Les routes françaises
Nos amis savaient bien que ce n'est que depuis la venue en grand nombre des automobiles que nous autres Américains
jouissons de bonnes routes aux États-Unis. Malheureusement, même aujourd'hui, ces routes ne se trouvent pas partout dans notre pays, mais en général seulement dans les environs de nos grandes villes ou dans certains de nos grands États.
Au contraire, bien avant cette époque, les touristes qui revenaient de France nous faisaient, non seulement l'éloge de ses grandes routes nationales qui traversent le pays en tous sens, mais de plus, ils montraient de l'admiration même pour les petits chemins qui relient les villages et les hameaux aux villes.
A Paris, nos amis avaient remarqué que les rues sont pavées de pierre, de briques, d'asphalte et de béton, tout comme celles de nos villes américaines. Mais maintenant, depuis le matin où ils avaient quitté Toul en automobile pour visiter le champ de bataille, c'étaient ces grandes routes macadamisées, bordées des deux côtés de beaux arbres, qui les remplissaient d'admiration.
De plus, ils s'étonnaient de voir que cette bordure, en quelques endroits de la route, se composait d'arbres fruitiers, c'està-dire de pommiers, de poiriers, et même de cerisiers. Nos amis se creusaient le cerveau pour en trouver la raison, quand le chauffeur, que l'on n'avait jamais pu prendre au dépourvu, leur a dit que, dans certaines localités, la municipalité trouve que la vente de ce fruit offre un moyen bien simple d'obtenir assez d'argent pour payer les traitements des cantonniers, chargés de l'entretien des chemins.