‹ French prose and poetry; being an advanced French reader; containing selections from the principal classical French poets and prose writers during the past two hundred years. Also a treatise upon French versification, and notes upon the selections, explanatory and criticalChapitre 133 sur 253 · CURIACE · texte numérisé non relu

CURIACE

Qui?

Vous et vos deux frères.

Mais pourquoi ce front triste et ces regards sévères ? Ce choix vous déplaît-il ?

Je m'estimais trop peu pour un honneur si grand.

flavian. Dirai -je au dictateur,, dont l'ordre ici m'envoie, Que vous le recevez avec si peu de joie ? Ce morne et froid accueil me surprend à mon tour.

curiace. Dis-lui que l'amitié, l'alliance et l'amour Ne pourront empêcher que les trois Curiaces Ne servent leur pays contre les trois Horaces..

flavian. Contre eux ! Ah ! c'est beaucoup me dire en peu de mots.

curiace. Porte-lui ma réponse, et nous laisse en repos.

horace. Le sort, qui de l'honneur nous ouvre la barrière, Offre à notre constance une illustre matière : Il épuise sa force à former un malheur, Pour mieux se mesurer avec notre valeur ; Et, comme il voit en nous des âmes peu communes, Hors de l'ordre commun il nous fait des fortunes. Combattre un ennemi pour le salut de tous, Et contre un inconnu s'exposer seul aux coups, D'une simple vertu c'est l'effet ordinaire ; Mille déjà l'ont fait, mille pourraient le faire: Mourir pour le pays est un si digne sort, Qu'on briguerait en foule une si belle mort. Mais vouloir au public immoler ce qu'on aime, S'attacher au combat contre un autre soi-même, Attaquer un parti qui prend pour défenseur Le frère d'une femme et l'amant d'une sœur13; Et, rompant tous ces nœuds, s'armer pour la patrie Contre un sang qu'on voudrait racheter de sa vie : Une telle vertu n'appartenait qu'à nous. L'éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux,

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