La vie à bord du paquebot
Ce temps magnifique a continué pendant plusieurs jours et a permis ainsi à nos amis de passer leurs journées à prendre l'air sur le pont ou à lire les revues américaines qu'ils avaient emportées avec eux.
Un matin, cependant, comme ils venaient de s'éveiller, ils se sont aperçus que le bateau roulait comme un homme ivre. D'abord, ce mouvement les a beaucoup amusés, car ils s'étaient mis dans l'idée qu'ils ne seraient pas atteints de ce malaise qui était devenu le sujet favori de tous les voyageurs, surtout aux heures des repas dans la grande salle à manger.
Mais, hélas ! La journée n'était pas très avancée qu'à chaque coup de roulis du bateau Jean et Charles sentaient qu'ils avaient mal au. cœur, preuve convaincante sans doute qu'ils avaient le mal de mer. Faute de mieux, nos amis se sont couchés et ont sonné le garçon de cabine.
Quand celui-ci est entré dans la cabine et les a trouvés, pâles et languissants, étendus sur leurs couchettes, il leur a recommandé de boire beaucoup de thé chaud, ce qui, selon lui, était le meilleur remède contre le mal de mer.
— Mais, a-t-il ajouté, au lieu de rester couchés dans cette petite cabine étroite où l'air manque tout à fait, vous devriez aller vous promener sur le pont, où l'air vif vous rétablira vite et où vous vous porterez mieux. Il n'y a rien comme l'air frais et un peu de volonté à table aux heures des repas pour se garantir du mal de mer, mais, malheureusement, peu de personnes veulent suivre cet avis.
Grâce à ce simple remède, nos amis se sont vite rétablis, et tandis que plusieurs de leurs connaissances restaient affalées sur les couchettes de leurs cabines, ils ont fait très bon voyage.