‹ Fréquence De La Tuberculose Chez Les InanitésChapitre 3 sur 9 · fr · texte numérisé non relu

fr

suivant'travail jour ou

nuit 13 fr.

dont 5 fr.

d'alcool

9 fr.

dont 4 fr.

d'alcool

19 fr.

dont 6 fr.

d'alcool

II fr.

dont 3,90 d'alcool

18 fr.

dont 8,30 “d'alcool

15 fr.

10 fr.

4 fr.

Reste du salaire du mari

20 fr.

IT

Salaire de la femme Reste pour le le ménage Reste par personne et par jour

8 fr. 28 fr.

a CS

Ne 16 »| 8 »

fait :

rien

Gfr.l22 »l12 »

Ne 11 »| 6,50 fait rien

o fr. 32 »| 8 »

Ne 25 »5 »

fait rien

12 fr. 92 DIrtr »

15 » 20 »| 6,50 gain

du fils

ro —

Il eût été plus intéressant encore de pénétrer dans l'intimité de ces sujets et de voir comment ils équilibraient leur budget pour l’alimentation, le logement, les vêtements et autres dépenses du ménage. Mais tous opposent à ces sortes d’investigations une résistance instinctive, qui déroute les interrogatoires les plus patients. C’est déjà avec de très grandes peines que nous avons pu obtenir ce qui nous a été nécessaire pour faire notre tableau, Nous pouvons cependant constater déjà les dépenses exagérées que font les ouvriers en dehors de leur ménage, et dans lesquelles l'alcool sous toutes ses formes entre pour le tiers et trop souvent pour près de la moitié. Que le père ou la mère tombe malade, ou qu’il survienneun chômage, et c’est la misère qui s’installe du jour au lendemain.

Nous avons pensé que certains patrons pourraient nous renseigner approximativement sur cette question. L'un d’eux, un entrepreneur de travaux publics, qui a occupé un grand nombre d'ouvriers et qui a souvent vécu de leur existence, nous a répondu ceci : « En général, les ouvriers qui travaillent sur des chantiers successifs prennent pension à midi chez un traiteur quelconque où ils vivent à crédit, en ne réglant leurs dépenses que le jour de la paye (à moins qu'il ne la payent pas) en s’en allant, Dans cette « trattoria » ils trouvent la nourriture suivante:

6 heures : Café et pain ou fromage, saucisson, charcuterie froide et bon marché, 1/2 litre de vin, plus un ou deux petits verres à o fr. 55.

TO

9 heures : Casse-croûte, fromage, hareng saur, saucisses, 1/2 litre de vin.

11 h. 30 : Soupe épaisse contenant des légumes divers, bœuf bouilli avec du sel, pommes de terre ou pâtes, fromage, salade, 1 litre de vin, café, petit verre d’alcool.

19 h. 30 : Casse-croûte : fromage, charcuterie.

18 h. 30 : Même repas qu’à 11 h. 30, facultatif.

Tout l’art du restaurateur consiste à remplir l’estomac de ses pensionnaires, à tromper leur faim sans leur donner d’aliments chers et substantiels. Trop de verres de vin, trop de petits verres qui, consommés à crédit, ne coûtent cher que le jour de la paye où elle s’en trouve considérablement diminuée. Les ouvriers sont prodigues, les 4/5, et ne font aucun frais pour le logement ou la nourriture parce qu'il ne leur reste pas d’argent, parce qu’ils ne savent pas s’en servir ».

Nous empruntons d’autre part au Professeur Landouzy, dans une conférence faite le 14 avril 1912 à l’ouverture du Congrès international de Rome contre la tuberculose, les lignes suivantes qui sont tout à fait d'actualité : «.. D’autres conditions écono- «miques.. influençant la tuberculose sont nom- « breuses. Elles se rapportent aux salaires, aux lois « fiscales, à l’alimentation, à l'ignorance et à la « misère. Nous n’avons pas à revenir sur l'influence « néfaste de l'habitation, que son surpeuplement « rend forcément insalubre.

«.. Si l'alimentation insuffisante est souvent con-

« ditionnée par la faiblesse du salaire... elle résulte «souvent aussi de l'ignorance complète qu'a le « public de ses vrais besoins comme des valeurs « nutritive et marchande des denrées. L'alimentation « n’a pas, notamment dans le budget de l’ouvrier et « de l’employé, la part raisonnée qui devrait lui être

« faite, alors que, pour des dépenses évitables,

« ouvriers et employés sacrifient à des besoins qui « sont au-dessus de leur condition. Souvent l’alimen-

« tation de l’ouvrier et de l'employé est irrationnelle

« qualitativement, ou quantitativement insuffisante, «relativement dispendieuse et souvent insalubre. « Dans l’alimentatioo populaire, encore aujourd’hui, « la routine règne en maîtresse. »

Ces lignes et l’autorité du Professeur Landouzy

donnent une singulière éloquence aux résultats que.

nous avons obtenus par notre enquête personnelle. Après avoir ainsi surpris l’état de misère réelle

dans lequel vit cette classe laborieuse par ignorance,

maladresse, routine, nous avons essayé de dresser un tableau ploutographique (du grec Ploutos : riche) de Paris et de nous donner un indice de richesse en prenant le nombre de cotes mobilières pour 1.000 habitants par arrondissement, car cet impôt n’est dû qu’à partir de 500 francs de loyer.

D'autre part nos recherches statistiques sur la mor-

talité tuberculeuse par arrondissements nous ont donné les résultats suivants pour 1914:

Le “ns

Page 1