dit Auguste est admirable; c'est là ce qui fit verser des larmes au grand Condé, larmes qui n'appartiennent qu'à de belles âmes.
" De toutes les tragédies de Corneille, celle-ci fit le plus grand effet à la cour, et on peut lui appliquer ces vers du vieil Horace :
' C'est aux rois, c'est aux grands, c'est aux esprits bien faits .... C'est d'eux seuls qu'on attend la véritable gloire.'
" De plus, on était alors dans un temps où les esprits, animés par les factions qui avient agité le règne de Louis XIII, ou plutôt du cardinal de Richelieu, étaient plus propres à recevoir les sentiments qui régnent dans cette pièce. Les premiers spectateurs furent ceux qui combattirent à la Marfée, et qui firent la guerre de la Fronde. Il y a d'ailleurs dans cette pièce un vrai continuel, un développement de la constitution de l'empire
romain qui plait extrêmement aux hommes d'Etat; et alors chacun voulait l'être.
" J'observerai ici que, dans toutes les tragédies grecques faites pour un peuple si amoureux de sa liberté, on ne trouve pas un trait qui regarde cette liberté, et que Corneille, né Français, en est rempli.** (Voltaire.)
1. 1710. ** Post haec detulit ultro consulatum." (Seneca.) Cinna was made Consul in the year 5 b.c.
L 1 748. " Si fractus illabitur orbis
Impavidum ferient ruinae.*' (Horace.) 1. 1750. J. B. Rousseau a introduit cette idée, et quelques-unes des expressions de Corneille, dans une strophe de Tode au comte du Luc. (Liv. III, od. i) : —
** Ne délibérez plus, tranchez mes destinées, Et renouez leur fil à celui des années Que vous lui réservez." (Gérusez.) 1. 1 763. " Nullis amplius insidiis ab ullo petitus est.** (Seneca.)
Examen de Cinna.
1. ** Une des raisons qui donne tant d'illustres suffrages à Cinna pour le mettre au-dessus de ce que j*ai fait, c'est qu'il n'y a aucune narration du passé, celle qu'il fait de sa conspiration à Emilie étant plutôt un ornement qui chatouille l'esprit des spectateurs qu'une instniction nécessaire de particularités qu'ils doivent savoir et imprimer dans leur mémoire pour l'intelligence de la suite : Emilie leur fait assez connaitre dans les deux premières scènes, qu'il conspirait contre Auguste en sa faveur ; et quand Cinna lui dirait tout simplement que les conjurés sont prêts au lendemain, il avancerait autant pour l'action que par les cent vers qu'il emploie à lui rendre compte, et de ce qu'il leur a dit, et de la manière dont ils l'ont reçu.** (Corneille, Discours sur les trois unités.)
2. Corneille hère answer» the critique made by d*Aubignac in the foUowing paragraph: — "Je ne puis approuver que dans la salle d'un palais, oii apparemment il y a toujours des gens qui vont et qui viennent, on fasse une longue narration d'aventures secrètes et qui ne pounraient être découvertes sans grand péril ; d'oii vient que je n*ai jamais pu bien concevoir comment Monsieur Corneille peut faire qu*en un même lieu Cinna conte à Emilie tout l'ordre et toules les circonstances d'une grande conspiration contre Auguste, et qu' Auguste y tienne un conseil de confidence avec ses deux favoris ; car si c'est un heu public, comme il le semble, puisqu* Auguste en fait retirer les autres courtisans, quelle apparence que Cinna vienne y fiiire visite à Emilie avec un entretien et un récit de choses si périlleuses, qui pouvaient être entendues de ceux de la cour qui passaient en ce lieu ? Et si c'est un lieu particulier, par exem[de le cabinet de l'Empereur, qui en fait retirer ceux qu'il ne veut pas rendre participants de son secret, comment est-il vraisemblaUe qu'il soit venu faire ce discours à Emilie ? et moins encore qu* Emilie y faire des plaintes enragées contre l'Empereur ? voilà une difiiculté que Monsieur Corneille résondra quand il lui plaira.'* (La pratique du théâtre.)
5. *' Surtout, dans les nanatioiis ornées et pathétiques, faut très soigneusement prendre garde in quelle asdette est l'âme de celui qui parle et de celui qui écoute, et se passer de cet ornement, qui ne va guère sans qudque étalage ambitieux, s'il j a la moindre apparence que Fun des deux soit trop en péril, ou dans une passion tiop yiolente, pour avoir toute b patience nécessaire au récit qu'on se propose." Œxamen de Médée.)
4. This paragraph begins in the édition of 1060 with the following sentence : — ^* Cest ici la dernière pièce oii je me suis pardonné de longs monologues : celui d'Emilie ourre le théâtre, Cinna en fait un au troisième acte, et Auguste et Maxime chacun un au quatrième."