‹ French reading for beginnersChapitre 30 sur 55 · ADIEUX DE MARIE STUAET · texte numérisé non relu

ADIEUX DE MARIE STUAET

En vain la grandeur souveraine M'attend chez le sombre Écossais:

Je n'ai désiré d'être reine Que pour régner sur des Français.

Adieu, charmant pays de France, 5

Que je dois tant chérir !

Berceau de mon heureuse enfance, Adieu ! te quitter, c'est mourir.

L'amour, la gloire, le génie.

Ont trop enivré mes beaux jours ; lo

Dans l'inculte Calédonie

De mon sort va changer le cours.

Hélas ! un présage terrible

Doit livrer mon cœur à l'effroi :

J'ai cru voir, dans un songe horrible, I5

Un échafaud dressé pour moi.

Adieu, charmant pays de France,

Que je dois tant chérir !

Berceau de mon heureuse enfance.

Adieu ! te quitter, c'est mourir. 20

France, du milieu des alarmes,

La noble fille des Stuarts,

Comme en ce jour qui voit ses larmes.

Vers toi tournera ses regards.

Mais, Dieu ! le vaisseau trop rapide 25

Déjà vogue sous d'autres cieux,

Et la nuit, dans son voile humide,

Dérobe tes bords à mes yeux !

LA MARSEILLAISE. IÇS

Adieu, charmant pays de France,

Que je dois tant chérir !

Berceau de mon heureuse enfance, Adieu ! te quitter, c'est mourir.

Page 1