INTRODUCTION
L'ostéochondrite déformante infantile de l’épiphyse supérieure du fémur est connue depuis une trentaine d'années. Décrite en 1910 par Legg de Boston sous le nom d’une « Affection obscure » de la hanche, et par Calvé, assistant de Ménard à Berck, sous le titre : « Sur une forme particulière de pseudo-coxalgie » greffée sur des déformations caractéristiques de l'extrémité supéricures du fémur, cette affection fut étudiée en 1913 par Perthes, de Tubingen, qui lui donna le nom d’ostéochondrite.
Quoique l'affection soit rare (du moins on le croyait jusqu'ici) elle tient cependant parmi les manifestations morbides chroniques de la hanche une place qu'on ne saurait négliger, et sa rareté provient du fait qu'elle est souvent méconnue. Eile prend place à côté de tout ce qu’on intitule arthrites chroniques de la hanche et son diagnostic est à faire avec les arthrites traumatiques, les arthrites survenant au cours des maladies infectieuses (blennorrhagie, typhoïde, syphilis...) l’arthrite sèche déformante juvénile, les subluxations et luxations congénitales, l’ostéite kystique, les arthrites de nature encore indéterminée
-et surtout la coxalgie.
Diagnostic difficile entre tous où la clinique se montre bien souvent impuissante. Comme le dit Mouchet : « Dans l’ostéos chondrite, la clinique n’est presque rien, la radiographie est tout.»
I1 nous a paru intéressant de rechercher la fréquence relative de l’ostéochondrite, la place qu’elle occupe dans la nosologie des principales affections chroniques de Ia hanche.
Monsieur le Professeur Aimes, chirurgien chef de l’Institut Marin Saint-Pierre de Palavas, a bien voulu mettre à notre disposition tous les éléments de cette étude et nous prodiguer ses conseils. Nous l’en remercions vivement. Grâce à lui, nous avons pu rechercher systématiquement l’ostéochondrite chez de jeunes sujets qui lui étaient parvenus avec une étiquette toute différente bien souvent, en particulier celle de coxalgie. Ces recherches ont porté sur 5 années : du 1 Avril 1932 au 1 Avril 1037, avec 85 cas examinés.
Nous relaterons tous les cas qui se sont présentés à nous quel que soit le diagnostic, juste ou erroné, avec lequel ils nous sont parvenus, que ce soient des cas récents ou anciens, en évolution ou guéris, cela afin d’avoir un coup d'œil d'ensemble qui permettra d'attribuer à chaque affection la part qui lui revient dans sa fréquence.
Nous ferons un bref résumé de chacune de ces observations.
CHAPTIREANET