M5IE DE STAËL
MME de Staël, fille de Necker, ministre des finances sous Louis XVI, est une des renommées de notre époque ; le XIXe siècle l'a placée à côté de Chateaubriand, pour les nouvelles doctrines littéraires et philosophiques. Elle épousa, à l'âge de vingt ans, le baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède. Quand éclata la révolution, elle fit des vœux pour le triomphe de sa cause ; mais, admiratrice de son père, elle sacrifia à ses affections privées son enthousiasme pour la liberté, quand elle vit décroître et tomber la popularité de M. Neeker. D'ailleurs ses théories politiques ne s'accordaient pas avec les désordres et les excès. Profondément affligée de la mort de Louis XVI, elle publia une admirable apologie de Marie-Antoinette. Après le 9 thermidor (chute de Kobespierre), elle fit paraître plusieurs brochures politiques, et joua un rôle dans les affaires de cette époque.
Son caractère enthousiaste devait la mettre au nombre des admirateurs de Napoléon; mais, comme il avait blessé sa vanité, elle devint son ennemie. Exilée de France, elle retrouva une patrie en Allemagne, au milieu des savants et des poètes de ce pays. C'est à cet exil qu'on doit le roman de Corinne et le livre De V Allemagne, Parmi ses autres productions, on remarque ses Considérations sur les principaux événements de la révolution française, et un livre intitulé : De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales.
Son style, qui réunit l'élégançe et la force, est en rapport avec l'énergie des pensées et avec l'enthousiasme qui les caractérise souvent.