French life; a cultural reader for the first year
Notre maison a huit pièces. Le salon est en bas. La salle à manger et la cuisine sont aussi en bas. Il y a en haut deux chambres à coucher et la salle de bains. Le cabinet de travail est aussi en haut. Tout à fait en haut il y a encore une chambre. La chambre qui est tout en 6 haut est la chambre de bonnes. Nous mangeons dans la salle à manger. Nous dormons dans la chambre à coucher. Nous nous baignons dans la salle de bains. Nous faisons la cuisine dans la cuisine. Nous nous tenons au salon quand M. le curé vient. Nous nous y lo tenons aussi quand notre oncle riche est là. Nous nous y tenons aussi quand notre tante riche est là. La bonne dort dans la chambre de bonnes.
La première pièce dans la maison est le corridor. On passe du corridor dans les chambres. Dans le corridor i6 se trouve Tescalier avec une rampe. L'escalier conduit au premier étage. Au-dessus du premier étage se trouve le grenier. Au-dessus du grenier se trouve le toit. Sur le toit se trouve la cheminée. Sous le rez-de-chaussée se trouve la cave. 20
Devant le corridor il y a la porte d'entrée. Sur la porte il y a une plaque. Sur la plaque est écrit: M. Durand, Professeur. Près de la plaque il y a une sonnette électrique. ^
On sonne. La bonne ouvre la porte d'entrée. Un homme demande: «Monsieur Durand, est-il à la maison?» La bonne répond: «Parfaitement.» «Je suis le tailleur Coupon,» dit Thonmiie. «Ah?» dit la servante. «Je 6 regrette beaucoup. Monsieur Durand n'est pas à la maison.»
Dans le cabinet de travail
Au milieu du cabinet de travail se trouve un grand bureau. Sur le bureau il y a une garniture de bureau. La garniture de bureau se compose d'un buvard, de papier
10 et d'enveloppes. Elle se compose aussi d'un porte-plmne, d'un crayon et d'encre. A droite et à gauche du bureau il' y a des lettres et des timbres* Il y a aussi des cartes postales et un cornet de bonbons. Les enfants doivent être sages. Quand les enfants sont sages, leur père les
16 appelle auprès de lui. Puis il ouvre le tiroir de droite. Il donne un bonbon à chaque enfant. Aussi les enfants appellent-ils ce tiroir le bon tiroir. Il y a une grande règle dans le tiroir de gauche. Quand les enfants sont méchants, leur père les appelle auprès de lui. Puis il
20 ouvre le tiroir de gauche. Il en S9rt la grande règle. Aussi les enfants appellent-ils ce tiroir le mauvais tiroir.
Contre le mur du cabinet de travail il y a une bibliothèque. La bibliothèque est garnie de rayons. Il y a beaucoup de livres sur les rayons de la bibliothèque. Il
26 y a là les œuvres de Rabelais, de Corneille, de Racine, de Voltaire, de Rousseau et de Victor Hugo.
Au-dessus des rayons de la bibliothèque sont pendus des portraits de poètes. Corneille, Racine et Victor Hugo étaient de grands poètes français. Entre les fenêtres
pend un grand tableau. Il a un cadre doré. C'est le portrait du président Poincaré. Poincaré est Président de la République française. Sous ce portrait il y a une petite photographie. C'est la photographie de notre père quand il était soldat. s
Contre le mur du cabinet de travail il y a un sofa. Après le déjeuner, le professeur allume son cigare. Il fimie son cigare pendant cinq minutes. Ensuite il s'étend sur le sofa et lit la Légende des siècles de Victor Hugo. Il veut lire, il ne veut pas dormir. «Hem,» dit-il, «ce lo Victor Hugo était un grand poète. Un très grand poète. Et la Légende des siècles est un très grand poème, mais ce poème est plein de mystères, oui, il est sublime — ah, je suis fatigué — si horriblement fatigué — »
Il dort. Il ronfle. 16
Mais la tante riche est assise en bas dans la salle à manger. La tante dit: «Qu'est-ce que ce bruit là-haut? Je crois qu'il tonne.»
La chambre à coucher
Dans la chambre à coucher il y a un grand lit. Dans le lit il y a un matelas. Le matelas est recouvert d'un ao drap. Sur le drap il y a une couverture. Cette couverture est remplie de duvet. A la tête du lit il y a un oreiller. L'oreiller est aussi rempli de duvet. Devant le lit il y a ime descente de lit. Près du lit se trouve une petite table. Cette petite table est la table de nuit. Sur 26 cette table il y a une lampe et un réveil.
Contre le mur de la chambre à coucher est placée la table de toilette. La table de toilette porte une garniture. La garniture de toilette comprend une cuvette, un pot à
eau et un petit plat pour le savon. Sur une petite étagère au-dessus de la table de toilette il y a une carafe d'eau à boire. Dans un verre à côté sont les brosses à dents. A côté il y a une boîte de poudre dentifrice. A côté il y a
6 un verre, une brosse à cheveux et un peigne. Près de la table de toilette se trouve le porte-serviettes. Sur le porte-serviettes des serviettes sont suspendues. Avec les serviettes on s'essuie le visage et les mains. Près de la table de toilette est suspendue mie brosse à habits.
10 Contre le mur de la chambre se dresse une grande 'armoire à vêtements. Dans l'armoire à vêtements pendent des costumes ou des vêtements. En bas dé l'armoire à vêtements il y a des tiroirs pour le linge. A côté il y a encore une petite armoire pour les chaussures.
16 La chambre à coucher a de plus deux grandes fenêtres. De ces fenêtres on a une vue sur le jardin. Le long de ces fenêtres il y a des rideaux et des brise-bise. Quand on va se coucher le sôir, on tire les rideaux. Entre les fenêtres, il y a un grand miroir. Aux murs pendent des tableaux,
20 principalement des tableaux de famille. Au-dessus du lit pend au mur une grande tapisserie. Sur la tapisserie il y a un grand et bel ange. L'ange a des cheveux dorés et des ailes blanches.
L'ameublement
Le salon est grand et clair. Il a quatre grandes fenêtres 26 et une grande porte — une porte à deux battants. Il y a aux fenêtres des rideaux blancs et des brise-bise blancs. Lorsque le soleil luit, on tire les rideaux. Au milieu de la chambre se dresse une belle table. Près de la table se trouvent deux grands fauteuils. Le long des murs il y a
des chaises ordinaires. Les chaises sont recouvertes de rouge; à la porte il y a une portière rouge. C'est pour cela que le salon s'appelle aussi la chambre rouge.
Le long du mur, derrière la table, il y a un sofa. Contre l'autre mur se trouve le piano. Au-dessus du piano est 5 suspendu un grand portrait de Gounod. Au-dessus du sofa sont suspendus deux portraits: l'un est de Chopin. L'autre portrait suspendu au-dessus du sofa est celui de Massenet. Quand notre tante riche vient, elle s'assied au piano. Puis elle joue du Chopin ou du Massenet. 10
Dans la salle commune il y a une grande table ronde. Au-dessus de la table il y a ime lampe, une suspension. La famille est assise le soir autour de la table. Le père Ut, la mère tricote, la grand'mère dort. Un enfant écrit, l'autre apprend, le troisième ne fait rien. Des portraits 15 de famille sont suspendus aux murs de la salle conunune. C'est là qu'est suspendu grand-père — je veux dire le portrait de grand-père. Il y a aussi là l'oncle, la tante, le neveu, la nièce, etc. Entre les fenêtres est suspendu un grand miroir. Le poêle est dans le coin. Qu'est-ce qui 20 est suspendu au mur derrière le poêle? C'est le portrait de la belle-mère.
Dans la salle à manger se trouve une table. Contre l'un des murs se dresse le bufifet. Contre l'autre mur il y a un petit dressoir. Il y a xm napperon sur le dressoir ia et sur le napperon est écrit: «Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien.» Un coucou est suspendu au mur. Le petit coucou sort de la pendule toutes les demi-heures. Il chante les heures.
La cuisine
La cuisine est à l'arrière de la maison, non loin de la salle à manger. Contre Tun des murs de la cuisine il y a le fourneau. Le fourneau est chauffé avec du charbon. Sur le fourneau il y a une casserole et une poêle. Au-
5 dessus du fourneau sont suspendues d'autres casseroles et d'autres poêles. La cuisinière cuit les mets sur le fourneau. La viande et les ponunes de terre cuisent dans une casserole. Les œufs sur le plat cuisent dans une poêle. En bas du fourneau est le four. Dans le four on
ix) cuit des gâteaux et du pain.
Contre un autre mur de la cuisine il y a la table de cuisine. Près de la table de cuisine se trouve l'évier, avec deux robinets. Lorsque l'on veut boire de l'eau, on ouvre le robinet. Et on tient le verre au-dessous. La
15 cuisinière prépare le repas sur la table de cuisine. Après le repas elle lave la vaisselle sur l'évier. Sur les murs de la cuisine il y a des étagères pour la vaisselle. Contre le mur près de la table de cuisine il y a une planche avec des crochets. Il y a sur la planche quatre petites
20 plaques. Sur la première plaque est écrit: «Serviette à couteaux.» Sur la seconde plaque est écrit: «Serviette à assiettes.» Sur la troisième est écrit: «Serviette à verres.» Sur la quatrième est écrit: «Essuie-mains.» Avec la serviette à couteaux la cuisinière essuie les couteaux,, les four-
25 chettes et les cuillers. Avec la serviette à assiettes la
cuisinière essuie les assiettes, les tasses et les plats. Avec
la serviette à verres elle essuie les verres. Avec l'essuie-
mains elle s'essuie les mains.
Dans un coin de la cuisine se trouve la glacière. En
FEENCH SKETCHES 9
haut de la glacière il y a de la glace. En été le porteur de glace apporte tous les jours un morceau de glace. En bas de la glacière il y a des assiettes avec de la viande. Sur les assiettes il y a du saucisson, du jambon et du roastbeef froid. 6
Près de la cuisine se trouve l'office. Il y a là un sac de pommes de terre et un sac de farine. Là sont le café, le sucre, le sel, une cuve pleine de ponunes. Il y a là encore beaucoup d'autres choses dont la cuisinière a besoin pour la cuisine. lo
Le jardin
Il y a un jardin devant la maison, un jardin d'agrément. Le jardin d'agrément contient des plates-bandes de fleurs. Il pousse dans le jardin d'agrément des roses, des œillets et des tuHpes. Il y pousse aussi des jacinthes, des géraniums et des pétimias. Il y a un bassin d'eau au milieu i5 du jardin. Il y a un jet d'eau au milieu du bassin. De petits poissons rouges nagent dans le bassin.
Le jardin d'agrément est la joie de la maîtresse de maison. Elle cueille des fleurs tous les jours d'été. Elle met ces fleurs sur la table du salon. Elle arrose les fleurs 20 quand il ne pleut pas. Pour les arroser elle se sert d'un arrosoir. Il y a un treillis de fer autour du jardin. Une petite porte est ménagée dans le treillis, par devant. Cette petite porte s'appelle la porte du jardin. Une allée conduit de la porte du jardin à la maison. 25
Il y a un grand jardin derrière la maison. Il y a une grande pelouse au milieu du jardin de derrière. Un ponmiier se dresse au miheu de la pelouse. Une allée fait le tour de la pelouse. Il y a une charmille dans im
coin du jardin. La famille s'assied souvent dans la charmille. On y prend le thé Taprès-midi, vers quatre heures. Les mouches bourdonnent et les moustiques piquent. Le thé se refroidit, il tombe des feuilles dans
6 le lait. Mais tout le monde dit: «Conune il fait bon ici, au jardin!» Des plates-bandes occupent trois côtés du jardin: des plates-bandes de pommes de terre, d'épinards, de salade, de navets, de céleri, etc. Ce jardin s'appelle jardin potager.
10 Le jardin donne beaucoup de travail, mais aussi beaucoup de plaisir. Tous les membres de la famille ont lem* travail. L'un prend le tuyau d'arrosage. Avec le tuyau, il arrose l'herbe et les plates-bandes. L'autre prend le râteau et ratisse les allées. Le troisième prend la tondeuse
15 à herbe et tond l'herbe. Le quatrième prend la bêche et il bêche. Le cinquième court de l'im à l'autre et dit: «Voici comment tu dois faire.»
La rue
Nous habitons au coin de la rue Bonaparte et de la rue de la République. Il y a beaucoup de maisons particu-
20 lières dans la rue de la République. Il y a peu de maisons de commerce dans cette rue. Il y a peu de maisons particulières dans la rue Bonaparte, mais il y a là beaucoup de maisons de commerce.
Le milieu de la rue est la chaussée. Là passent des
25 voitures, des fiacres, des automobiles, là passe aussi le tramway électrique. Des deux côtés de la rue sont les trottoirs. La rue est asphaltée, les trottoirs sont en ciment. Les piétons marchent sur le trot^ir. Les
piétons veulent souvent aller sur la chaussée; ils doivent alors faire très attention. S'ils ne font pas attention; ils sont écrasés par les voitures.
Des deux côtés de la rue il y a des magasins. Chaque magasin a sa devanture, on sait ainsi ce qu'on peut acheter dans le magasin. Le soir, les devantures sont brillamment éclairées.
Il y a des maisons de conunerce des deux côtés de la rue. Là se trouve par exemple le magasin de chaussiures, on peut y acheter des souliers et des bottes. Il y a à côté 10 une fruiterie où on peut acheter des bananes, des ananas, des cerises, des abricots, des pêches, des pommes et des poires. On peut acheter dans le magasin tout à côté des chemises, des cravates, des cols, des manchettes, des gants, des gilets de flanelle et des chausettes. Ce ma- ift gasin s'appelle un magasin de confection.
Puis vient une épicerie. L'épicerie est très belle; on y peut acheter du beurre, du fromage, du café, du sel et bien d'autres choses encore. Quand vous avez beaucoup d'invités, vous allez à l'épicerie et vous dites: «Trois 20 livres d'oléomargarine, s'il vous plaît.»
— «Vous voulez dire de beurre,» dit l'épicier.
— «Non pas,» répondez-vous, «nous avons aujourd'hui des invités.»
Près de l'épicerie se trouve la pharmacie. Le pharma- 25 cien vend des médicaments, de la camomille, des pilules, du tissu gonmié, de l'huile de foie de morue, etc. On achète dans la papeterie du papier à lettre, des enveloppes, du buvard, des pliunes. Le marchand de tabac vend des cigares et du tabac. Mais le collégien doit so prendre bien garde que son père ou son maître ne le voie
entrer chez lui. Puis viennent un magasin de parapluies, une ganterie, une boucherie, une laiterie, et beaucoup, beaucoup d'autres magasins. Conmie on Ta déjà dit, chaque magasin a une devanture, afin qu'on puisse savoir 6 ce qu'on peut acheter dans le magasin. Le soir, les devantures et la rue sont brillamment éclairées.
La ville
Beaucoup d'honmies, beaucoup de maisons, beaucoup de rues, beaucoup de vie, voilà ce qu'est une ville. Les gens qui habitent dans une ville sont les habitants de
10 cette ville. La ville dans laquelle nous habitons est une
belle ville. Elle a de belles rues, de beaux magasins, elle
est bien pavée, ses maisons sont élégantes, et ses habitants
aimables.
Sur une grande place au miheu de la ville se trouve
16 l'hôtel de ville. La place s'appelle Place de l'Hôtel de ville. L'hôtel de ville est im édifice imposant. Le conseil municipal s'y réunit et y fait des lois pour les citoyens. C'est aussi à l'hôtel de ville que se trouvent les bureaux pour les services de l'eau, du gaz, de la voierie, des con-
20 tributions, etc. On voit à côté le Café de l'Hôtel de ville. Les autres édifices publics sont le poste de police, la caserne des pompiers, où se trouvent les pompes à incendie, le musée, la bibUothèque publique, la poste, le palais de justice, l'établissement de bains publics, les églises, les
25 écoles, l'orphelinat et la gare. Si l'on se conduit mal, on va au poste de police; si l'on veut acheter des timbres, on va à la poste; si l'on veut se marier, on va à l'hôtel de ville. «Quel âge avez-vous?)> demande l'employé mu-
nicipal. «Vinglnge ... je veux dire vingt-deux ans!» répond la jeune fille. Si l'on veut nager, on va à l'établissement de bains; si l'on veut prier, on va à l'église; si l'on veut apprendre, on va à l'école; si l'on veut voyager, on va à la gare et on achète un billet. Si l'on mange mal à la maison, par exemple le jour de la lessive, on dit: «Ma chère femme, je n'ai pas d'appétit aujourd'hui.» Puis on va se promener un peu au parc public, et de là on va au Café de l'Hôtel de ville. Telle est la vie!
Le jour
La bonne se lève à six heures. Elle cire les chaussures lo de toute la famille — en chantant une chanson. Puis elle met la table, pour le petit déjeuner.
La femme du professeur se lève à six heures et demie. Elle fait le café; la bonne fait toujours le café trop faible. i6
Le professeur et les enfants se lèvent à sept heures. A sept heures et demie, la famille est assise autour de la table dans la salle à manger. A huit heures le professeur va à l'imiversité et les enfants vont à l'école.
La maîtresse de maison va alors à la cuisine. La bonne 20 nettoie la maison et fait les lits. La femme du professeiur surveille. A dix heures le facteur passe.
A dix heures et demie, la bonne va au marché, chez la fruitière, chez le boucher, et — en passant naturellement devant la caserne — chez l'épicier. A onze heures le pro- 25 fesseur revient à la maison, puis les enfants arrivent.
Alors toute la famille déjeune. La tante vient à trois heures; ellç s'assiçd au piano et joue du Çhopiu ou du
Gounod. Le père de famille dit: «Quoi? déjà trois heures?» Et il va à la bibliothèque. Les enfants jouent dehors.
 cinq heures la famille est de nouveau à table et prend le thé. Après le thé, les enfants font leurs devoirs de classe. Le père est assis dans son cabinet de travail; la mère racconmiode des chaussettes, et la tante bavarde. La famille se réunit à huit heures pour souper. A huit heures et demie, il vient une visite — un collègue du prof esseiur.
La montre
La montre indique l'heure. Si Ton veut savoir quelle
10 heure il est, on regarde à sa montre. Si Ton n'a pas de montre, on demande à quelqu'un qui a une montre: «Quelle heure est-il?»
Il y a des montres, des pendules, des réveils et des horloges. On porte la montre en poche; la pendule est
16 sur la cheminée ou pend au mur; l'horloge est sur la tour de l'église; le réveil a une sonnerie. Si nous voulons nous lever à cinq heures du matin, nous mettons le réveil à cinq heures. Le réveil sonne à cinq heures précises. Nous nous levons, jetons le réveil par la fenêtre, et con-
20 tinuons à dormir jusqu'à huit heures.
Toutes les pendules ont un cadran. Les heures sont marquées sur le cadran de un jusqu'à douze. Au milieu du cadran sont les aiguilles. L'aiguille des heures indique les heures, l'aiguille des minutes indique les minutes, et
26 celle des secondes les secondes. Les horloges et les pendules sonnent toutes les demi-heures. Quelques-unes sonnent aussi tous les quarts d'heure. Les horloges et les pendules ont im pendule,
La montre a un bottier de nickel, d'argent ou d'or. Audessus du cadran est le verre de montre. Dans le boîtier sont les rouages. Parmi les rouages, il y a un ressort. Le ressort actionne la montre. Les pendules et les horloges n'ont pas de ressort. Les rouages de ces pendules sont actionnas par des poids. Lorsque la pendule s'arrête, il faut la remonter. Quelques pendules doivent être remontées tous les jours, d'autres marchent huit ou quinze jours.
Si une montre marche mal, on la porte à l'horloger. Si 10 le ressort est cassé, on y met un ressort neuf.
Il y a un coucou dans notre salle à manger. Toutes les demi-heures, il en sort un petit coucou qui chante l'heure qu'il est.
L'heure
Le jour et la nuit ont ensemble vingt-quatre heures. 15 Le soleil luit pendant le jour. Les hommes travaillent du matin jusqu'au soir. La lune et les étoiles brillent pendant la nuit. Les honunes et les animaux dorment.
La première partie du jour s'appelle le matin. Le boulanger passe de bonne heure le matin pour apporter le 20 pain. Le laitier vient apporter du lait. Le porteur de journaux apporte le journal. Les hommes actifs se lèvent de bonne heure. Ils disent: «Tôt levé, tôt couché, voilà la meilleure règle de vie.»
Le matin prend fin à midi. Midi, c'est le milieu du as jour. On prend son déjeuner communément à midi. Le temps qui va de midi jusqu'à la nuit s'appelle l'après-midi. Après l'après-midi vient le soir. Le soir, l'allumeur de r^çrbèrçs allume le^ réverbères dans la rue. On allume
les lampes dans les maisonSi et les hommes premient leur souper.
On va se coucher quelques heures après le souper. Certains n'ont pas besom de beaucoup de sommeil. Ils 5 dorment de cinq à six heures. D'autres dorment plus longtemps. On les appelle de grands donneurs. Le veilleur de nuit dort le jour. Lorsque j'allais à l'école, le maître m'appelait toujours veilleur de nuit.
La nuit commence à minuit. Douze heures le jour,
10 cela s'appelle midi. Douze heures la nuit, cela s'appelle
minuit. Le matin, on dit: «Bonjour»; le soir, on dit:
«Bonsoir,» et quand on va se coucher, on dit: «Bonne
nuit.»
Une heure a soixante minutes et une minute a soixante 15 secondes. La montre indique les heures, les minutes et les secondes.
Le soleil se lève le matin et se couche le soir. Le moment qui précède de peu le lever du soleil s'appelle l'aube. Le moment qui suit le coucher du soleil s'appelle le 20 crépuscule.
La semaine
Les jours de la semaine s'appellent: dimanche, lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi. Le dimanche est un jour de fête. On se repose ou on va à l'église. Presque tous les magasins et boutiques sont fermés. 26 L'après-midi, on va se promener ou on fait des visites. L'oncle, la tante, le grand-père, la grand'mère, le cousin et la cousine viennent en visite. Les autres jours de la semaine sont des jours de travail ou des jourç ouvrable^. On travaille pendant 1^ jours ouvrables.
Le lundi, les enfants retournent à Pécole. C'est jour de grande lessive à la maison; on a réchauffé le repas de dimanche, et le père de famille est si occupé qu'il ne peut pas revenir manger à la maison.
Le mardi, on repasse le linge, on raccommode les s chaussettes et on recoud les boutons. Le père de famille va à son cercle tous les mardis.
Le mercredi, les enfants se réjouissent, car il n'y a pas classe le lendemain. Le soir, on leur permet de veiller jusqu'à neuf heures. Tous les mercredis les parents vont lo au théâtre.
Le jeudi est jour de vacance. Les enfants peuvent aider leur mère. Marie met la table et lave la vaisselle. Robert va faire ime commission chez l'épicier, ou chez le boulanger, ou chez le boucher. i6
C'est le vendredi qu'arrive le courrier d'Amérique. Les parents d'Amérique écrivent combien il fait bon vivre làrbas, combien l'on y gagne d'argent, combien les contributions sont basses en Amérique, combien tout le monde est libre et heureux en Amérique. 20
Le samedi est im jour intéressant: la mère se tient au fourneau et fait cuire des gâteaux. Robert vient de temps en temps à la cuisine. Il veut voir si sa mère s'y prend bien. Le soir, toute la famille se réunit autour de la table. Le père raconte des histoires ou la mère lit quel- u que chose à haute voix.
Le dimanche, la semaine recommence.
IS FRENCH UFB
L'année
L'année a troîs-cenlnsoixante-cinq jours. L'année a douze mois. L'année a cinquante-deux semaines. Tous les quatre ans il y a une année bissextile. L'année bissextile a im jour de plus que l'année ordinaire. Les douze fi mois sont: janvier, février, mars, avril, mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre, décembre. Sur les douze mois, sept ont trente-et-im jours, quatre ont trente iovLTS, et le mois de février a vingt-huit ou vingt-neuf jours.
10 Janvier est le premier mois de l'année. Le premier janvier est le premier de l'an. Le vingt-huit janvier est la Saint-Charlemagne.
Février est le mois des bals masqués; février est le mois du Carnaval.
15 Le vingt-et-xm mars marque la fin de l'hiver et le commencement du printemps. Ce jour-là, le jour et la nuit ont la même longueur.
En avril, les fleurs commencent à fleurir et l'herbe à verdir. Le premier avril est un jour de farces. La fête de 20 Pâques est aussi en avril.
Le premier jour de mai est im jour redoutable: les socialistes menacent toujours de faire grève générale ce jour-là.
Le vingt-et-xm juin marque la fin du printemps et le 25 commencement de l'été. Le vingt-et-im juin est le plus long jour de l'année.
Le quatre juillet est un grand jour de fête en Amérique: ce jour s'appelle Le Jour de l'Indépendance.
Le quatorze juillet est le jour de la fête nationale en
France. Tous les bons citoyens français célèbrent la prise de la Bastille en assistant à la grande revue militaire, en allant voir le feu d'artifice et en buvant généreusement à la santé de la République.
Le mois d'août est im mois très chaud. Les écoles sont s fermées, les enfants ont vacance.
Septembre est le mois des vendanges: on cueille le raisin en Bourgogne et en Champagne.
En octobre, on rentre les fruits: les pommes, les poires et les noix sont mûres en octobre. lo
En novembre, les Américains célèbrent ime fête des récoltes: on l'appelle Fête d'Actions de grâces. En novembre tous les quatre ans, les Américains élisent xm nouveau président. Le vingt-et-xm décembre marque la fin de l'automne et le commencement de l'hiver. is
Le journal
Il arrive un journal tous les matins et tous les soirs. Le porteur de journaux va de maison en maison porter les journaux. Tout le monde attend le journal, car il y a toujours dans le journal quelque chose d'intéressant. On trouve les nouvelles de Paris et de la province à la première 20 page. Le Président de la République fait im voyage en province. Il a été accueilli avec enthousiasme par la ville de Bordeaux. Le maire de Versailles est mort. Le nouvel' ambassadeur américain est arrivé. On a inauguré une nouvelle statue à Paris. Tout cela se trouve à la 25 première page, avec bien d'autres choses encore.
On trouve à la deuxième page les nouvelles politiques et les nouvelles de l'étranger. Wilson a, été élu présidait»
20 FRENCH UFB
La guerre a éclaté dans la péninsule des Balkans. Une bombe a éclaté dans le palais du roi d'Espagne. Les suffragettes ont mis le feu à la Maison du Parlement, etc. On trouve à la troisième page les nouvelles personnelles, 5 les nouvelles théâtrales, les nouvelles conmierciales, les nouvelles sportives, etc. On y lit que Mademoiselle Hubert s'est fiancée avec Monsieur Deschamps, que le chanteur d'opéra Brunot a mal chanté, que la compagnie Amyot Frères a fait faillite, et que c'est demain que se
10 court le Grand-Prix de Longchamp.
Il y a des annonces commerciales et autres à la quatrième page. La sous-préfète cherche xme nouvelle servante: elle doit savoir faire la cuisine, laver, repasser, coudre et broder. Le baron de Beaumont cherche xm chauffeur.
15 II doit être célibataire et ne pas boire. Avez-vous déjà vu xm chauffeur qui ne bût pas? Moi pas! Le maîtretailleur Coupon a reçu de nouvelles étoffes d'Angleterre. Chez l'épicier Dubois, les œufs ne coûteront demain qu'un franc vingt-cinq la douzaine.
20 Tout cela est dans le journal, et bien d'autres choses encore.
Le temps
La neige et la glace fondent au printemps. Le soleil brille. Le temps est doux. Il tombe souvent du ciel une pluie chaude qui fait reverdir l'herbe. Mais il ne pleut 25 pas très longtemps: au bout d'ime demi-heure le soleil brille déjà de nouveau. Il y a souvent en même temps du soleil et de la pluie. On dit alors: «Le temps pleure d'xm œil et rit de l'autre.» De temps en temps, il y a aussi un orage. Des nuages noirs couvrent le ciel. Il
tonne, il y a des éclairs. L'orage passe bientôt, et le soleil, toujours fidèle, recommence à briller de tout son éclat.
Le temps est très chaud en été. Des orages se forment fréquenmient dans le ciel. L'obscurité r^e et l'air est s lourd. Le tonnerre gronde et des éclairs aveuglants sillonnent le ciel. On compte entre le coup de tonnerre et les éclairs: «Un, deux, trois, quatre,» etc. Si l'on peut compter jusqu'à dix entre le coup de tonnerre et l'éclair, on dit: «L'orage est à dix kilomètres.» Si le coup de tonnerre et lo l'éclair se produisent en même temps, l'orage est tout près. Parfois, la foudre tombe sur xme maison et y met le feu. Après l'orage, l'air est frais. Hommes et bêtes respirent de nouveau librement.
Le temps se gâte souvent en automne. Le ciel est gris, is Il pleut et vente alors des journées entières. Parfois aussi il grêle. Des grêlons gros conmie des œufs de pigeon s'abattent sur les fenêtres et brisent les vitres. Le vent balaie les rues de la ville et soulève la poussière. Les^ honmies restent chez eux. Ils allument im feu dans la 20 cheminée, font cuire des pommes au feu, cassent des noix, mangent des raisins et disent: «Comme il fait bon en automne!»
En hiver, le temps est froid. L'eau gèle. Il neige, il neige, il neige. Les flocons de neige deviennent de plus 25 en plus gros, et bientôt rues et toits sont couverts de neige. Les enfants disent: «Le diable plume ses oies,» et les grandes personnes disent: «Sapristi! Voilà qui s'appelle un hiver!»
22 FBENCH LIFB
L'homme
Je suis un homme. J'ai im corps. Mon corps se compose d'ime tête, d'un tronc, de deux bras et de deux jambes. J'ai des cheveux sur la t.ête.
Le devant de la tête est le visage. On distingue dans 6 le visage le front, les yeux, le nez, la bouche, les lèvres, le menton et les joues. Dans la bouche se trouvent les dents, la langue et le palais. Chaque œil a deux paupières avec des cils. Au-dessus des yeux sont les sourcils. Les oreilles se trouvent des deux côtés de la tête. 10 Le cou est au-dessous de la tête, au-dessus du tronc, entre la tête et le tronc, entre les deux épaules.
Le tronc se compose de la poitrine et de l'abdomen.
Dans la poitrine se trouvent le cœur et les poumons. Mon
cœur bat tant que je vis. Je puis sentir le battement de
16 mon cœur. Lorsque le cœur ne bat plus, l'homme ne
vit plus, il est mort.
En haut du tronc sont les bras, en bas les jambes. Les
bras et les jambes s'appellent aussi les membres. Au
bout des bras sont les mains avec les doigts, au bout des
20 jambes sont les pieds avec les orteils. J'ai deux mains:
la main droite et la main gauche. J'ai dix doigts et dix
orteils. Au bout des doigts et des orteils, se trouvent les
ongles.
Je vois avec les yeux, j'entends avec les oreilles, je sens
25 avec le nez, je goûte avec la langue, et je sens avec les
doigts. Je puis aussi sentir avec les autres parties du
corps.
On est aveugle quand on ne voit pas, sourd quand on n'entend pas, muet quand on ne parle pas.
L'argent
Beaucoup de maisons de commerce ne font pas crédit. Elles ne vendent que comptant. Si l'on veut acheter comptant, il faut avoir de l'argent, et si l'on veut avoir de l'argent, il faut en gagner. Ce sont les banquiers, les marchands en gros et les industriels ,qui gagnent le plus s d'argent. Le marchand vend ses marchandises à profit. Le profit est son gain. Le professeur, le maître d'école, l'employé de la poste et bien d'autres encore reçoivent un traitement pour leur travail. L'ouvrier reçoit son salaire.
Beaucoup de gens gagnent plus d'argent qu'ils n'en ont lo besoin pour vivre. Ils épargnent. Ils mettent leurs épargnes à la caisse d'épargne. La caisse d'épargne paie des intérêts. Certaines caisses d'épargne paient deux pour cent d'intérêt, d'autres trois, ou même quatre pour cent. Si l'on ne retire pas les intérêts de la caisse d'épargne, on i6 reçoit les intérêts composés.
Il y a deux sortes d'argent: de la monnaie et du papiermonnaie. La monnaie est d'or, d'argent, de nickel ou de bronze. La plus petite monnaie est le centime. Cent centimes font im franc. Cinq francs font un écu. Les 20 pièces de dix et de vingt francs sont en or. Les pièces de cinq francs, de deux francs, d'un franc et de cinquante centimes sont en argent. Les pièces de cinq sous sont en nickel. Les pièces de deux sous et d'un sou sont en bronze. Un franc vaut environ 20 cents américains. Un centime 28 vaut le cinquième d'un cent américain.
Le papier-monnaie est plus facile à porter que la monnaie. Il y a des billets de banque de cinquante, de cent, de cinq-cents et de mille francs.
Quand on voyage, il faut avoir beaucoup d'argent, car les voyages sont chers. Il faut aussi avoir beaucoup de petite monnaie, car les garçons de café, les porteurs et les cochers veulent un pourboire. Si l'on vient d'Amé- 5 rique et que l'on ait seulement de l'argent américain, on va au bureau de change. Le changeur change l'argent américain contre de l'argent français.
Les véhicules
Les fiacres, les landaus et les automobiles sont des véhicules. Les fiacres et les landaus sont traînés par des
10 chevaux. Les automobiles ont un moteur qui est actionné avec de l'essence. Les fiacres sont généralement traînés par im cheval, les landaus par deux. Les landaus sont meilleurs et plus élégants que les fiacres. Les fiacres et les landaus ont deux ou quatre sièges et im siège pour le
15 cocher. Le cocher tient les rênes du cheval et xm fouet. Â côté du siège du cocher sont les lanternes. Quand la nuit tombe, le cocher allume les lanternes. Il y a xme plaque dans le fiacre. Cette plaque indique le tarif. Les clients peuvent voir sur le tarif combien ils ont à payer.
20 Les fiacres et les landaus sont ouverts ou fermés. Lorsqu'un client veut monter, le cocher ouvre la portière et dit: «Monsieur le baron veut-il entrer?»
Il y a beaucoup de fiacres qui sont des taximètres. Les taximètres ont un rouage d'horlogerie qui indique com-
25 bien le client doit payer. La course dans im fiacre coûte 75 centimes pour le premier kilomètre et 10 centimes par deux cents mètres additionnels. Lorsque le client descend, il paie le prix indiqué, et donne im pourboire au cocher
OU au chauffeur. Ce que ceux-ci font du pourboire, je n'en sais rien.
Les automobiles vont plus vite que les fiacres et les landaus, mais ils coûtent aussi davantage. Quatre à sept personnes peuvent prendre place dans l'automobile. Le i conducteur de l'automobile s'appelle chauffeur. Chaque automobile a une trompe. Grâce à la trompe, le chauffeur avertit les piétons de se ranger.
Il y a une station de fiacres et d'automobiles devant toutes les grandes gares. lo
Les tramways électriques
Le wattman se tient en avant. Il conduit le tramway. Derrière, se tient le conducteur. Le conducteur recueille l'argent des places, et annonce les noms des rties. Les voyageurs sont assis dans le tramway. Quand un voyageur veut monter, il fait signe de la main au wattman. i5 Le wattman arrête le tramway. Quand le voyageur est monté, le conducteur avertit le wattman avec la sonnette. Alors le wattman repart. Quand un voyageur veut descendre, il avertit le wattman en pressant sur la sonnette; le tramway s'arrête de nouveau et le voyageur descend. 20 Tous les voyageurs doivent payer leur place. Le conducteur recueille l'argent et donne un billet aux voyageurs. Sur le billet est écrit: «Valable sur une section, 10 centimes.» «Valable sur plusieurs sections, 15 centimes.» Ceux qui ne vont pas bien loin paient 10 centimes, ceux 25 qui vont loin paient 15 centimes. Les voyageurs donnent parfois un pourboire au conducteur. Si le conducteur reçoit un sou de pourboire, il dit: «Merci.» Mais s'il
26 FBEKCH UFR
reçoit deux sous de pourboire, il «alue et dit: «Merci beaucoup.»
Si un voyageur ne veut pas s'asseoir à Tintérieur, il peut rester debout derrière sur la plate-forme. Presque tous
5 les voyageurs sont assis à Tintérieur du tramway. Quand toutes les places à Tintérieur et sur la plate-forme sont occupées, personne n'a plus le droit de monter. Il faut alors attendre jusqu'à ce que le tramway suivant passe. Il y a souvent des contrôleurs. Le contrôleur contrôle
10 les billets. Ceux qui n'ont pas de billet doivent payer ou descendre. Chaque ligne de tramway a son numéro. Le numéro 1 conduit à l'Hôtel de Ville. Le numéro 2 conduit au Louvre. Le numéro 3 conduit au Luxembourg, etc. Ceux qui veulent prendre le tramway attendent à
16 l'arrêt. Les Français ne disent pas: «Je prends le tramway.» Ils disent: «Je prends le tram.»
En chemin de fer
Un train se compose d'ime locomotive, d'un tender, d'un fourgon à bagages, d'im wagon-poste et des wagons de voyageurs. Un train peut être omnibus ou express.
20 Un omnibus ne va pas vite; il s'arrête dans toutes les villes et dans tous les villages. Un express va vite: il ne s'arrête que: da^. 1^ grandes villes. Outre les. omnibus et les express,: il y a les trains de marchandises. Lesr trains de mart^.l^iSiadises ne transportent pas de voyageurs, ils ne
25 t|:.^^portent que des marchandises.
Op peut voyager en 1*", 2r ou 3* classe. Les sièges d'un compartiment de l^'* classe sont rembourrés en gris; ç^v^ des compartiments . de .2® en. bleu.; ceux de
troisième sont recouverts de cuir noir. Il y a place pour dix Yoyageiu^ dans un compartiment de 3®; pour huit dans im de 2® ou de l*"*. Les officiers, les millionnaires et les Américains voyagent souvent en 1*". Les riches marchands et les officiers pauvres voyagent en 2®; les 5 professeurs, les employés, les ouvriers et les paysans voyagent en 3®. Les billets de 3® sont très bon marché, ceux de 1*" sont très chers. Tous les trains ont des compartiments de dames seules, des compartiments pour fumeurs et d'autres pour non-fumeurs. Les voyageiu^ qui veulent lo fumer ne doivent pas monter dans un compartiment de dames seules ou de non-fumeurs.
Si l'on veut voyager, on passe au guichet, et on achète un billet. Puis on va à la salle des bagages pour faire eniregistrer ses bagages. Lorsque le train est arrêté, on i5 monte dedans. On garde les bagages à main avec soi dans le comparthnent. Le conducteur passe bientôt et demande: «Les billets, s'il vous plaît!»
A la gare
Au milieu de la gare, il y a une grande salle. A droite de cette salle il y en a deux autres, les salles d'attente. 20 C'est là que s'asseyent les voyageiu^ en attendant leur train. L'une d'elles est la salle d'attente de 1*"* et de 2* classe. Elle est réservée aux voyageiu^ munis d'un billet de 1*" ou de 2* classe. Les voyageurs de 3* vont s'asseoir dans l'autre* Le buffet est à côté des salles d'attente. 25 Ceux qui ont faim ou soif peuvent boire ou manger au buffet. Ils disent au garçon: «Garçon, im beefsteak aux ponmies et un verre de lait.»
28 FRENCH UFE
A gauche de la grande salle, il y a des guichets, et derrière chaque guichet un employé. Cet employé vend les billets. Au dessus du guichet est écrit: Distribution DES BILLETS. La salle où l'on enregistre les bagages des
6 voyageurs est au bout. Une inscription porte: Enregistrement DES BAGAGES. Les portcurs portent les bagages des voyageurs. Le bureau du chef de gare et le bureau du télégraphe sont dans ime autre partie de la gare.
10 Au fond de la grande salle il y a une porte qui donne sur les quais; devant cette porte, il y a un employé qui dit: «Vos billets, s'il vous plaît!» On ne peut pas passer sur les quais sans billet. Ceux qui veulent passer sur les quais pour chercher un ami, doivent acheter un ticket de
15 quai. Un ticket de quai coûte deux sous.
Il y a sur le quai un homme avec ime sonnette. C'est le surveillant. Quand un train arrive, il sonne la cloche, et crie: «Les voyageurs pour la direction de Paris, en voiture!» Le train s'arrête, quelques voyageurs des-
20 cendent, d'autres montent. Voici le chef de gare. Il porte un sifflet à la main. Lorsqu'il siffle, la locomotive siffle aussi et le train part.
Le restaurant
On peut prendre au restaurant son petit déjeuner, son déjeimer ou son dtner. Le restaurant est plein le matin, 36 à midi et le soir. Beaucoup de clients sont des voyageurs. D'autres sont des gens d'affaires qui n'ont pas le temps de retourner chez eux. Ceux qui n'ont pas le temps de retourner manger chez eux mangent au restaurant. Lanour-
FBENCH SKETCHES 29
riture du restaurant n'est pas si bonne que celle de chez soi, mais elle vaut mieux que rien. Il y a beaucoup de tables et de chaises au restaurant. Il y a une nappe blanche sur chaque table. Quelques tables sont petites et deux personnes seulement peuvent y manger. D'autres sont s assez grandes pour quatre ou six personnes. Il y a devant chaque siège im couteau, ime fourchette, ime cuiller à soupe, ime cuiller à thé et ime serviette. Au milieu de la table il y a xme salière, un poivrier, xm sucrier et un pot de moutarde. Il y a aussi un menu à chaque table. Le lo menu indique le nom et- le prix des plats. Voici qu'xm garçon s'approche de la table et dit au client: «Monsieur?» Ce n'est là qu'im mot, mais ce mot signifie à lui seul: «Monsieur, dites-moi ce que vous désirez manger, et je vous apporterai tout.» Alors le client conmiande: i5 «Du bouillon, im beefsteak aux pommes, des asperges, de la salade, des gâteaux et du café.» Le garçon va à la cuisine et revient bientôt avec les plats commandés. Il porte tout sur im plateau. Il sert alors le client. Le client fait signe au garçon après le repas et dit: «L'addi- 20 tion, s'il vous plaît.» L'addition porte: «20 juillet, soupe, 50 cent. Viande, 75 cent. Légumes, 40 cent. Gâteaux, 40 cent. Café, 30 cent.» «Total: 2 francs 55.» Le client vérifie. «Eh!» s'écrie-t-il, «vous faites erreur! Volis avez compté 20 centimes de trop, vous avez compté 25 la date!» Le garçon s'excuse, le client paie la note et se lève. «Pas de pourboire!» murmure le garçon. «Garçon,» dit le client, «le 20 juillet est votre pourboire! Au revoir!»
L'hôtel
Si un voyageur débarque dans une ville étrangère, il va dans un hôtel. Il y a beaucoup de chambres dans un hôtel. La plupart des chambres sont des chambres à coucher. Il y a dans chaque chambre un Ut, ime table,
6 xm lavabo et une armoire. Il y a une descente de lit devant le Ut. Certains hôtels sont éclairés à l'électricité, d'autres au gaz. Chaque chambre a son numéro. Le portier est en bas dans le corridor. Le portier reçoit les voyageurs et s'occupe de leurs bagages. Quand im
10 voyageur arrive, il appelle le premier garçon. Le premier garçon porte frac noir et cravate blanche. Le premier garçon montre les chambres. Quand le voyageur a trouvé ime chambre, il écrit sur xme feuiUe de papier comment il s'appelle, quelle est sa profession et d'où il
15 vient. Le domestique apporte les bagages dans la chambre du voyageur. La femme de chambre vient tous les matins faire la chambre. Elle apporte de l'eau pour se laver et de l'eau pour boire. Quand le voyageur a faim, il va à la salle à manger. La salle à manger est
ao en bas. Le cUent s'assied à une table et commande son repas. Le garçon lui sert son repas. Le soir le cUent met ses chaussures devant la porte de sa chambre et suspend ses vêtements à la porte. Le garçon cire les chaussures et brosse les vêtements. Si le cUent veut manger
25 dans sa chambre, U presse sur la sonnette électrique. S'il presse ime fois c'est la femme de chambre qui vient; s'il sonne deux fois, c'est le garçon; s'il sonne trois fois, c'est le domestique. Quand le cUent veut partir, il le dit au portier. Le premier garçon lui donne la note. Tout
le monde reçoit alors un pourboire: le premier garçon en reçoit un parce qu'il est premier garçon; le portier parce qu'il a reçu le client; le domestique parce qu'il a nettoyé les vêtements 'et les chaussures du client; la femme de chambre parce qu'elle a fait la chambre. 5
L'égUse
n y a grand-messe tous les dimanches matin de dix heures à onze heures. On met ses meilleurs habits et on va à l'église. On entre à l'église par trois grandes portes. L'intérieur de l'église est très beau. Le soleil brille à travers les fenêtres hautes garnies de vitraux multicolores, lo La voûte de l'église repose sur des piliers. La partie de l'église qui s'étend entre les piliers s'appelle la nef. Dahs la nef y il y a des chaises. Sur chaque chaise il y a un livre de messe. Au fond de l'église est l'autel. Sur l'autel repose xme belle nappe d'autel brodée. A droite i6 de l'autel se trouve la chaire du prédicateur. Un petit escalier conduit en haut de la chaire. Dans une autre partie de l'église se trouve une galerie. Là sont les grandes orgues. Le chœur est assis devant l'autel.
L'organiste joue de l'orgue. Les enfants de chœur chan- 20 tent des chœurs et des hymnes. Le prédicateur prêche. Les fidèles prient. Le suisse veille à l'ordre dans l'église. Il fait la quête avant le sermon. Tous les fidèles mettent de l'argent dans la bourse: un sou, deux sous, im franc, selon qu'ils sont plus ou moins riches. Le suisse trouve 25 parfois un bouton dans la bourse.
Avant que la messe commence, les cloches sonnent dans les tours de l'église. Elles annoncent la messe. Lorsque
la grande horloge de la tour sonne dix heures, les cloches cessent de sonner. Quand l'horloge sonne onze heures, la cloche annonce la fin de la messe. Presque tous les magasins sont fermés le dimanche. L^ cafés restent 5 généralement ouverts; on y trouve de méchantes gens, celui par exemple qui a jeté le bouton dans la bourse. Presque toutes les églises françaises sont catholiques.
La carrière
Celui qui veut devenir médecin doit étudier la médecine. Il étudie la médecine à l'université. Les études d'un
10 étudiant de médecine durent six ans en France; elles durent même parfois huit ans. Quand l'étudiant a fini ses études de médecine, il passe un dernier examen. S'il réussit à cet examen, il a le droit de s'appeler docteur. Il doit faire ime déclaration légale s'il veut exercer la
15 médecine.
Un étudiant qui veut devenir avocat ou notaire, doit étudier le droit cinq ou six ans. Il passe alors son doctorat en droit. Il peut ainsi devenir avocat ou juge. L'avocat conseille son client et le défend au tribunal. Un avocat
20 qui défend un client au tribunal s'appelle avocat pour la partie.
Si im étudiant veut devenir professeur au lycée ou à l'université, il étudie la philosophie, les langues, l'histoire ou les sciences natiu*elles. Il passe sa Ucence es lettres ou
25 es sciences au bout de deux ou trois ans, et ensuite son agrégation. S'il réussit à l'agrégation, il devient professeur dans un lycée. S'il veut devenir professeur dans une université, il écrit une thèse. Après avoir été maître de
conférences pendant plusieurs années, il peut être nommé professeur à l'université.
Ceux qui veulent devenir théologiens étudient la théologie. Après trois, quatre ou cinq ans de théologie, ils passent leiu* doctorat de théologie. Ils peuvent alors 5 devenir pastexu^ dans une église.
Ceux qui veulent devenir ingénieurs, chimistes ou architectes vont à TEcole Centrale, à l'Ecole de Chimie ou à TEcole des Beaux-Arts. Ces études durent aussi de trois à six ans. L'ingénieur construit des machines, des 10 voies ferrées, des tunnels ou des ponts; le chimiste fait des analyses chimiques; l'architecte dessine des projets de maisons.
La salle de classe
Il y a à l'école des bancs et des chaises sur lesquels les écoliers s'asseyent. Devant les bancs et les chaises, il y a 15 des tables, siu* lesquelles les enfants mettent leurs cahiers quand ils écrivent. Nous mettons aussi nos livres siu* la table quand nous lisons. Celui qui veut lire doit avoir im livre.
Il y a des encriers dans la table. Il y a de l'encre dans 20 l'encrier. L'encre est noire ou bleue, elle peut aussi être verte ou rouge. Ceux qui veulent écrire doivent avoir du papier et ime plume. . Les garçons et les filles écrivent dans leiws cahiers avec ime plume et de l'encre.
Siu* les miu^ de la salle de classe il y a des crochets ou 25 des porte-manteaux. C'est là que les enfants suspendent leurs casquettes, leurs chapeaux et leurs manteaux.
Dans les tables, il y a aussi des casiers. On y met les cahiers, les livres et les plmniers. Nous ne mettons pas
nos casquettes et nos chapeaux dans les caâers, nous les suspendons aux crochets, près des grandes fenêtres.
Devant les bancs, se trouve la chaire du professeiu*. Le
tableau noir est auprès de la chaire. Le maître d'école
5 écrit au tableau noir avec de la craie. La craie est blanche.
Nous apprenons à Técole à lire, à écrire, à compter, à faire de la gsnnnastique et d'autres choses encore. Quand l'école est terminée, nous retournons à la maison.
La cour derrière l'école s'appelle corn* de récréation. 10 Les enfants jouent dans cette corn*. Il y a environ cent enfants dans l'école de garçons et autant dans l'école de filles. Les garçons aiment jouer aux quatre coins ou à cache-cache, ou encore à saute-mouton. Les filles jouent à la poupée ou dansent une ronde.
15 Elles aiment chanter des chansons.
Le lycée
Le lycée a treize classes. Ces treize classes s'appellent: douzième, onzième, dixième, neuvième, huitième, septième, sixième, cinquième, quatrième, troisième, seconde, première, philosophie ou mathématiques élémentaires. La
20 douzième est la classe le plus basse, la philosophie est la
classe le plus élevée. Quand im élève est en seconde, il
est élève de seconde; quand il est en philosophie, on
l'appelle philosophe.
Les élèves apprennent au lycée le latin, le grec, le
25 français, l'allemand, l'histoire, la géographie, la zoologie, la botanique, la chimie, la physique, les mathématiques, le chant, le dessin et la gymnastique. L'enseignement du latin et de l'allemand commencent en sixième, l'en-
seignement du grec en quatrième. Quand Télève entre en sixième, il a dix ans; quand il sort de philosophie, il a dix-huit ans. Quand un élève est travailleur, il peut passer dans la classe suivante; mais s'il est paresseux, on ne le lui permet pas: il redouble sa classe. Â la fin de 5 chaque année il y a im examen de passage. S'il réussitj il entre dans la classe supérieiu*e. Tous les trois mois, rélève reçoit un bulletin trimestriel. S'il est travailleur il reçoit \m bon bulletin; s'il est paresseux, son bulletin est mauvais. C'est au père de l'élève que le bulletin est lo adressé.
Les professeurs et les professeurs-adjoints enseignent au lycée. Ils forment le personnel enseignant. Tous les professeiu^ du lycée ont suivi les cours de l'irniversité. Chaque classe a un professeur principal. Le direetem* 15 du lycée s'appelle proviseur. Avant de quitter le lycée^ les élèves passent un examen: le baccalauréat. S'ils sont reçus à cet examen, ils sont bacheUers et les portes, de l'université leiu* sont ouvertes: le lycéen devient étudiant.
L'université
On étudie à l'irniversité la philosophie, les langues, 20 l'histoire) les mathématiques, les sciences, naturelles,, la médecine et le droit. Tous ceux qui sont, âottis du lycée bacheliers ont accès^ à l'université. L'irniversité a quatre facultés: la faculté des lettres, des sciences, de droit et de médecine. Ceux qui veulent devenir professeurs étudient 25 à la faculté des lettres ou des sciences; ceux qui veulent devenir avocats étudient à la faculté de droit; et les futurs Biédecins v<mt à- la faculté de médecine.
Le nouvel étudiant doit se faire immatriculer^ c'est à dire qu'il doit donner son nom, son adresse, indiquer les études qu'il veut faire, présenter son diplôme de bachelier et payer ime somme très minime.
6 Dans le vestibule de l'université il y a des affiches. Ces affiches portent la liste des conférences et indiquent les noms des professeurs. Le nouvel étudiant choisit les conférences qu'il va suivre. Il peut suivre toutes les conférences qu'il veut. Les conférences se donnent dans des
10 salles de conférences ou dans des amphithéâtres. Le professeur est assis dans sa chaire; les étudiants sont assis sur des bancs et prennent des notes. L'étudiant peut assister à la conférence ou n'y pas assister, comme il lui plaît. Les études à l'université diu^nt de trois à six ans. A la fin
16 de ses études, l'étudiant se présente à l'agrégation. S'il est reçu à l'agrégation, il est reconnu agrégé par décret du ministre de l'instruction publique.
Les étudiants ne travaillent généralement pas beaucoup la première année: ils vont rarement aux conférences. La
20 discipline était en effet assez sévère au lycée, mais on est entièrement libre à l'université.
Chez le marchand de chaussures
On achète chez le cordonnier des souliers de dames, des souliers d'hommes, des souliers d'enfants, des souliers vernis, des escarpins, des souliers à semelle de caoutchouc 25 et des pantoufles. Souliers et pantoufles s'appellent aussi chaussures. Il y a des étagères le long des murs. Sur les étagères il y a des bottes et dans les bottes des chaussures. Sur chaque botte il y a im numéro, le numéro de la chaussure. Ceux qui ont le pied petit chauasent un
petit numéro; ceux qui ont de grands pieds chaussent un grand numéro. Au milieu du magasin se trouve le comp^ toir. Il y a des chaises et des tabourets devant le comptoir. Derrière le comptoir se tient le vendeur. Quand un acheteur entre dans le magasin, le vendeur lui fait im 5 charmant sourire et lu: dit: «Que désire Monsieur?»
Si un acheteur veut s'acheter ime paire de chaussures, il faut qu'il s'asseye sur une chaise devant le comptoir. Puis il lui faut enlever im soulier. Le vendeur prend alors une mesure et mesure le pied de l'acheteur. Puis il lo va à une des étagères et y prend une boîte. Il sort de la boîte ime paire de chaussures. L'acheteur essaie alors la paire de chaussures. Si les souliers ne sont pas assez grands, il lui faut en essayer ime seconde paire. Il trouve enfin une paire qui lui va. Il en demande le prix et paie. 15 Si le prix est très élevé, il lui arrive de dire: «C'est trop cher pour moi; ne pouvez-vous pas me laisser ces souliers meilleur marché?» «Non, je regrette beaucoup,» répond le vendeur, «nous vendons à prix fixe.» Le vendeur empaqueté les souliers et l'acheteur quitte le magasin. 20
Derrière le magasin il y a im atelier. C'est là qu'est assis le cordonnier qui raccommode les chaussures. Lorsque les talons sont usés, il les répare; si la tige est usée, il y met une pièce; s'il manque un bouton, il en coud im nouveau. 25
Chez le docteur
Le docteur Dujardin est assis dans son cabinet de consultations. Il a consultation de trois à quatre heures. Les consultants sont assis au salon d'attente. L'un a mal à la tête, un autre a des maux d'estomac, le troisième
38 FBENCH LIFE
a mal à la gorge, le quatrième a mal au dos. Ils ont tous mal quelque part; chacim a une maladie différente et tous disent: «C'est ma maladie qui est la plus grave.» Le docteur Dujardin est assis à son biu'eau. Un honmie 5 entre dans le cabinet de consultation. Le docteur lui tâte le pouls. Puis il dit: «Montrez-moi la langue.» «Hem,» dit-il ensuite, «votre pouls bat im peu vite et votre langue est chargée. Âvez-vous mal à la tête?» «Mal à la tête?» répond Thomme, «non.» «Dormez-vous
10 bien?» demande le docteiu*. «Oui, très bien,» dit Thomme. «Avez-vous des éblouissements?» continue à lui deman* der le docteur. «Des éblouissements?» répond l'homme, «non, je n'en ai pas!» «Où souffrez-vous donc?» lui demande le docteur. «Où je souffre?» dit l'homme, «mais je
15 ne souffre pasi» «Pourquoi êtes-vous ici alors?» demande
finalement le docteur. «Je suis agent de la Prudence,
notre société est la meilleure ...» Il n'en dit pas plus! «A
la porte!» s'écrie le docteur; «au suivant, je vous prie.»
Le suivant doit aussi montrer la langue, le docteiu* lui
20 tâte le pouls et lui prescrit \me médecine. Et cela continue ainsi jusqu'à la fin de la consultation. Le docteur monte alors dans sa voiture et fait ses visites, ses visites de malades. Il a \me clientèle considérable, il a beaucoup de malades à traiter. L'im a la rougeole, un autre la
25 diphtérie, im troisième la typhoïde, un quatrième le choléra, im cinquième la tuberculose, \m sixième la fièvre scarlatine, etc. Le pauvre docteur ne revient chez lui que tard le soir. Voici alors que le téléphone sonne. Quelqu'un s'est cassé la jambe. Il faut que le docteur vienne
80 aussitôt. Le docteur accourt. Les docteurs sont les bienfaiteiu*s de l'humanité.
A la poste
La poste se trouve Place de la Poste. La poste est un bel édifice spacieux. Elle a trois étages. Au-dessus de l'entrée se voit cette inscription: Bubeau National des Postes et Télégraphes. Il y a une grande salle au milieu de Tédifice. A droite de la salle il y a beaucoup de s guichets et derrière chaque guichet est assis un employé. Au-dessus d'un des guichets on Ut: Vente de Timbres. Il y a des timbres d'im centime, de deux, de trois, de quatre, de cinq, de dix centimes, etc. On peut aussi acheter ici des cartes postales. Une carte postale coûte lo dix centimes, comme les lettres. Pour dix centimes on peut envoyer une carte jusqu'en Chine. Au-dessus d'un second guichet, on lit: Lettres Recommandées. Quand im père veut envoyer de l'argent à son fils, il va à ce guichet et dit: «Voulez-vous me recommander cette let- i6 tre?» Une lettre recommandée coûte 35 centimes pour la France et 50 pour l'étranger. On lit au-dessus d'im troisième guichet: Poste Restante. Les étrangers qui voyagent en France reçoivent leurs lettres poste restante. Ils vont à ce guichet et disent: <(Avez-vous des lettres 20 pour Durand?» «Oui,» répond l'employé de la poste, «j'ai quatre cent lettres pour Durand. Quel est votre prénom?»
Il y a d'autres guichets plus loin: le guichet du télégraphe, où on peut envoyer des télégrammes, et celui des 24 échantillons, où l'on peut envoyer de petits paquets. Il y a des pupitres au milieu de la salle. Ceux qui ne veulent pas écrire chez eux peuvent écrire leurs lettres à la poste. Il y a des boîtes aux lettres partout dans la ville. Les bottes
aux lettres sont souvent vidées; les lettres sont timbrées à la poste. Le facteur distribue les lettres; le camion postal apporte les colis postaux. Le service postal est assuré par le ministère des postes et télégraphes.
Letiiéatre
5 Le théâtre est un très grand édifice. Il est bâti en pierre et en fer. Il est donc à Tabri de Tincendie. L'édifice comporte deux grandes et beaucoup de petites salles. Les spectateiu*s sont assis dans une des grandes salles. C'est la salle de spectacles; l'autre grande salle sert aux
10 acteurs et s'appelle la scène. Entre la scène et la salle de spectacles se trouve le rideau. Le rideau est levé quand la représentation commence, il s'abaisse quand la représentation est terminée. L'orchestre se trouve devant la scène. Le chef d'orchestre est debout devant son pupitre.
15 II y a deux mille places dans la salle de spectacles. En bas de la salle se trouve le parterre; les loges sont de côté. Le premier étage s'appelle la première galerie, le deuxième étage la deuxième galerie. Le troisième étage la troisième galerie; la galerie supérieure, sous le toit, s'appelle popu-
20 lairement le poulailler.
A l'entrée du théâtre se trouve la caisse. Celui qui veut aller au théâtre va â la caisse prendre un billet. Il prend ou bien un billet de parterre ou bien un billet de première galerie. S'il n'est pas riche, il achète un billet de
25 troisième galerie ou va au poulailler. Une affiche est suspendue près de la caisse, c'est l'affiche théâtrale. L'affiche théâtrale indique ce qu'on donne au théâtre. On donne aujourd'hui une comédie: le Mariage de Figaro. On
donnera une tragédie demain: Hemani; après-demain, ce sera un mélodrame, et samedi im opéra: Carmen. Quelques pièces ont trois actes, d'autres quatre, d'autres cinq. Le temps qui s'écoule entre les actes est l'entr'acte. Pendant- l'entr'acte, beaucoup de spectatexu^ vont au 5 foyer ou au buffet. Le lendemain de la représentation, le critique théâtral dit dans le journal: «L'acteur Lambert a fort mal joué.»
Le photographe
Le photographe habite à l'étage supérieur. C'est là que se trouvent son appartement particulier, son atelier et lo sa chambre noire. L'atelier de photographie est très joli. Le toit de l'atelier est entièrement vitré. Aussi l'atelier est-il aussi clair qu'à l'air libre. On peut y voir les plus beaux paysages, des montagnes, des villages, des fleuves, des cascades, des forêts, des jardins et des arbres fruitiers 15 en fleurs. On peut voyager plus rapidement dans l'atelier qu'en chemin de fer. On dit au photographe: «J'aimerais poser aux bords du Rhône!» A peine a-t-on compté jusqu'à trois que déjà l'on se trouve transporté aux bords du Rhône. Ou bien l'on dit: «J'aimerais être photographié 20 dans ime vieille ruine,» et en un tournemain on est transporté dans ime vieille ruine. Sans doute le Rhône est en toile et la ruine en carton, mais cela ne se verra pas sur la photographie.
L'appareil photographique est au milieu de l'atelier. 25 L'appareil est recouvert d'im grand drap noir. Quand quelqu'im sç fait photographier, le photographe met la tête sous le drap, et dit: «Tournez la tête un peu à droite, s'il vous platt. C'est celai Restez, s'il vous platt, bien
immobile quand je compterai jusqu'à trois. Ayez l'air souriant, je vous prie. C'est parfait! Alors . . . un, deux, trois! . . . Vous n'êtes pas resté immobile; vous avez bougé. Il faut que je prenne un autre cliché.» Il prend donc un
6 second cliché, il compte de nouveau, on prend de nouveau un air souriant, et on reste de nouveau immobile.
Quand le photographe a pris son cliché, il va dans la chambre noire; c'est là qu'il développe le négatif. Quand le négatif est sec, il en prend une copie. Vous voilà sur
10 la photographie, c'est votre vivant portrait. On a le visage souriant, et l'on est complètement immobile. «La photo est bien réussie,» disent nos amis; mais nous disons, nous: ((Oui, elle est bien réussie, mais la bouche est un peu trop grande.»
Le tailleur
16 Si l'on a besoin d'im nouveau complet, on va chez le tailleur. Le tailleur a un magasin et un atelier. C'est dans le magasin que sont les étoffes pour des complets neufs. Il y a des étoffes de laine, de coton ou bien encore de coutil. Il y a des étoffes légères et des étoffes épaisses,
20 des étoffes claires et des étoffes foncées, des étoffes unies et des étoffes rayées, des étoffes à carreaux, etc. Le tailleur présente les étoffes, le client s'en choisit une. Le tailleur demande: ((Quel habit désirez-vpus? jaquette ou redingote?» Puis le tailleur prend mesure.. ((Voulez-vous
25 votre gilet ample ou serré? Voulez-vous le pantïdon
ample ou collant? Le pantalon ample est très à la mode.
Combien de poches désirez-vous? Veuillez venir essayer
demain.»
Le taiUeiu* passe alors, à l'atelier et taille l'étoffe^ Il
découpe les emmanchures et coud les boutons. Il coud quatre boutons à l'habit et cinq au gilet. Puis il met la doublure: il double Thabit et le gilet. Le client revient le lendemain pour essayer le complet. Le complet lui va bien. Le complet est achevé quelques joxu^ plus tard. 5 Le tailleur écrit sur la note: «Complet sur mesure, 100 francs.» Le client paie et le tailleur acquitte la note. Il écrit sur la note: «Acquitté, Coupon, tailleur.»
En été, nous portons un complet d'été. En autonme, nous portons un complet d'autonme. Nous portons en 10 hiver im complet d'hiver et im pardessus, un pardessus d'hiver. Nous portons au printemps un complet de printemps.
Je n'achète jamais de vêtements de confection. Les habits confectionnés sont meilleur marché que les habits 15 BUT mesure, mais les habits siu* mesure vont mieux que les habits confectionnés. Je vais bientôt me faire faire un complet d'été et im pardessus d'été. Mais j'irai chez le tailleur Léon: le tailleur Léon fait crédit!
Le travail manuel
Le cordonnier, le tailleur, le menuisier, le chaudronnier, 20 le vitrier, le maçon, et le peintre en bâtiments exercent un travail manuel. Ils gagnent leiu* argent avec le travail de leurs mains.
Le cordonnier ou savetier a un atelier. C'est là qu'il raccommode les vieilles chaussiu*es et en fabrique de 2â nouvelles. Ses outils sont le marteau, l'alêne, le couteau et la forme. Il coupe le cuir avec le couteau, enfonce les clous dans les talons avec le marteau, fait des trous dans
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le cuir avec Talène, et c'est s\ir la forme qu'il raccommode les chaussures.
Le tailleur fait des habits. Il mesure l'étoffe avec le mètre, coupe l'étoffe avec les ciseaux, coud l'étoffe avec 5 une aiguille et du fil, et repasse le nouvel habit avec le fer à repasser.
Le menuisier fait des tables, des chaises, des armoires, et autres meubles. Il scie le bois avec la scie, et le rabote avec le rabot; il colle les planches avec de la colle forte, et 10 enfonce les clous avec le marteau.
Le chaudronnier fait toutes sortes de choses en zinc. Si le robinet de la cuisine ou la gouttière sur le toit ont im trou, il rebouche le trou en le soudant. Ses instruments sont les ciseaux à zinc, le chalumeau et le fer à souder. 15 Quand ime vitre est cassée, on appelle le vitrier. Il apporte un morceau de verre et un diamant de vitrier. Il coupe le verre avec un diamant, puis il pose la nouvelle vitre.
Le maçon construit les murs d'une maison. Ses outils 20 sont la truelle et le fil à plomb. Il se sert de la truelle pour poser le mortier sur les briques; le fil à plomb lui sert à vérifier si le mur est bien perpendiculaire.
Le peintre en bâtiments peint les fenêtres, les portes et les parquets avec de la peinture. Il a un pot de peinture 25 et im pinceau.
Quiconque veut devenir travailleur manuel, c'est à dire artisan, doit être apprenti trois ou quatre ans; puis il devient compagnon, et quand il est demeuré compagnon pendant quelques années, il devient maître-cordonnier, ou ao maître-tailleur, ou maître-menuisier, ou maître-chaudronnier, ou maître-vitrier, ou maître-maçon, ou maître-peintre.
A la caserne
Tous les Français doivent être soldats. La plupart des Français deviennent soldats quand ils ont vingt ans. Mais ils peuvent se faire ajourner, c'est à dire ne faire leur service militaire que deux ou trois ans plus tard. Tous les soldats servent trois ans, sans exception. Seuls 5 les Français les plus instruits, ceux qui passent par les grandes écoles du gouvernement (Ecole polytechnique, Ecole normale supérieure. Ecole des mines, etc.) ont le privilège de servir leurs deux dernières années comme sous-lieutenants. Les soldats habitent à la caserne, les lo sous-lieutenants et autres officiers habitent en vîUe. Tous les soldats ont im uniforme. L'uniforme se compose d'im pantalon, d'ime tunique, d'ime capote, d'un képi ou d'un casque, d'un sabre ou d'une baïonnette pendus au ceintiu*on. Tous les soldats ont aussi im fusil. Les soldats i5 vont tous les jours à l'exercice. Ils s'exercent siu* le champ de manœuvres. Il y a toujours, devant la caserne et devant la maison du général de corps d'armée, un soldat qui fait les cent pas. Il a le fusil sur l'épaule. Il monte la garde. Tous les soldats doivent monter la garde deux 20 heures. La sentinelle est relevée toutes les deux heiu*es. Chaque année il y a de grandes manœuvres. Le ministre de la guerre assiste souvent aux grandes manœuvres. La discipline est très sévère dans l'armée française. Ceux qui n'obéissent pas sont envoyés à la salle de police; les 25 déserteurs sont mis en prison.
Un bon soldat peut devenir sous-officier. Ne deviennent officiers que les élèves sortant des écoles militaires ou des grandes écoles du gouvernement. Les élèves sortant des
écoles militaires sont d'abord nommés sous-lieutenants, puis lieutenants, puis capitaines, puis conmiandants, puis colonels, puis généraux. Le président de la République est le chef suprême des armées françaises de terre et de 6 mer.
L'armée française compte 700,000 horomes en temps de paix; ce serait 3 millions en temps de guerre.
Silhouettes connues
On voit partout des agents de police. Voici un agent, en voici un autre, en voilà im troisième. On les voit par-
10 tout, avec leurs képis galonnés, et les boutons blancs de leurs uniformes foncés. Que fait l'agent de police? Il se promène de long en large, il regarde autour de lui, de droite à gauche et de gauche à droite. ((Pardon,)) dit un étranger, ((pourriez-vous me dire où est l'Hôtel de ville?»
15 — «Allez tout droit, puis tournez à droite, ensuite tournez à gauche, puis de nouveau tout droit,» répond l'agent. Quand un méchant homme a volé, les passants s'écrient: «Au voleur!» L'agent arrête le voleur et le mène au poste de police. Quand un cheval tombe et se casse une patte,
20 l'agent intervient et dit: «Le cheval s'est cassé ime patte!» Le facteur passe le matin à neuf heures, à midi, l'aprèsmidi à trois heures, et le soir à six heures. Il porte ime grande boîte en cuir. Il y a dedans beaucoup, beaucoup de lettres. Parmi elles, il en est ime de notre mère. Elle
25 est gaie et bien portante et elle espère que son cher fils est lui aussi gai et bien portant. Voici ime lettre de notre père. «Ne dépense pas trop d'argent,» écrit notre père. Voici une lettre de notre tante. «Merci, mon cher enfant.
pour tes belles fleurs,» écrit notre tante. Puis voici une lettre d'un fiancé. Le mariage aura lieu la semaine prochaine. Voici aussi une lettre bordée de noir. Notre grand'mère est morte. Tout cela, le facteur l'apporte dans sa boîte de cuir. Il apporte dans sa boite le bonheur 5 et le malheur, la joie et la tristesse, la pluie et le beau temps, et il ne le sait pas lui-même!
Le soir, quand il fait sombre, im homme passe avec ime longue perche. Il allume les réverbères. Les rues deviennent silencieuses, les honmies rentrent dans leurs maisons. 10 Toute la famille est bientôt réunie autour du souper. Puis chacun raconte quelque chose sur sa journée, des choses tristes et des choses gaies. La nuit arrive et l'on va se coucher. Tout cela, c'est l'œuvre de l'allumeur de réverbères, et il ne le sait pas lui-mêmel 15
La nouvelle bonne
La nouvelle bonne est arrivée. Une annonce a paru dans le journal du soir: «On cherche ime servante capable, avec de bons certificats. Elle doit savoir laver et repasser et s'entendre un peu à la cuisine; quarante francs de gages par mois, bonne nourriture, liberté du dimanche; s'adresser 20 chez M. René Moulin, 27 Rue Thiers, entre sept et huit hem-es du soir.» Quatre ou cinq servantes se sont présentées. L'une était trop âgée, l'autre trop jeime, la troisième trop fine, la quatrième trop sotte. La cinquième est enfin la perle rêvée! Agée de vingt-cinq ans, elle était 25 vêtue proprement et simplement, elle avait de très bons certificats, et donnait des réponses poUes et précises. «Pourquoi avez-vous quitté votre dernière place?» lui
avait demandé Madame Moulin. «Il y avait trop d'enfants dans la maison,» avait-elle répondu. «Il n'y a pas d'enfants chez nous,» avait assuré Madame Moulin, et la nouvelle bonne était entrée en service chez les Moulins.
5 Que doit faire la nouvelle servante? Elle doit se lever de bon matin, à six heures. Puis elle nettoie la salle à manger et met la table pour le petit déjeimer. Elle fait ensuite le café et réveille ses maîtres. Après le déjeuner, elle balaie la chambre et époussette. Puis elle va au
10 marché, et passe chez l'épicier et le boucher en allant à la poste. Quand elle revient, elle doit aider Madame Moulin à faire la cuisine. Monsieur Moulin revient à midi et on se met alors à table pour déjeuner. Après le déjeuner, la servante dessert la table et essuie la vaisselle. Elle monte
16 à sa chambre un peu plus tard dans l'après-midi et change de toilette. Elle a maintenant ime petite heure de repos. Elle l'emploie à écrire des lettres ou à faire un ouvrage de dames. Mais il est bientôt temps de songer au dîner. Voici qu'il faut de nouveau mettre la table, et de nouveau
20 laver la vaisselle après le repas. Le travail de la journée est enfin terminé. Pardon! Il y a encore une chose à faire: il faut cirer les chaussures, et le manteau de Madame Moulin est tout couvert de poussière: il faut encore le brosser. Elle a enfin terminé à dix heures: à présent, elle
20 peut aller se coucher.
La nouvelle servante est toujours de bonne humeur en travaillant. Elle chante en lavant la vaisselle et en mettant la table, en balayant, en époussetant et en cirant les chaussures. Elle chante de si bon cœur tous les limdis,
30 en lavant et repassant, que c'en est \m plaisir de l'entendre. Toutes les servantes ont leur carnet de retraite. Ce
carnet indique les sonunes versées pour la retraite par la servante et ses maîtres. Grâce à ce carnet, elle aura de quoi vivre quand elle sera trop vieille pour travailler.
Quand une bonne n'est pas contente de ses maîtres, ou que ses maîtres ne sont pas contents d'elle, elle donne 6 congé à ses maîtres, ou ses maîtres lui donnent congé. On doit donner congé au moins huit jours à Tavance. Le maitre ou la maîtresse lui donnent alors im certificat: «Honnête et laborieuse,» ou «Très satisfaisante,» ou autre formule semblable. lo
Au parc
On entre au parc par deux grandes portes. Il y a partout des fleurs épanouies, des arbres ombreux, des buissons verts et de belles et grandes pelouses. Des cygnes et des canards nagent sur le lac. Les gens sont aux bords du lac et donnent à manger aux bêtes. Us jettent du pain i5 et des miettes de gâteaux dans Teau. Une large allée fait le tour du lac. Si Ton suit cette allée, on arrive à \m endroit où il y a beaucoup de bateaux de location. Ceux qui savent ramer louent un bateau et vont ramer sur le lac. ao
On voit dans ime autre partie du parc de petites maisons avec des parois et des toits de verre. Ce sont les serres. Les serres sont chauffées en hiver, sans quoi les plantes tropicales gèleraient. On trouve ici des plantes des régions tropicales, des palmiers, des figuiers, des orangers et des 25 citronniers.
Non loin des serres, il y a une grande roseraie. Les plus belles roses fleurissent ici: des roses simples, des roses
50 FEENCH LIF£
doubles, des roses de France, des roses-thé, des roses mousseuses et des roses de Provins.
n y a un grand terrain de sports à l'autre bout du parc. Le jeudi et le dimanche, jours de vacances dansdes lycées
6 et les écoles, on y voit des centaines de jeimes gens et de garçons. Quelques-uns jouent au tennis sur les terrains de tennis. D'autres, plus nombreux, s'entraînent à jouer au foot-ball. Les uns jouent au rugby, les autres à l'association. Plusieurs ont organisé ime course de vitesse.
10 Les personnes plus âgées sont attablées à de grandes tables, non loin de la jeunesse. Un garçon court d'une table à l'autre. Il apporte à l'un du café, à l'autre du thé, au troisième une bouteille de champagne. La musique militaire joue des airs connus dans im kiosque voisin. Le
15 concert se termine toujours par la Marseillaise.
L'anniversaire
L'anniversaire est im jour de fête pour petits et grands. Celui qui entre dans sa dixième année se réjouit de n'être plus dans sa neuvième; celui qui entre dans sa vingtneuvième se réjouit de n'être pas encore dans sa trentième.
20 On reçoit des cadeaux à chaque anniversaire. Tout le monde donne quelque chose à l'heureux mortel dont on célèbre l'anniversaire; les uns donnent beaucoup, les autres peu. Les cadeaux sont placés tous ensemble sur une table. Au milieu de la table se dresse le gâteau acheté
25 en l'honneur. de l'occasion. Aux petits enfants on donne des jouets; aux grandes personnes on donne des choses utiles: des livres, des encriers en argent, des mouchoirs, du papier à lettre, une montre, et autres objets analogues.
On présente des vœux d'anniversaire. On dit: «Mes vœux les meilleurs,» ou «Tous mes souhaits!» ou «Tous mes vœux de bonheur à Toceasion de votre anniversaire.» Il est permis d'embrasser un parent le jour de son anniversaire. La personne ainsi comblée de cadeaux remercie 6 à la ronde pour les vœux et pour les cadeaux. Elle dit: «Mon cher oncle, tous mes remerciements pour la belle montre.» Quand l'oncle est parti, elle dit : «Zut! la montre est en nickel!»
On donne souvent im dîner d'anniversaire. On y invite lo les parents, les amis et les connaissances. Chacim apporte ses vœux et son cadeau. Si c'est un enfa»t qui a son anniversaire, on invite ses petits amis. Mon ami m'a récemment montré ime invitation que je lui avais envoyée quand j'étais petit garçon. «Maurice Porée invite son cher ami is Georges Chaux A une matinée d'enfants pour mercredi prochain. N'apporte surtout pas dç balle, car ma tante m'en donnera ime. Apporte plutôt im cheval à bascule.»
Noël et lé Nouvel An
La plupart des familles françaises fêtent Noël. La veillée de Noël est le 24 décembre. Noël est le 25 décem- 20 bre. La bûche de Noël flambe dans toutes les maisons la veille de Noël. L'arbre de' Noël brille. Beaucoup de jolies^chpsessont suspendues à l'arbre de Noël: des pgup^s de sucre, des pommes et des noix doréQS> etc.. Un ange plane tout en haut. Une bougie allumée est attachée à ^ chaque branche de l'arbre de Noël.
Les cadeaux sont au pied de l'arbre de Noël. Il y a là des jouets pour les petits garçons et.leç.petites filles,. des
livres et autres objets utiles pour les grandes personnes. Les enfants chantent des noêls et jouent avec leurs jouets. L'un a une belle poupée, l'autre a une belle grosse balle; le troisième a tout un régiment de soldats de plomb. Les
5 parents sont assis sur le sofa, heureux du bonheur de leurs enfants. «Joyeux Noël!» entend-on de tous côtés.
Le jour de Noël, on met ses meilleurs habits et l'on va à l'église. Les cloches de Noël sonnent tout en haut de la tour, et le prédicateur prêche dans l'église: «Gloire soit
10 à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre et bonne volonté envers les hommes!»
L'ancienne année finit le 31 décembre. La nouvelle année commence le !•' janvier. Le 1®' janvier est le premier jour de la nouvelle année, le 2 janvier en est le
16 second. Le 31 décembre est la Saint-Sylvestre. On fête aussi la Saint-Sylvestre dans la plupart des maisons françaises. Il y a im grand banquet le soir. On choque les verres à minuit, et de tous côtés on entend: «Bonne nouvelle année!» Les cloches de l'église sonnent, et l'on
ao célèbre la messe de minuit dans la nef. Beaucoup de personnes ont mal à la tête le 1*' janvier: cela provient de la grande agitation.
Le déménagement
Pourquoi les gens déménagent-ils? la vieille maison est trop vieille, il y a trop de souris dans la vieille maison, la 36 vieille maison est trop petite, la vieille maison est trop chère, la vieille maison est trop bon marché, la vieille maison est trop grande, le voisin est trop grossier, les enfants du voisin ne sont pas assez propres, la vieille
maison est trop humide, la vieille maison est trop loin du centre des affaires, la vieille maison est trop sombre.
Le 24 juin est le grand jour du déménagement. Le père, ou la mère, ou tous deux s'y prennent deux mois à l'avance pom* chercher une nouvelle maison. La première 6 maison qu'on leur propose est trop chère, la seconde est trop bon marché, la troisième trop grande, la quatrième trop petite, la cinquième trop sombre, la sixième trop éloignée du centre des affaires. Enfin, la septième est la bonne. Mais 7 est im mauvais nombre. La huitième est lo parfaite: elle a deux grandes chambres à coucher, ime très grande salle à manger, im beau salon bien clair, un jardin de devant et im jardin derrière.
Le 24 juin arrive. La voitiu'e de déménagement arrive le matin de bonne heure. Les déménageurs sortent le lô mobilier de la maison. «Attention!» s'écrie l'un des déménageurs, et il brise la grande glace. «Attention!» s'écrie notre père, et il se cogne la tête contre la porte. «Fais donc attention!» s'écrie notre mère et elle laisse tomber toute une pile d'assiettes. «Maman, il y a ime 20 souris morte sous la table à toilette!» s'écrie Pierre, et il marche sur le pied de la bonne. «Sapristi!» s'écrie le père de famille, «voilà qu'il pleut! Mettez donc une couvertiu'e sur la table!» — «Quelques gouttes de pluie ne feront pas de mal à la table!» dit im des déménageurs, et 25 il renverse en même temps la grande lampe. Et ainsi de suite jusqu'à ce que tout le mobilier soit dans la voiture de déménagement.
 sept heures du soir, tout est de nouveau en place. La nouvelle demeure est fort belle, bien plus belle que 30 l'ancienne. Le docteur est là depuis plus d'une demi-
heure déià. Notre père a une compresse froide sur la tête, notre mère a les dix doigts bandés, la bonne ne peut pas marcher et devra rester trois jours au lit. Pierre doit prendre trois tasses de camomille, car il a trop mangé. 6 Pourquoi diable déménage-t-on?
A la campagne
Pourquoi va-t-on à la campagne? On va à la campagne pour se reposer, ou pour manger des œufs et du beurre frais, ou pour boire du lait frais, pour respirer de Tair frais, ou parce que le docteur l'a ordonné, ou parce que
10 c'est bon pour les enfants. La famille va à la campagne
dès que conmiencent les vacances d'été. «Vive la vraie
nature!» s'est écrié notre père, et tout le monde répète:
«Vive la vraie nature!»
On va à pied à la gare. La marche est im bon exercice,
15 a dit le docteur. «Vive la nature!» répète notre père et il achète des billets de troisième classe. Il n'y a plus de place dans ce compartiment, on s'assied donc dans le couloir, chacun sur im paquet. Le père est assis sur im sac de voyage, la mère sur une valise, Pierre est assis sur
20 le panier aux sandwichs, Frédéric sur le panier qui contient les œufs durs et le lait. Henri est debout près de la portière. Le chef de gare siffle, le train part. «Vive la campagne, vive le grand air, vive la vraie nature!» s'écrie le père de famille. C'est im défilé de villages, de prairies
25 et d'arbres par la portière. La poussière vole dans le compartiment. Henri attrape une poussière dans l'oeil, la mère est prise d'un éblouissement, les enfants ont faim^ Le père ouvre le panier aux sandwichs, mais Pierre s'est
assis sur le panier. Les deux douzaines de sandwichs ne forment plus qu'un seul énorme sandwich. La mère ouvre le panier sur lequel Frédéric s'est assis et qui contenait les œufs . . . jadis! Le lait est devenu du beurre. Henri pleure parce qu'il a ime poussière dans l'œil, Pierre et s Frédéric beuglent comme des veaux, parce qu'ils n'ont rien à manger et que leur père leur a donné ime gifle! Le père grogne; la mère dit: «Cesse donc de grogner!» Le père dit aux enfants: «Cessez donc de beugler!» Le train secoue furieusement; les roues courent follement sur les lo rails et il semble qu'elles chantent ce refrain: «Vive la campagne! Vive la nature, la vraie nature!»
Poètes français
Corneille, Racine, La Fontaine et Victor Hugo sont des poètes français. Ils ont écrit des poésies, des drames et des œuvres en prose. Presque tous les Français ont lu i6 lem« œuvres, et tous les écoliers français savent par cœur des passages de leiu^ poésies.
Pierre Corneille naquit à Rouen en 1606. Avocat de profession, il préféra écrire des tragédies. Les plus belles et les plus célèbres de ses tragédies sont: le Cid, Horace, ao Cinna, Polyeude. Il mourut fort pauvre en 1684.
Jean de la Fontaine (1621-1695) naquit à Château- Thierry. Il s'est immortalisé par ses Fables, que tout le monde devrait savoir par cœur. On l'a surnommé «l'Homère de l'écolier français.» Quelques-imes de ses 25 plus jolies fables sont: le Corbeau et le renard, le Loup et V agneau, le Chêne et le roeeau, la Laitière et le pot au lait, etc.
Jean Racine (1639-1699) est né à la Ferté-Milon. C'est le plus parfait des poètes tragiques français. Il a écrit une comédie très amusante: les Plaideurs, et de nombreuses tragédies: Andromaque, BritannicuSy Iphigénie,
5 Phèdre; enfin Esther, et Athalie, composées à la prière de Madame de Maintenon pour les demoiselles de Saint. Cyr. Sa correspondance, avec ses amis et avec son fils, n'est pas la partie la moins intéressante de son œuvre.
10 Victor Hugo (1802-1885) né à Besançon, est le plus grand poète français du XIX« siècle. Son œuvre est inmiense. Il nous suflSra de mentionner, parmi ses recueils de poésies: les OrierUales, les Feuilles d^ automne, les Contemplations, la Légende des siècles; parmi ses drames:
16 CromweU, Hemani, Ruy Bios, les Burgraves; parmi ses œuvres en prose: Notre-Dame de Paris, Us Misérables, Histoire d'un crime. Victor Hugo, proscrit sous le règne de Napoléon III, se retira dans Tlle de Jersey, puis à Guemesey. Après le 4 septembre 1870, il vécut à Paris,
20 objet d'un culte universel. La France lui a fait de magnifiques funérailles: son corps repose au Panthéon.
Le bon ton
Rappelez-vous, mon cher ami, le proverbe: «Autre payB,
autres mœurs.» Ce qui est la coutume en Amérique n'est
pas nécessairement la coutume en France. Vous partez
25 maintenant pour la France et j'en profite pour voua
raconter différentes choses sur les mœurs françaises.
Si vous rencontrez une connaissance dans la rue, enlevez un moment votre chapeau, même si cette connaissance
est un monsieur. Si vous rencontrez une dame que vous connaissez, n'attendez pas qu'elle vous salue, mais saluez-la le premier. Quand vous entrez dans un magasin où il y a des dames, prenez votre chapeau à la main et ne le remettez qu'en sortant. Si vous sortez dans la rue s avec une dame, laissez-la marcher toujours à votre droite. Nous laissons marcher à notre droite toutes les personnes auxquelles nous devons le respect. Si vous faites une courte visite, gardez votre chapeau et vos gants au saJon; quant à votre pardessus, vous le laissez naturellement dans lo le corridor. Saluez la maîtresse de maison la première. C'est encore la coutume dans un certain monde de baiser la main de la maîtresse d J maison et de toutes les femmes mariées. Dites à la maîtresse de maison: «Madame,» et «Mademoiselle» à sa fille. N'oubliez pas de demander: i6 «Comment va Monsieur votre mari?» «Comment va Monsieur votre frère?» «Comment va Mademoiselle votre sœur?» «Comment va Monsieur votre fils?» «Comment va Mademoiselle votre fille?» Rappelez-vous bien qu'une dame mariée est Madame, et une dame non mariée Ma- 20 demoiselle. Si vous parlez à un enfant, à un parent ou à \m ami, tutoyez-le; mais si vous parlez à des messieurs ou à des dames étrangers, dites-leur: «vous.» Si vous parlez au Président de la République, dites-lui naturellement: «Monsieur le Président.» N'oubliez surtout pas, car, sans 26 cela, le Président vous mettra à la porte du Palais de la Présidence.
Si, dans une soirée, vous désirez faire la connaissance d'un monsieur ou d'une dame, dites à un de vos amis: «Veux-tu me présenter à Monsieur un tel?» ou bien: 30 «Veux-tu, s'il te plaît, me présenter à cette jeune femme?»
Votre ami se dirige alors vers Monsieur un tel ou Mademoiselle ime telle, et leur dit: «Permettez-moi de vous présenter mon ami X.» On dit au moment de la présentation: «Je suis enchanté de faire votre connaissance.» 5 Si quelqu'un vous demande: «Connaissez- vous Monsieur im tel ou Madame ime telle?)) répondez ou bien: «Je n'ai pas encore eu le plaisir,» ou bien: «Oui, j'ai déjà eu le plaisir.» Mais prenez garde de ne pas dire: «J'ai le plaisir de ne pas connaître ce Monsieur ou cette dame.» C'est
^0 peut-être un plaisir, mais il ne faut pas le dire: ce n'est pas
bien élevé! Quand vous désirez vous en retourner chez
vous, vous vous inclinez et vous dites: «Permettez-moi
de me retirer.» '
Vous savez donc maintenant quel est le bon ton en
15 France. Rappelez-vous encore ceci: Homme poli passe partout. Et maintenant, adieu! Je vous souhaite bon voyage. Ecrivez-moi bientôt; au revoir!
Inventions modernes
Le téléphone est une invention pratique. Le professeur afnène un ami à dîner: vite sa femme court au téléphone;
20 elle ouvre l'annuaire du téléphone, et lit à la page 100: «Martin, épicier, N® 20,97.» Elle décroche le récepteur et écoute. Une voix dit: «Allô, allô!» La fenmie du professeur répond: «Allô, le N<> 20,97, s'il vous platt.» La f enune du prof esseiu* attend quelques instants, le
25 récepteur à l'oreille. Voici qu'une voix appelle: «Allô! Martin, épicier; à qui est-ce que je parle?» — «A Madame Lasserre,» réplique la femme du professeur. «Monsieur Martm, voudriez-vous m'envoyer tout de suite une livre
FRSSNCH SKETCHES 59
de beurre, un camembert, et une demi-livre de jambon?» «Certainement, Madame,» répond la voix, «et avec cela?» «C'est tout pour aujoiu'd'hui,» dit Madame Lasserre, et elle repose le récepteur. Oui, le téléphone est une invention pratique. Quand quelqu'un à la maison est malade, 5 on téléphone au docteiu'. Si un incendie éclate à la maison, on téléphone au poste d'incendie. Si un voleur entre dans la maison, on téléphone au poste de police. Quand il y a du pot-au-feu pour déjeuner, on téléphone: «Ma chère femme, je ne pourrai pas rentrer déjeuner, il faut que je 10 reste en ville; je suis très occupé, adieu!»
Le télégraphe est aussi une invention très pratique. Quand on n'a plus d'argent, on va au bureau télégraphique, et on expédie im télégranune: «Monsieur Charles Durand, Bordeaux, 30 rue Gambetta. Prière envoyer aussitôt 16 200 francs. Jambe cassée. Arthur.» «Pauvre Arthur!» dit le papa. Il va alors au bureau télégraphique et expédie aussi un télégramme: «Monsieur Arthur Durand, étudiant, 10 rue de la Sorbonne. Paris. Arriverai demain matin dix heures à Paris avec argent. Papa.» Le télégraphe 20 est une invention très pratique.
Les animaux domestiques
Le cheval, le bœuf, la vache, le chien et le chat sont des animaux domestiques.
Le cheval est un animal très utile. Le cheval de selle porte le cavalier, le cheval de trait traîne les voitures, le 25 cheval de labour traîne la charrue. Le soir après le travail, on ramène le cheval à l'éciuîe.
Le bœuf est aussi im animal fort utile. Il nous donne
sa chair à manger. On fait du cuir avec sa peau et toutes sortes d'objets utiles avec ses cornes.
La vache nous donne son lait. La paysanne va tous
les jours à la prairie ou à Tétable traire la vache. , On fait
6 du beurre et du fromage avec le lait. Quand la vache est
vieille et ne donne plus de lait; on la conduit à l'abattoir.
On mange sa chair et on fait du cuir avec sa peau.
Le chien garde la maison. Si un voleur veut pénétrer dans la maison, le chien aboie. Quand le voleur entend
10 qu'il y a un chien dans la maison, il se dit: «Il ne s'agit pas d'entrer dans cette maison! Je vais essayer la maison suivante, où je crois qu'il n'y a pas de chien.» Le chien est un animal très intelligent et très fidèle. Il reconnaît son maître de loin et comii à sa rencontre.
15 Le chat prend des souris. Il rôde la nuit, quand tout est tranquille dans la maison. Si ime souris sort de son trou et s'aventure dans la salle à manger, le chat se dit: «Non pas, halte-là! Tu es ime bête parfaitement inutile!» Un bond, et la souris est prise.
20 Quand quelqu'un travaille beaucoup, on dit: «Il travaille comme un cheval!» Quand un enfant suit sa mère dans la maison, on dit: «Il suit sa mère comme un petit chien.» Quand quelqu'un est rusé, on dit: «Il est rusé comme un chat!»
Un peu de géographie
25 La France est en Europe. Elle est bornée au nord par la mer du Nord et la Manche, et par la Belgique; à l'est par l'Allemagne, la Suisse et l'ItaUe; au sud par la mer Méditerranée et l'Espagne; à l'ouest par l'océan Atlan-
tique. Les plus grands fleuves de la France sont: la Seine, la Loire, la Garonne et le Rhône. Les plus grandes villes de France sont: Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Rouen, Le Havre, Lille, Nice.
La France est divisée en 86 départements. Les uns 5 portent le nom d'une rivière: la Haute-Loire; les autres celui d'une montagne: les Alpes-Maritimes, etc. Depuis que TAlsace a été prise à la France par TAllemagne, la France a perdu deux départements entiers: le Haut-Rhin et le Bas-Rhin. lo
Les départements sont administrés par im préfet qui habite dans la préfecture ou chef-Ueu du département. Les sous-préfets habitent dans des villes plus petites et n'administrent qu'une partie du département.
La France est une République. Le gouvernement est i6 entre les mains d'un Président de la République, d'ime Chambre des Députés et d'un Sénat. Le Président est élu par les députés et les sénateurs assemblés en congrès à Versailles; les députés sont élus directement, et les sénateurs indirectement, par le peuple. Tous les citoyens qui 20 ont vingt-et-im ans ont le droit de vote: ils sont électeurs. Les hommes seuls ont le droit de vote. Paris est le siège du gouvernement. La Chambre des députés et le Sénat tiennent leurs séances à Paris. C'est à Paris aussi qu'habitent le Président de la RépubUque, les ministres et tous 25 les ambassadeurs des nations étrangères.
La France a 536,000 kilomètres carrés, et ime popular tion de près de quarante millions d'habitants.
Un voyage à travers la France
La France est vingt fois plus petite que les Etats-Unis, mais elle a environ quarante millions d'habitants, c'est à dire à peine trois fois moins qu'eux.
Paris, la capitale et la plus grande ville de la France, a 6 près de trois millions d'habitants. C'est à Paris que se trouvent tous les ministères.
Voyons maintenant combien de temps il faut pour traverser la France en chemin de fer.
Il y a 450 kilomètres de Paris à la frontière allemande:
10 Deutsch-Avricomii. On peut encore prendre son petit
déjeuner du matin à Paris sans se presser. Il suffit de
quitter son hôtel vers huit heures et demie du matin, de
manière à prendre à la Gare de l'Est le train rapide qui
part à neuf heures précises. On déjeune dans le wagon-
16 restaurant peu avant de traverser Nancy, capitale de la
Lorraine. On arrive à la station-frontière d'Avricourt de
bonne heure dans l'après-midi. On passe alors sur le
territoire allemand ou plus exactement sur le territoire
annexé d'Alsace-Lorraine.
20 Le voyage est considérablement plus long, si l'on veut
aller à la Riviera ou Côte d'Azur, sur la mer Méditerranée,
et atteindre la frontière italienne. La ligne fait un détour
pour rejoindre la vallée du Rhône à Lyon, si bien qu'il
faut compter, en tout, près de 900 kilomètres. On peut
25 se coucher en montant dans le train à Paris le soir, et
arriver à Nice ou Vintimille, sur la Côte d'Azur, à temps
pour prendre encore un bain de mer avant déjeuner.
Les riches Anglais qui veulent aller passer une saison sm la Côte d'Azur peuvent quitter Londres le matin de
bonne heure, arriver dans l'après-midi à Paris, trois heures après avoir débarqué à Boulogne-sur-mer, se délasser les jambes sur les Grands Boulevards, et atteindre l'autre extrémité de la France moins de vingt-quatre heures après avoir mis le pied sur son sol. 5
A travers Paris
Les Américains qui veulent passer une partie de leurs vacances à Paris peuvent débarquer en France à Cherbourg, s'ils ont pris uji bateau de la Hamburg-Amerika Line, ou au Havre, s'ils ont pris \m bateau de la Compagnie générale transatlantique. Dans les deux cas, ils voyagent 10 sur le réseau de la Compagnie des chemins de fer de l'Etat français, traversent la pittoresque province de Normandie, et arrivent au terminus de la gare Saint-Lazare. Ils vont vite chercher leurs bagages, les font examiner par les employés des douanes, puis prennent un fiacre qui les 15 conduit à leur hôtel. Les plus beaux hôtels sont situés sur l'Avenue des Champs-Elysées, près de l'Arc de Triomphe de l'Etoile, élevé par Napoléon pour célébrer ses victoires. Comme l'Arc de Triomphe est très haut par lui-même, et qu'il est construit sur une hauteur, il vaut 20 bien la peine de monter au sonmiet et d'admirer le panorama qui se déroule sous les yeux du spectateur. L'on aperçoit d'im côté le Bois de Boulogne, continué par les bois de Saint-Cloud et animé par les méandres de la Seine, de l'autre l'immense cité, avec ses tours, ses clochers, ses 25 palais et sa forêt de toits qui se perd dans la brume^ à l'horizon.
Bedescendu de ce poste d'observation^ Tétranger n'a
que le choix entre les monuments intéressants à visiter: s'il aime les vieilles églises, il court à la cathédrale Notre- Dame et y contemple avec respect les fines sculptures et leâ magnifiques portails; comme il n'est pas loin de la
6 Sainte-Chapelle, située dans Tlle de la Cité, il en profite pour aller lui rendre visite, et il en sort tout ému par les couleurs resplendissantes des vitraux. S'il préfère les musées, il peut satisfaire tous ses goûts en allant passer une après-midi dans le somptueux et historique musée du
10 Louvre. S'il est connaisseur en matière de peintiu*e et de sculpture moderne, il se rendra au Luxembourg, agréablement situé à im bout du jardin public qui porte le même nom. L'amatem* de souvenirs militaires se hâtera d'aller contempler vie tombeau de Napoléon aux Invalides; le
15 professem* ira explorer la Sorbonne, la plus célèbre et la plus vieille des universités du continent; le flâneur qui aime à regarder passer les gens dans la rue, s'attablera à quelque café, en plein air, dans le Quartier latin ou sur les Grands Boulevards. Celui que sa femme a accompagné
20 en Europe, parcourra avec elle les grands magasins du Louvre, du Printemps, ou du Bon Marché, et verra son argent fondre comme par enchantement sous prétexte d'occasions exceptionnellement bon marché. Le fervent de théâtres trouvera qui applaudir siu* la scène de la
26 Comédie Française ou sur celle du théâtre Sarah Bernhardt. Bref l'Américain qui consacre une partie de son temps à Paris pourra difficilement s'y ennuyer; il y recevra bon accueil de la part des Parisiens. Peut-être sera-t-il même légèrem^it mélancoUque quand le moment
5Q viendra pour lui de quitter Pari^.
Au bal
L'avocat Robineau donne un grand bal ce soir. Quarante personnes sont invitées à ce bal. Tous les invités sont en costume de bal. Les dames portent des robes de soirée blanches, des souliers de bal, de longs gants blancs, et des fleurs dans les cheveux. Elles ont un éventail et s quelques fleurs à la main.
Les hommes portent le frac, et le pantalon noir, un gilet blanc, une cravate blanche, des souliers vernis, des gants glacés, et le chapeau haut de forme.
On s'incline en entrant dans la salle de bal, puis on lo salue Madame Robineau et l'avocat son mari. Vous ne tardez pas à échanger quelques mots avec des messieurs et des dames de votre connaissance. Voilà qu'on distribue des carnets de bal. Chaque dame et chaque monsieur en prend im. Le carnet de bal contient tous les noms is des danses: polonaise, polka, polka-maziu*ka, pas-despatineurs, valse, valse-boston, tango et quadrilles. Il y aura ime farandole pom* terminer.
Tous les messieurs qui veulent danser invitent une dame pour chaque danse. Chacun inscrit le nom de sa dame 20 sur son carnet de bal, en regard de la danse promise, et la dame inscrit sur son propre carnet le nom du danseur qui l'a invitée. La musique ne tarde pas à jouer. Chaque danseur va trouver sa danseuse, et s'incline devant elle. La danseuse répond par un sourire et un mouvement de 25 tête, et la danse commence.
Après la danse, le cavalier reconduit sa dame à sa place, et la remercie en s'inclinant à nouveau. La dame répond à ces remerciements d'im mouvement de tête. La musique
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recommence bientôt à jouer, et notre cavalier s'en va chercher la dafnseuse qui lui a promis la danse suivante.
Le danseur doit faire bien attention en dansant: il doit éviter de marcher sur le pied de sa danseuse, car cela fait
5 mal, d'abord; puis c'est impoli; et en troisième lieu c'est très maladroit. Maiâ il n'est pas donné à tous d'être attentionnés, polis et adroits. Si vous avez la malchance de marcher sur la pied d'une jeime fille, dites-lui: «Pardonnez-moi, Mademoiselle! Ça ne m'arrivera plus!»
10 S'il y a plus de danseuses que de danseurs à un bal^ toutes les danseuses ne peuvent pas danser à la fois. Quelques danseuses restent assises sur leurs chaises et regardent les autres danser. On dit que ces danseuses font tapisserie. Mais cela ne se présente jamab chez
15 les Robineaux: les Robineaux invitent toujours autant
d'hommes que de dames. Des rafraîchissements sont
offerts au cours de la soirée, et l'on sert im souper après
la première partie du programme.
A la fin du bal, vous allez trouver M. et M"* Robineau,
20 et vous leur dites: «Permettez-moi de vous remercier bien sincèrement pour l'exquise soirée que je viens de passer.» Le cavalier assez hardi pour cela s'avance vers une dame qu'il a choisie, et lui dit: «Puis-je avoir l'honneur de vous accompagner chez vous?» La dame fait un signe de
25 tête aimable et dit: «Je vous remercie de votre amabiUté, mais je n'ai besoin de personne pour m'accompagner.» Le cavalier a l'air tout sot et s'en retourne tristement et solitairement chez lui.
Les repas
Les familles françaises prennent généralement quatre repas par jour. Le premier repas est le petit déjeuner. Les Français ne mangent pas beaucoup au petit déjeuner. Ils boivent une tasse de café au lait; ou de lait, ou de chocolat, ou de thé avec uji petit pain ou deux et du 5 beurre. Le déjeuner, qui se prend à midi ou midi et demi, est au contraire un repas fort important: on commence par des hors-d'œuvre, ou une omelette, à moins que ce ne soit par des œufs sur le plat, des œufs à la coque, ou des œufs pochés. Un ou plusieurs plats de viande suivent: lo du rôti de bœuf, ou de Tépaule de mouton, ou des côtelettes de veau, ou une grillade de porc avec de la sauce. Les catholiques remplacent la viande le vendredi par du poisson. Puis on sert des légumes: pommes de terre frites ou en robe de chambre, haricots, lentilles, choux- 15 fleurs, carottes, navets, etc. On sert parfois aussi de la salade. Suit im entremets ou plat sucré, tel que crème au caramel, tarte aux cerises ou glace à la vanille. Les amateurs de fromage font précéder le dessert d'im morceau de camembert ou de tout autre fromage. On termine 20 généralement le repas avec des fruits. On a naturellement aussi bu en mangeant: on boit généralement du vin, mais certains préfèrent de la bière ou du cidre. Le repas achevé, on passe au salon pour y prendre le café.
Bien des familles françaises ne mangent plus rien avant 25 le dîner du soir, mais, depuis quelques années, on prend volontiers le thé dans Taprès-midi, ' le «five-o'clock,» comme on l'appelle, avec quelques gâteaux légers.
Les Français soupent assez tard: vers 7 heures et demie
OU 8 heures. La composition du repas est à peu près la même qu'à midi, avec cette différence qu'on commence presque toujours par de la soupe.
On met la table avant le repas. La servante met une
6 nappe blanche sur la table. Elle met à chaque place un couteau, une fourchette, une cuiller à bouche et une cuiller à thé. Elle met aussi une assiette à chaque place, ainsi qu'une serviette: les serviettes sont dans des ronds de serviettes ou dans des poches à serviettes. Puis elle met
10 sur la table la salière, le poivrier, le moutardier, sans oublier l'huilier. Quand la table est mise, elle va à la cuisine et sert les plats, c'est à dire qu'elle met le rôti sur le plat et verse les pommes de terre et Ips autres légumes dans le légumier. Elle a eu soin de chauffer ces plats à
16 l'avaïice, pour que tout arrive chaud sur la table. Quand tout est prêt, elle porte le premier plat sur la table, va trouver la société au salon ou au jardin, et dit: «Madame est servie.» Après le repas, elle apporte au salon le café, les tasses, les soucoupes et les petites cuillers, sans oublier
20 le sucrier.
Dans beaucoup de familles, on fait une prière avant le repas. C'est le plus souvent le père ou im des enfants qui la dit. Celte prière s'appelle: le Bénédicité. A un grand dîner, c'est à dire quand il y a beaucoup
26 d'invités, la table est décorée. La maîtresse de maison sort son plus beau linge de table, et son plus beau service en porcelaine. Chaque invité offre son bras à une dame pour passer à la salle à manger: ils sont voisins de table. Le repas est servi par im ou plusieurs domestiques.
80 Quelqu'un se lève pour porter im toast. Quelqu'un d'autre se lève pour remercier par un autre toast. Il y a
beaucoup de plats dans un grand dîner. On peut en voir les noms sur le menu qui se trouje à chaque place. Le repas est divisé en services. Il y a souvent huit ou même dix services à un grand dîner. Quand le dîner est terminé, la maîtresse de maison se lève et tout le monde suit son 5 exemple.
Les amusements
On peut s'amuser de bien des manières dans notre ville. Nous avons un bel opéra où Ton donne des opéras et des opérettes. Nous allons à Topera au moins une fois par mois. Nous aimerions bien y aller plus souvent, mais le 10 prix des billets est assez élevé, et nous nous demandons souvent: Que vaut-il mieux faire aujourd'hui: aller à Topera, ou nous payer un fin souper et une bouteille de champagne? Nous sommes déjà allés trois fois à Topera depuis le mois d'octobre. Nous avons entendu Manon is Lescaut de Massenet, Samson et Dalila de Saint-Saëns, et V Artésienne de Bizet. On donnera la semaine prochaine im opéra-comique, les Dragons de Villars. Peut-être ironsnous Tentendre.
Nous allons quelquefois aussi au théâtre. On y donne 20 des tragédies, des mélodrames, des comédies et des farces. Le répertoire du théâtre est très riche. Nous sommes déjà allés six fois au théâtre depuis le commencement de la saison. Nous étions même abonnés Tannée dernière, mais un abonnement de théâtre coûte soixante-quinze 26 francs, et soixante-quinze francs ne se trouvent pas sous le pas d'un cheval. Aussi ne nous sommes-nous pas abonnés cette année. Nous n'allons au théâtre que quand on y donne ime bonne pièce. J'aime surtout les
bonnes comédies. On a donné le mois dernier le Barbier de SéviUe de Beaumarchais. C'est la meilleure comédie que j'aie jamais vue. Mon père préfère les farces: il est allé au théâtre la semaine dernière et y a vu fe« Four-
5 beries de Scajdn de Molière. Ma sœur, qui va au collège de filles, aime surtout les pièces classiques de Corneille, de Racine, de Victor Hugo, de Shakespeare et de tous ces gens-là. Elle a vu Z6 Cid de Corneille, AndromaqvLe de Racine, les Burgraves de Victor Hugo, et le Marchand de
10 Venise de Shakespeare. Notre soir préféré pour aller au théâtre est le samedi soir: de cette manière, pendant que nous prenons notre petit déjeuner du dimanche matin, nous pouvons parler tranquillement de la pièce que nous avons vue la veille, et nous pouvons oublier l'école et
16 les affaires. ^
Nous avons aussi uji très bon cinématographe en ville. Sans doute les classiques sont fort intéressants, et une bonne comédie n'est pas à dédaigner, mais c'est au cinématographe que je m'amuse le mieux. Tout y est si
20 tranquille, les acteurs ne courent pas sur la scène, on n'entend pas le souflBieur, et l'entrée ne coûte que vingts cinq centiines. En dehors de ces lieux d'amusement, nous avons une grande salle de concerts. On y exécute les chefs-d'œuvre de Beethoven, de César Franck, de
25 Gounod, de Claude Debussy et autres compositeurs.
De temps en temps, les solistes, pianistes ou violonistes
célèbres donnent im récital. Ce que je préfère à toute
autre chose, ce sont les concerts d'orgue.
Notre ville n'est pas moins riche en distractions de
80 toutes sortes: c'est ainsi que nous avons un excellent cirque, un jardin zoologique de premier ordre, un palais
de glace et de très amusants cafés-concerts. L'an dernier, nous avons même eu la visite de Buffalo Bill avec ses Indiens. Il est resté quinze jours, et pendant ce temps, je vous garantis que nos théâtres et salles de concert ont fait de maigres recettes! 5
Quand nous recevons la visite d'im oncle, d'ime tante ou d'un autre parent, il nous arrive de faire une excursion: nous louons une voiture, et nous montrons à nos parents les jolis environs de notre ville. Nous avons même fait une fois une promenade en auto, et je m'en souviendrai tou- 10 jours, même si je devais vivre cent ansi
La musique
On joue de l'orgue tous les dimanches à l'église. L'orgSr niste, assis sur le banc d'orgue, joue des chœurs et des hymnes. Il joue après le sermon le «Te deum,» ou le «Nunc dimittis.» 15
Il passe tous les limdis un homme avec un orgue de Barbarie, et la fanfare de la ville donne un concert tous les mardis. Cette dernière joue les plus jolis airs: «L'air est pur, la route est large,» ou: «Les montagnards sont là!» Tous les enfants du voisinage s'assemblent et 20 dansent au son .de la musique.
La société des concerts populaires joue tous les mercredis. L'orchestre comprend soixante exécutants. Quelques-ims jouent du violon, d'autres du violoncelle, un grand nombre joue des instruments à vent. Le chef 26 d'orchestre, sa baguette en main, bat la mesure debout devant son pupitre.
La musique militaire joue tous les jeudis et dimanches
après-midi. Les musiciens jouent du cor, de la trompette, du hautbois, et de la flûte, tous instruments à vent. Le tambour bat du tambour et le chef d'orchestre bat la mesure.
5 Je joue du piano tous les vendredis, ou, pour mieux dire, on m'oblige à jouer du piano tous les vendredis. Je fais des ganmies pendant une longue demi-heure, je recommence dix fois de suite: do, ré, mi, fa, sol, la, si, do, etc., puis je prends mon cahier de musique et joue un
10 petit morceau. Mon professeur de piano arrive alors, et il m'apprend à jouer correctement. «Voyons, mon ami, m'a-t-il demandé une fois, quelle est la diBférence entre un pianiste et un pianoteur?» Et comme je ne la savais pas, il dit: «Eh bien, voici: le pianiste, c'est moi; et le pianoteur,
15 c'est toi!»
L'orgue et l'orgue de Barbarie, la trompette et la flûte sont des instruments à vent; le piano, lé violon et le violoncelle sont des instruments à corde. La musique que l'on entend à l'église est de la musique religieuse; celle
20 que l'on entend dans un salon est de la musique de chambre; on entend à l'opéra de la musique d'opéra et de la musique de concert dans une salle de concerts; quant aux orgues de Barbarie, elles ne produisent pas de la musique, mais ime horrible cacophonie.
Une ascension en dirigeable
25 II y avait déjà longtemps que je désirais faire une ascension dans le grand ballon dirigeable: «Adjudant Vincenot.» Deux choses s'y étaient toujours opposées: d'abord l'Adjudant Vincenot est uji ballon militaire, et je
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ne connaissais pas d'officier-aéronaute qui pût m'emmener; et en second lieu, je n'étais pas très rassuré; mes amis disaient même que j'avais peur! Je fis enfin la connaissance d'un capitaine du génie, qui avait son brevet de pilote, et qui m'offrit ime excursion dans les airs; ma 5 vanité m'empêcha de refuser, et je cessai d'avoir la moindre peur. Je pris donc, au jour dit, un billet pour Saint- Cyr, où se trouve le parc aérostatique. Comme je fus étonné quand je vis le colosse de près! Quoique l'ascension ne dût avoir lieu qu'à dix heures, tous les préparatifs 10 étaient déjà terminés quand j'arrivai à neuf heures. Le dirigeable avait été sorti de son hangar par les soldats du génie; les mécaniciens et les ingénieiu*s étaient déjà à leur poste; seul le capitaine qui m'avait invité et qui devait piloter le dirigeable se promenait en répondant aux nom- is breuses questions que lui posait im député: ce député était chargé d'une enquête sur l'aéronautique militaire en France.
J'appris, en prenant part à la conversation, que l'Adjudant Vincenot était le plus récent des dirigeables fran- 20 çais, qu'il avait près de cent mètres de long, et qu'il se composait de nombreuses poches à gaz, indépendantes les imes des autres. Le dirigeable appartient au type dit «semi-rigide,» c'est à dire que la carcasse seule en est métallique, et que l'enveloppe elle-même est en tissu 25 imperméable. Ce modèle a sur les ballons allemands Zeppelins l'avantage d'être plus léger, plus facilement maniable, mais peut-être est-il moins résistant, et légèrement moins rapide. Il n'a qu'une nacelle, pouvant contenir de douze à quinze personnes. Un coin en est 30 réservé au pilote et aux mécaniciens qui l'aident dans la
manœuvre. C'est là que se trouvent tous les appareils qui servent à piloter le ballon, et notamment les deux moteurs, de 100 chevaux chacun. Les moteurs sont actionnés à Tessence. Ils mettent en mouvement deux 6 hélices, Time à l'avant, l'autre à l'arrière du ballon. Les grands gouvernails également placés à l'avant et à l'arrière servent à faire monter ou descendre le ballon à volonté, et à le faire tourner à droite ou à gauche. La nacelle est très confortablement installée: elle n'a pas de toit, mais si elle
10 en avait im, on se croirait presque dans un élégant Pullman américain. Des deux côtés sont disposés de bons fauteuils en osier, et le plancher est recouvert d'im beau tapis moelleux. Le parapet est assez élevé, mais permet de jouir de la vue sans fatigue. Le tout pèse plus de 5
16 tonnes; la nacelle peut, de plus, recevoir une charge de plusieurs milliers de kilos, dont environ mille d'huile et d'essence.
Quelques mmutes avant le départ, le pilote pria tous les passagers de bien vouloir monter; nous étions ime demi-
20 douzaine: le député, quelques officiers, un journaliste et moi-même. Un petit escalier nous conduisit dans la nacelle. La porte se referma derrière nous, le pilote s'installa à son poste et chacim prit uji fauteuil. On ne parla pas beaucoup au commencement, sauf le député,
25 qui était assez bavard; d'ailleurs tous les députés sont bavards, comme chacun sait! Deux minutes s'écoulèrent; il y eut tout à coup un ronflement, et il me sembla que la nacelle tremblait légèrement. Â ce moment précis, il me souvint distinctement que je devais encore de l'argent à
30 mon tailleur. Pourquoi diable je pensai à mon tailleur en cette minute, je n'en sais trop rien. Il y eut un siffle-
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ment aigu. «Voilà que nous partons!» dis-je à mon voisin, le journaliste. «Oui,» répondit ce dernier, en regardant à sa montre, «il est dix heures précises. Voilà ce que c'est que l'exactitude militaire!» — «L'exactitude militaire, dont on se moque tant, n'est pas seulement ime 5 légende,» continua im des officiers qui nous avaient accompagnés dans la nacelle. «Vous pouvez . . .» «Regardez donc,» s'écria à ce moment mon voisin, «nous voiôi déjà en plein ciel!» En effet, nous ne nous étions même pas aperçus, que le signal du «Lâchez tout» avait été donné, 10 et que nous avions quitté le sol! Nous vîmes alors les hommes et les maisons devenir de plus en plus petits audessous de nous. Quelle vue magnifique! Nous voyions tout Versailles, le château, le parc et les étangs, ces derniers brillants de soleil! Le panorama était incompa- 15 rable. Tout le monde ne tarda pas à plaisanter dans la nacelle, le député surtout. On aurait dit que c'était sa centième ascension, tant il paraissait se connaître en tout ce qui concernait l'aérostation. Le journaliste avait de bonnes jumelles avec lesquelles il regardait constamment 20 vers le sud. Il prétendait envers et contre tous qu'il pouvait très bien distinguer les tours de la cathédrale de Rouen. Il finit par reconnaître son erreur quand l'un des officiers lui eut montré sur la carte que Rouen est au nord-ouest de Paris, tandis que nous nous dirigions vers 25 le sud. Quelle chose étrange! Un journaliste reconnaître qu'il s'est trompé! Cela n'arrive pas tous les jours!
Pendant que nous planions tranquillement, im des soldats du génie qui faisait fonction de mécanicien sortit un panier de provisions. Nous nous aperçûmes alors que 30 l'air pur nous avait ouvert l'appétit, et que nous boirions
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même volontiers. \Ce n'était sans doute qu'un repas froid: pâté, sandwichs, viande froide, saucisson, fruits, mais tout nous sembla excellent, surtout le vin: boire du vin en plein ciel n'est pas chose banale! Je pensais à part
5 moi: «Si c'est comme cela que l'on vit au ciel, on ne s'y ennuie pas!» mais une pensée triste chassa celle-là: ((Qui sait, mon pauvre ami, peut-être n'arriveras-tu jamais plus ptès du ciel que maintenant!» Je voulus m'allimier une cigarette après le repas, mais les officiers m'arrêtèrent,
10 et me prièrent de ne pas fimier, car cela pouvait être dangereux.
Une heure après, nous aperçûmes de nouveau le palais de Versailles. La tour EiBfel semblait tout près; nous nous dirigeâmes vers elle, et tournâmes autour, à une
15 grande altitude. Nous pouvions voir les rues de Paris, où les passants s'agitaient comme des fourmis. Puis nous regagnâmes Saint-Cyr; les soldats du génie nous aidèrent à aterrir, et je sentis de nouveau le sol ferme sous mes pieds.