‹ French for young folks. Comprising a phonic treatise on pronunciationChapitre 15 sur 54 · Prononcez opiom · texte numérisé non relu

Prononcez opiom

sait-il à la loi du travail ? 6. Ses forces ne l'abandonnèrent elles pas ? 7. Se dérangeait-il pour les autres ? 8. Etait-il au moins heureux ? 9. Pourquoi ne pouvait-il l'être ? 10. Où passait-il ses jours ? 11. Dans quel endroit? 12. L'air en était-il pur? 13. Par qui était-il entouré ? 1-1. Jusqu'où s'abaissaient-ils ? 15. Qu'est-ce qui lui engourdissait le cerveau ? 16. Dans quoi fumait-il ? 17. Que buvait-il constamment ? 18. Dans quelle sorte de tasses ? 19. Etait-il tempérant? 20. De quoi se gorgeait-il ? 21. Peut-on impunément surcharger son estomac ? 22. Pourquoi la gourmandise est-elle fatale ? 23. Que pensez-vous de la sobriété ? 24. Qu'estqui rendait ce pacha odieux ? 25. Etait-il humain ? 26. Pourquoi tremblait-il pour sa vie ?

2"^^ Tableau,

Offrir, gala à pique -assiettes, serviles, ré-gal, boire trop, ivres, divaguer, dire, ^ absurdités.

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vresse, vice abominable dégrader, ravaler. . . .

]\[alade! A la diette, trop tard! Médecines, drogues, cata})lasnies.

inutiles, délire, voir, diables, spectres lugubres; maladie, fatale! Mort, sujet d'allégresse; cadavre, châsse, sépulture, jeter, fosse. Puni de, crimes, folies, sa mémoire fut exécrée; état déplorable, âme immortelle, triste sort!

1. Pourquoi j a-t-il tant de monde chez lui? 2. A-t-il invité de vrais amis ? 3. Sont-ce des gens dignes ? 4. Le repas est-il bon ? 5. Y est-on sobre ? 5. Dans quel honteux état les convives sont-ils à la fin ? 6. Ont-ils leur raison ? 7. Qu'entend-on de tous côtés ? 8. Que pensez-vous de l'ivresse ? 9. Quels en sont les effets ? 10. Se portait-il bien le lendemain ? 11. Put-il manger ? 12. Que dit le médecin en lui tâtant le pouls ? 13. Que dut-il prendre ? 14. Que lui mit-on sur l'estomac ? 15. Tout cela le guérit-il ? 16. Par quoi fut-il saisi ? 17. Qu'est-ce qu'il lui semblait voir ? 18. Se rétablit-il ? 19. Sa mort fut-elle pleurée ? :20. Où mit-on son cadavre ? 21. Comment lui donna-t-on la sépulture ? 22. De quoi fut-il puni par sa mort subite ? 23. Se souvinton de lui ? 24. A quoi pensez-vous avec pitié ? 25. Quel sort doit- .elle avoir dans l'autre monde ?

VOYELLES LARYNGEALES ET PHA- RYNGEALES.

Ces voyelles sont ainsi appelées parce que les sons qu'elles forment sont modufés dans le larynx ou le pharynx.

Bien que la plupart de ces voyelles soient figurées par deux lettres, elles ne représentent qu'un son unique, et la consonne n qui en fait partie est complètement muette. Elles diffèrent essentiellement l'une de l'autre, non seulement en qualité, mais encore en intonation ; elles forment une sorte de gamme, et, si l'on prend pour point de départ le do dièze, comme représentant ou, la plus basse de ces voyelles, la plus élevée, iii, arrivera au la diize. C'est en effet, une gamme composée d'une sixte majeure, contenant sept sods, allant de l'un à l'autre par une suite d'intonations graduelles de moins d'un ton, et de plus d'un demi ton, que l'oreille apprécie, mais qu'il serait diiïïcile de définir.

Ces voyelles sont rangées dans l'ordre suivant ;

ou,

on,

an,

un,

în.

do dièze

la dièze..

Ces différentes intonations donnent à la prononciation du français une variété de tons qui constitue un de ses principaux charmes, et qui en font la. langue la plus animée, la plus vive et la plus mélodieuse du monde.

le Voyelle laryngeale: OU.

Sens intime.— La nature se réveille de son long sommeil, les champs^ reverdissent, une nouvelle vie circule partout ; les arbres et les plantes nous sourient, en nous envoyant le parfum de leurs fleurs; les oiseaux gazouillent leurs amours et bâtissent leurs nids, c'est le joyeux printemps. Alexis profite d'un jour de congé pour aller seul communier avec la nature ; il est jeune, et il est heureux, car il est aimé, et il aime, non seulement ses parents, ses amis et ses connaissances, mais il tend les bras à tout ce qui a vie : hommes, animaux et plantes, qu'il voudrait étreindre dans un embrassement fraterneL

C'est un vrai originaL, peu studieux, mais bon enfant. Le voilà donc isolé, ^u milieu de la campagne ; tantôt il court à perdre haleine, sautant par dessus les talus et les fossés comme un jeune daim, tantôt il marche d'un pas lent, comme pour s'enivrer des mille parfums des champs ; tantôt il s'arrête tout court com-

me saisi par un sentiment de T^ivereconnais-sance pour l'Auteur de toutes les merveilles •qui l'entourent. '

Quel drôle de garçon ! Il deviendra poète, sans doute. . . . Les oiseaux semblent comprendre qu' il les aime, car ils ne se dérangent pas dans leurs ébats quand ils le voient passer, et môme, quand il pousse un certain cri, et fait certains gestes, ils accourent en foule .autour de lui pour recevoir les graines et les miettes de pain qu'il leur jette. Le messager du printemps, le farouche et timide coucou, continue son refrain, en voyant Alexis, appuyé contre un arbre, écoutant sa note douce et monotone. Ma foi ! Je crois qu'il le prendrait volontiers pour un gros oiseau de son espèce, car leurs voix se font entendre à tour de rôle: kou! kou ! dit l'oiseau : cou! cou! réxjond Alexis. Imitez vos chères petites colombes : cou! rou! cou! cou! Faites comme vos pigeons familiers: cou! rou! cou! cou! Ou est donc une imitation du roucoulement des colombes et des pigeons et du chant du coucou : ou ! ou ! ou ; ou ! ou ! ou !

Remarquez que le rossignol tient toujours le bec fermé quand il donne •cette note basse : ou! ou! ou, et que les pigeons, les colombes, et les coucous ne l'ouvrent jamais non plus pendant leur doux refrain : cou! rou! cou! cou! cou! cou! Tenez donc aussi votre bouche bien fermée pour dire : ou! ou! ou; ou! ou! ou!

Prononciation. — Allongez et arrondissez les lèvres, pressez-les bien l'une

contre l'autre, et dirigez la voix au fond de la gorge, de façon à ce qu'elle résonne dans toute la poitrine. Faites une forte inspiration, et, pla(,'ant la main au milieu de la poitrine pour vous assurer que vous y produisez. des vibrations bien marquées, dites: ou! ou! ou; ou! ou! ou!

EXERCICE

Le joujou, le cou, le souper, le coucher, la, croûte, la moue, le jour, le tour, le sourd. La. boue du soulier. La roue tourne. Le pourtour de la cour. Le courage de la troupe. Le bout du pouce. La poule couve. Le retour de ma cousine. L'amour de la nature. Qui pousse ce soupir?

2^ Voyelle laryngeale: ON.

Qu'il est doux de rendre les autres heureux, et de faire éclore le sourire sur un visage humain ! Le bon Crispin se procure ce bonheur. Bien qu'il gagne sa vie comme musicien ambulant, il aime à aller dans les quartiers pauvres, où ils ne reçoit souvent que quelques sous pour toute une soirée. Il' prend un vrai plaisir il voir les enfants des pauvres l'entourer en dansant au son de ses quatre instruments, dont il joue vraiment avec art. Quand on le voit venir, c'est une véritable fôte ; on fait foule autour de lui ; on le salue par des acclamations, on lui demande de jouer des contre-danses, des valses populaires, et il s'y pr(Ue de la meilleure grâce du monde. Enfants, fillettes et gan.-ons dansent à qui mieux mieux, pendant que les mamans balancent leurs poupons en cadence, et que les grands papas et les grand'mamans battent la

mesure en souriant. De joyeux groupes se forment dans toute la rue, et l'on oublie pour un instant les chagrins de la veille et les soucis du lendemain. C'est un homme habile que Maître Crispin, il joue des solos de clarinette qu'il accompagne en secouant la tête pour mettre les sonnettes de son chapeau chinois en mouvement, tout en agitant ses bras comme deux ailes pour battre la grosse caisse que les enfants imitent en disant: on! on! on; on! on! on! Parfois le bruit stident des cymbales se fait entendre, et contraste avec le son ourd et profond de la grosse caisse ; les bambins crient alors d'une voix flûtéein! in! in; in! in! in!

0)1 est donc un son de basse qui, au physique, indique quelque chose de profond, de lourd, de solide : /otzcZ, plomb, gond\ et au moral, le sérieux, le triste, le solennel: songei\ gronder^ coiij jncture^ donjon.

P]io:sroxciATioisr.— Comme ce sont les vibrations de la gorge qui formen.

ce son, il faut d'abord

bien se garder d'ouvrir la bouche pour le prononcer; tenez donc la bouche fermée, avancez et arrondissez les lèvres, puis dirigez la voix au bas du larynx, juste au dessous de la pomme d'Adam ; les vibrations gutturales ainsi produites, se reflètent dans le diaphragme qui se soulève légèrement.

Cette voyelle, appelée à tort nasale, n'a absolument rien de nasillard quand elle est bien prononcée, c'est au contraire une des voyelles les plus douces et les plus moelleuses de la langue. Il est vrai de dire qu'on la dénature dans certaines provinces françaises. Dites donc, en produisant une note douce, basse et mélodieuse, sans prononcer aucunement Vn : on! on! on i on! on! on!

EXERCICE

Le tronçon de Tépée. Le long cordon de la sonnette. La montre du garçon. Le soufflet du forgeron. Il tond la toison du mouton. Le canon gronde. L'oncle ronfle. Il songe à son sermon. Le salon du consul. Son bon ton.

3® Voyelle laryngeale: AK

François est un jeune citoyen de la libre Amérique ; il est d'une bravoure étonnante poar son âge ; il n'a que quinze ans, et déjà il a sauvé la vie à quatre enfants qui étaient sur le point de se noyer. On l'a vu, dans un incendie, s'éliincer au milieu des flammes pour en arracher une pauvre femme qu'il parvint à sauver après avoir couru mille dangers. Il lutte de force et d'agilité avec des jeunes gens de vingt à vingt-cinq ans ; c'est le boute en train de tous les jeux, l'âme de toutes les entreprises généreuses. S'agit-il d'ouvrir une liste de souscriptions afin d'ofïrir un cadeau â l'un des professeurs pour le jour de sa fôte, de faire une quête pour les pauvres, c'est lui qui s'en charge.

Veut-on organizer une fôte, une partie de plaisir, un de ces campements dans les forAts vierges, où la jeunesse américaine va parfois se retremper et vivre de la vie primitive, c'est à lui qu'on s'adresse. N'est-ce pas que vous aimez déjà ce brave garçon ? Il a l'esprit très inventif, et il forme sans cesse de nouveaux projets. En songeant aux malheurs et aux souffrances que les hommes s'imposent en se faisant la guerre, ne s'est-il pas avisé d'organiser ce qu'il appelle l'armée de la paix, et il est parvenu â enrôler cinq cents petits soldats â qui il fait faire l'exercice et qu'il passe en revue de temps en temps, car ils lui ont donné le titre de général. Il les mène tout de bon au combat, et voici dans quelles circonstances : apprend-il qu'une lutte entre pugilistes va avoir lieu, il réunit sa troupe, arrive sur la scène, et, â un signal donné, ses petits braves jouent du bâton et dispersent les champions et les spectateurs. Ils attrapent bien parfois quelques soufflets et quelques horions, mais ils sont toujours vainqueurs, A, cause de leur nombre et du courage qu'ils déploient.

GAILLARD' s COMMOS SENS:E 3IETH0D.

Cette vaillant troupe est devenue la terreur de tous ces g^ens cruels et brutaux qui se plaisent à voir des coqs, des rats, des chiens ou mCme des hommes se battre.

On se moque bien un peu de lui et de ses idées chevalt^resques mais, que lui importe, il répond à ses persifleurs en leur annonc^-ant d'un ton sérieux qu'il

n'y aura bientôt plus que des armées du genre de la sienne au monde, des armées aréopagites qui forceront à faire la paix les nations qui voudraient encore se battre, quand la fraternité des peuples sera établie. Mais laissons-le avec ses idées excentriques, et occupons-nous de la petite bande que nous voyons» sur la gravure, et qui appelle ses soldats sous les armes ; le tambour bat :. plan! plan! ran! plan! plan! Les gamins qu'ils rencontrent par les rues, leur rient au nez, et disent an! an! an! an! an!

La voyelle an est donc une imitation du son du tambour, prononcez-la, et dites sans faire entendre aucunement Vn: o.n! an! an; an! an! an!

PROîfOls^ClATlOlsr.— Ouvrez bien la bouche et dirigez la voix vers le larynx,, 'juste sur la pomme d'Adam, et gardez la même position jusqu'à ce que le son.

soit bien terminé. Cette voyelle, non plus que on, n'a rien de nasal puisqu' elle se forme dans la gorge et non dans le nez ; évitez donc avant tout ce ton nasillard et si peu fran(;ais qu'on lui donne encore dans quelques provinces, et prononcez clairement sans faire sentir Vn: an! an! an ; an! an! an !

EXERCICE

Le manchon de maman. Le tranchant du rasoir. Le cancan et la médisance sont méprisables. La planche du pont. Le gourmand mange sans songer à sa santé. Le brigand demande une rançon. A tantôt!

4^ Voyelle laryngeale: VN.

Sens intime.— Larun a un caractère taciturne et hargneux. Enfant, il se tenait à l'écart, jouait rarement avec ses camarades, et quand il lui arrivait de se mêler à leurs jeux, il avait toujours quelque désagrément ou quelque dispute avec eux. Les bons élèves le plaignaient et lui disaient souvent que s'il ne se montrait pas plus aimable envers les autres, il se priverait de l'un des plus grands plaisirs de la vie, celui de se faire des amis fidèles et dévoués, mais il n'écoutait pas leurs conseils, continuait à fuir la société de ses condisciples, et il vivre dans l'isolement. En allant au collège et en revenant à la maison, il était toujours seul ; il passait par des rues détournées, car il craignait de rencontrer de certains espiègles qui s'anmsaient à le taquiner, et à le faire se njettre en colère ; ils lui avaient déjA joué toutes sortes de tours. Quand ils le rencontraient, ils s'écriaient, en se le montrant du doigt : Tiens 1 voilà Jean le Hargneux! Bonjour, monsieur de mauvaise humeur 1 HolA,, le misanthrope ! disaient les uns. Oh ! le vilain boule-dogue, reprenaient les autres. Ijiirnn baissait la tête, leur faisait une vilaine grimace, et semblait les narguer •en disant : un! un! un; un! un! un! Puis, il s'enfuyait à toutes jambes en'

leur jetant des pierres, pendant que les petits taquins lui envoyaient des baisers dérisoires, et lui disaient d'un air moqueur : adieu, Le Hun ! Au revoir, Mr. le Hun ! Si bien que le surnom de Le Hun lui resta pendant tout le temps qu'il fut au collège. JJn^ en effet, exprime bien la mauvaise humeur ; c'est un son peu sonore et indécis, mais qui contraste avec les autres voyelles si distinctes et si claires ~ T de la belle langue

française, joyeuse et ensoleillée comme le peuple qui la parle.

Tâchez donc de feindre la mauvaise humeur et dites en grondant : un! un! un; un! un! un!

Larun est aujourd'hui un jeune homme, et il a toujours le même caractère.— Il est si rare que l'on se corrige d'un défaut contracté dans l'enfance.— On le voit presque toujours seul, l'air tpcCiturne et chagrin ; il n'aime, personne, et personne ne l'aime, car pour être aimé, il faut être aimable. Notre gravure le représente traversant un champ; une vache qui paît tranquillement se met à beugler ; il lui semble entendre ses anciens camarades le poursuivre de leurs huées ; il se détourne, montre le poing à l'innocent animal, fait la grimace, et murmure entre les dents : un! un! un; un! un! un! Tout en plaignant ce pauvre être, imitez le son qu'il produit, et dites : un ! un! un ; un! un! un! et rappelez-vous toujours que sî vous voulez avoir des amis, vous devez être poli, sociable et aimable, et ne jamais montrer votre mauvaise humeur en disant : un! un! un; un! un! un!

Prononciation. — Allongez un peu les lèvres, tout en les séparant et en les arrondissant légèrement, puis, dirigez le son au haut de la gorge, et non pas vers les fosses nasales ; la voyelle ainsi formée sera pure et claire, et sans aucune nasalité : un! un! un; un! un! un! Ou encore, faites semblant de tousser et dites, sans faire entendre Vn: un! un! un; un! un! un!

EXERCICE

L'alun mordant. Le brun et le rose. Lundi^ jour de la lune. Un tribun puissant. Un „ habitant de ]\Ielun. Le Hun barbare. Chacun pour soi, et Die^^ pour tous. Un „ avis opportun. Sortir à jeun. Autun et Loudun, villes de France. Un défunt regretté.

5^' Voyelle laryngeale: E.

Sens intime.— Badouin est un garçon de treize ans, plein de vivacité, bon causeur, amusant tous ses camarades par ses reparties spirituelles et faisant rire tout le monde par ses histoires drolatiques. A la promenade, et pendant les. récréations, on fait souvent cercle autou»' de lui pour écouter les récits plus ou moins véridiques quMl aime tant a faire. Badouin est loin d'etre un ('love modèle; il ne sait presque jamais ses le(;ons; ses devoi"s lui sont dictes par ses camarades, et, {\ Toccasion, il ne se fait aucun scrupule de copier ceux des autres. Il est inattentif et dissipé pendant les cours, par con- équent, il n'apprend rien et il est ignorant comme une carpe. Il n'est heureux que lorsqu'il a un méchant roman entre les mains; il cache le volume défendu sous son nmtehis, dans son pupitre ou dans sa poche, pour le lire iV la dérobée; puis, à peine Ta-t-il parcouru qu'il s'en va. le raconter avec force exagération, à qui veut l'entendre. Il s'est ainsi habitué, peu j\ peu, a ne jamais relater un fait quelcon(iue sans y mettre du sien, et il a fini par mentir eflFrontément, et m<' lue par être incapable de dire un mot de vérité. Alors, il n*a plus eu pour

auditeurs que les niais et Jes crédules; les jeunes gens sensés fuyaient sa compagnie et le méprisaient, ils l'avaient surnommé Mr. de Craque.

Les maîtres voyant avec peine un garçon de talent s'exposer ainsi au ridicule et au mépris, l'exhortaient sans cesse à se corriger en lui faisant voir que le mensonge est honteux, et indigne de quiconque a souci de sa propre dignité. Notre gravure le représente, assis sur un escabeau, écoutant l'un de

ses professeurs qui l'engage à abandouner la lecture des romans, à selivrer à des études sérieuses et à prendre

ferme résolution de ne plus jamais

efl Bi VÊIIW ^^^^ ^^^ l'exacte vérité. Il paraît re-

// I \llÉ^ connaître la gravité de sa faute, son

//Jl j|ril IéTTi cœur est touché, il soupire, et on l'en-

/jlTM^SI, ^/&.?L "*"®^^ ^^^® '. e! e! e; e! e! e! Espérons

qu'il aura assez de courage et de persévérance pour se corriger, et plaignonsle, en disant comme lui: e! e!e;e!

e! e! E est donc la voyelle qui indique le repentir, la confusion, c'est un soupir qui s'exhale : e! e! e; e! e! e! Allons ! encore un petit soupir : e ! e! e! PROJfOXCiATiON.— Entr'ouvrez la bouche, respirez librement, puis dirigez le son au haut du larynx, à l'entrée de l'arrière-bouche, et dites: e! e! e; s! e! e!

EXERCICE

Le revenu de l'état. L'or pesant. La brebis égarée. La crevasse du rocher. Le premier du

mois. Le grenat et le rubis. La chevdure du chinois. La breloque du bourgeois. Le menuet et la contre-danse. Le breton obstiné.

P Voyelle pharyngeale: È, E.

Sens intime. — De tous côtés, on n'entend que des cris d'allégresse et des battements de mains; de joyeuses fanfares résonnent dans les principaux quartiers de la ville ; on ne rencontre que des visages rayonnants. JJ'où viennent toutes cos réjouissances, toute cette joie ? On célèbre aujourd'hui la fête des arts, des sciences, de l'industrie, du commerce et de la paix. Des centaines de chars allégorique^ ont parcouru la ville en tous sens, et ont donné au peuple un spectacle à la fois grandiose et pacifique. Chacun de ces chars personnifiait, soient les conquêtes de l'homme sur la matière, soient les produits de l'agriculture et de l'industrie. Sur celui qui marchait en avant segroupaient des hommes, des femmes et des enfants appartenant à toutes lesr zones, et se tenant par la main.

On y voyait le blanc à côté du noir, le mongol à côté du peau rouge, tous se souriant, et semblant se dire : enfin nous voilà réunis sous le drapeau de la. fraternité universelle ; les inimitiés entre les peuples ont disparu pour jamais. Quatre chars, attelés de chevaux blancs, représentaient les merveilles accomplies par l'électricité. Sur le premier, on apercevait une locomotive-monstre,, d'une telle puissance, et d'une telle perfection, qu'elle pouvait franchir l'espace, en roulant silencieusement, et faire cent milles ù l'heure ; le second contenait un ballon que l'on pouvait diriger à volonté, et qui fendait l'air avec la rapidité du vent; sur le troisième, on voyait un bateau électrique, d'une forme étrange, eî: qu'on appelait le Plongeur ; il était destiné à voyager dans les plaines sous-marines pour découvrir les merveilles de la flore océanique, et étudier les muiurs dos créatures sans nombre qui peuplent les eaux. Sur le char de l'agriculture, se trouvaient des charrues, des faucheuses, aussi mues par l'électricité, et d'une telle perfection qu'un enfant pouvait les mettre en action. Les enfants de notre gravure viennent de voir cette curieuse procession, et leur imagination a été tellement lrai)pée qu'ils ne peuvent plus se tenir en place; ils chantent, ils dansent, ils poussent des cris de joie, au mi-

GAILLARDES COimON JSBNJS:EJ METHOD.

lieu desquels on distingue :èlôlè;èlô!è, son qui rend bien rexpressioii de la joie et du bonheur. Représentez-vous le sublime spectacle dont ils ont été iiémoins, et, comme eux, exprimez votre joie, en vous écriant : êl ê! é; é! êl ê!

Prononciation. — Ouvrez bien la bouche, en rejetant vigoureusement la lèvre en arrière ; dirigez alors la voix vers l'arrière-bouche, et produisez un son très léger :èlè!è;ê!ê!ê!

Sa bête noire. La misère de l'expatrié. La crête du rocher. L'accès de fièvre. La grêle. La grève des ouvriers. Ouvrez la fenêtre. Blême de colère. Elle est frêle. Être dans la gêne.

2® VoYEiJLE pharyxgeale: in.

Sens intime. — Mathurin Moiironquin est vif et pétulant, pleia de cœur et d'intelligeace ; il est externe au collège de la ville, mais il habite la campagne avec sa mère qui est restée veuve, et dont il est la joie et la consolation.

Madame Mouronquin est une femme instruite, intelligente et dévouée qui se fait un devoir et un plaisir de surveiller l'éducation de son fils unique.

Il étudie à ses côtés, et si, parfois, le travail est difficile, pénible môme, une douce parole d'encouragement, ou un baiser vient ranimer son courage, et lui rendre la tâche facile. Elle est sa confidente et son amie ; c'est a elle qu'il confie ses petits chagrins, ses ennuis, qu'elle devine d'ailleurs, et qu'elle lit dans ses yeux^ Il ne lui cache rien, pas nx^me ses pensées les plus secrètes. Notre ami n'est pas parfait, loin de 1«\ ; il s'emporte quelquefois contre ses camarades, et il lui arrive iiirme de se battre avec eux. Mais alors, il avoue sa faute à, sa mèr© <liii le gronde doucement, et lui pardonne sans peine.

C'est aux conseils et à la direction de cet ange gardien qu'il doit d'être resté vertueux et pur. Il ne se lie jamais avec qui que ce soit sans lui avoir présenté sa nouvelle connaissance ; aussi n'a-t-il que des amis bien élevés, sages et dignes, et dont la fréquentation ne peut que lui être profitable. Un des traits distinctifs de son caractère, c'est son amour pour les animaux. Sa mère qui croit que, qui aime la bête, doit aimer l'homme, encourage cette prédilection qu'il a pour les animaux, et lui permet de satisfaire toutes ses fantaisies à cet égard. Il a un colombier où il élève les plus jolis pigeons du monde, une basse cour où se trouvent, les lapins les plus recherchés, et la volaille de la plus belle race. C'est lui même qui prend soin de sa petite famille, comme il appelle ses bêtes ; tout cela le connaît, accourt à sa voix et l'aime.

Il a surtout trois favoris qui se disputent son cœur : un énorme chien de Terre-Xeuve, un angora et Frigeolet, le plus malin et le plus gâté des singes. Tous les trois l'accompagnent dans ses promenades et l'amusent par leur rivalité; ils sont vraiment jaloux, et pour ne chagriner aucun de ses favoris, il leur partage également ses faveurs. Frigeolet lui joue bien parfois quelque tour, mais il ne fait qu'en rire.

L'autre jour, par exemple, le singe s'empara, pendant son absence, de ses cahiers et de ses livres, et, pour imiter son maître, prit une plume, prétendit écrire, et couvrit le tout d'affreux pâtés. Une autre fois, il s'empara des cymbales qu'un ami avait laissées chez lui, et, en rentrant, Mathurin le trouva au salon, assis sur une chaise, la queue en trompette, les frappant l'une contre l'autre, en poussant des cris aigus. Frigeolet était si occupé qu'il oublia même de venir, comme à l'ordinaire, chercher une caresse; il continuait son tapage. Mathurin ne put s'empêcher de rire, et, regardant le singe, il lui dit : hein! hein! hein! Que fais-tu là, petit coquin. Le singe le regarda d'un air malin, et plus il disait hein! hein! hein^ plus les cymbales marchaient. Oh ! je comprends, dit enfin Mathurin, le drôle croit que je l'encourage; il a l'oreille fine le mâtin, et il voit que nous faisons la même note, moi, avec la voix, lui, avec ses cymbales.

In est, en effet, un son métallique très aigu, la plus aiguë des voyelles françaises. Dites donc, en imitant le son grêle des cymbales : in ! in ! in ; in ! in! in! C'est aussi la voyelle de l'interrogation: in! in! in; in! in! in^ la note aiguë d'un violon : crin ! crin ! crin^ le son des verres qui se choquent : drelin-din-din.

Prononciation.— Ouvrez fortement et énergiquement la bouche, lancez la voix dans le pharynx, derrière la racine du nez, et produisez un son très léger, très délicat, très fin et le plus aigu possible (sans pourtant chanter) : in ! in ! in ; in ! in ! in !

Cette voyelle si légère et si pétillante est dénaturée dans certaines pro- T-inces françaises ; en effet au lieu de diriger le son dans l'arrière-bouche, pour

la prononcer naturellement, on dirige la voix entièrement dans le nez, ce qui produit une vraie cacophonie.

Le bon vin du Rhin. L'instinct de la bête. Le lingot d'or. L'intrépide marin. Le chagrin de l'orphelin. Une quinte de toux. La cloche tinte. Les convives trinquent. Le pince-nez de lavare. L'épingle de la cravate. Du sapin.

RÉCAPITULATION

Un n ours mal léché. Ne taquinez pas les bêtes. Usez, n'abusez pas. Rappelez-vous que l'habitude est une seconde nature. Obéissez à la loi. Le troubadour pince de la lyre. Un coussin de crin. Admirez les boucles bondes du petit chérubin. Bébé a du chagrin, consolons-le. Montyon institua des prix pour la vertu.

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