RICHELIEU 13 ET MAZARIN
Henri6 dans ce moment voit sur des fleurs de lis
Deux mortels orgueilleux auprès du trône assis ;
Ils tiennent sous leurs pieds tout un peuple à la chaîne ;
Tous deux sont revêtus de la pourpre romaine ;
Tous deux sont entourés de gardes, de soldats :
Il les prend pour des rois. " Vous ne vous trompez pas
Ils le sont, dit Louis, sans en avoir le titre ;
Du Prince et de l'État l'un et l'autre est l'arbitre.
Richelieu, Mazarin, ministres immortels,
Jusqu'au trône élevés de l'ombre des autels,
Enfants de la fortune et de la politique,
Marcheront à grands pas au pouvoir despotique.
Richelieu, grand, sublime, implacable ennemi ;
Mazarin, souple, adroit, et dangereux ami :
L'un fuyant avec art, et cédant à l'orage ;
L'autre aux flots irrités opposant son courage :
Des Princes de mon sang ennemis déclarés ;
Tous deux haïs du peuple, et tous deux admirés;
Enfin, par leurs efforts, ou par leur industrie,
Utiles à leurs rois, cruels à la patrie."