‹ French prose and poetry; being an advanced French reader; containing selections from the principal classical French poets and prose writers during the past two hundred years. Also a treatise upon French versification, and notes upon the selections, explanatory and criticalChapitre 11 sur 253 · MAXIMES · texte numérisé non relu

MAXIMES

La passion fait souvent un fou du plus habile homme, et rend souvent habiles les plus sots.

Il faut de plus grandes vertus pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise.

La jalousie est, en quelque manière, juste et raisonnable, puisqu'elle ne tend qu'à conserver un bien qui nous appartient, ou que nous croyons nous appartenir ; au lieu que l'envie est une fureur qui ne peut souffrir le bien des autres.

Nous avons plus de force que de volonté ; et c'est souvent pour nous, excuser à nous-mêmes, que nous nous imaginons que les choses sont impossibles.

Si nous n'avions point de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer dans les autres.

Si nous n'avions point d'orgueil, nous ne nous plaindrions pas de celui des autres.

Ceux qui s'appliquent trop aux petites choses deviennent ordinairement incapables des grandes.

On n'est jamais si heureux ni si malheureux qu'on se l'imagine.

Quelque différence qu'il paraisse entre les fortunes, il y a une certaine compensation de biens et de maux qui les rend égales.

Il n'y a point d'accidents si malheureux dont les habiles gens ne tirent quelque avantage, ni de si heureux que les imprudents ne puissent tourner à leur préjudice.

.Ce qui nous rend si changeants dans nos amitiés, c'est qu'il est difficile de connaître les qualités de l'âme, et facile de connaître celles de l'esprit.

Il est plus honteux de se défier de ses amis que d'en être trompé.

SELECTIONS IN PROSE.

Notre défiance justifie la tromperie d'autrui.

Comment prétendons-nous qu'un autre garde notre secret, si nous ne pouvons le garder nous-mêmes?

Tout le monde se plaint de sa mémoire, et personne ne se plaint de son jugement.

Chacun dit du bien de son cœur, et personne n'en ose dire de son esprit.

Pour bien savoir les choses, il en faut savoir le détail ; et comme il4 est presque infini, nos connaissances sont toujours superficielles et imparfaites.

On ne donne rien si libéralement que ses conseils.

Il est aussi facile de se tromper soi-même sans s'en apercevoir, qu'il est difficile de tromper les autres sans qu'ils s'en aperçoivent.

Nous sommes si accoutumés à nous déguiser aux autres, qu'à la fin nous nous déguisons à nous-mêmes.

Il est plus aisé d'être sage pour les autres, que de l'être pour soi-même.

On n'est jamais si ridicule par les qualités que l'on a que par celles que l'on affecte d'avoir.

Comme c'est le caractère des grands esprits de faire entendre en peu de paroles beaucoup de choses, les petits esprits, au contraire, ont le don de beaucoup parler et de ne rien dire.

Il y a des reproches qui louent, et des louanges qui médisent.

Si nous ne nous flattions point nous-mêmes, la flatterie des autres ne nous pourrait nuire.

Quelque éclatante que soit une action, elle ne doit pas passer pour grande lorsqu'elle n'est pas l'effet d'un grand dessein.

L'avarice est plus opposée à l'économie que la libéralité.

Rien n'est impossible: il y a des voies qui conduisent à toutes choses ; et si nous avions assez de volonté, nous aurions toujours assez de moyens.

La petitesse de l'esprit fait l'opiniâtreté: nous ne croyons pas aisément ce qui est au delà de ce que nous voyons.

C'est une ennuyeuse maladie que de conserver sa santé par un trop grand régime.

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