‹ Frere et soeur drame en cinq actesChapitre 12 sur 94 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

ADRIEN

Le choix de la corbeille ! Je veux mettre à contribution toutes les industries parisiennes.

ROBERT

J’ajouterai, moi, les deux joyaux traditionnels de nos mariagt s de. famille : le chapelet de bois de myrte et le poignard de Claudia, deux reliques.

Ah ! voilà une histoire de poignard que j'ai toujours voulu apprendre et que toujours on m'a laissé ignorer.

ROBERT

Ce n’est pas le moment. Allons nous mettre à table.

ADRIEN

Mais nous ne sommes pas servis, et puis si le dîner arrive, vous renverrez la suite au prochain numéro.

ROBERT

Eh bien, mon cher baron, c’est tout simplement une chronique de notre île... elle remonte au siècle dernier, lors des luttes sanglantes de l’indépendance corse contre la tyrannie de Gènes.

ADRIEN

Eh bien?

ROBERT

Mon grand-père, partisan dévoué de Paoli, défendait contre les Génois le tort de San-Pellegrino; il fut tué dans une sortie, mais en y laissant sa veu\e avec mon père au berceau. Les Génois recevaient tous les jours de nouveaux renforts; les Corses, découragés par 1 inégalité de la lutte, parlaient de se rendre...

(Entrée d'Antcnnr qui apporte le dincr.) SaVCZ-VOUS Ce que lit alors la

veuve de mon aïeul?

ADRIEN

Que fit-elle?

ROBERT

Elle prit son enfant d’un bras et une torche de l’autre, elle descendit ainsi dans les caveaux de la tour où se trouvaient dix milliers de poudre, puis elle jura d’v mettre le feu au moment où un soldat ennemi poserait le pied sur les remparts...

ADRIEN

Et alors?...

ROBERT

Le général qui commandait les Génois fut informe de cette résout ion héroïque; il aimait depuis longtemps notre aïeule Claudia Giafféri, comtesse de Sullauze; il offrit aux Corses de sortir de la citadelle avec les honneurs de la guerre si la comtesse de Sullauze consentait à 1 épouser; et elle y consentit. Elle le suivit à l’autel pour tenir sa parole. .. mais elle se frappa avec ce noble poignard pour ne pas appartenir à un Génois.

ADRIEN. pi <)[, ,'j

Je comprends que vous teniez à ce gloricuk héritage.

ANTENOR, venant du cabinet de droite.

Monsieur est servi.

ADRIEN

Me sera-t-il permis d’offrir la main à ma femme?

■i. :• ■ . r ■ ROBERT.

Votre femme? attendez encore !

Enfin, vous permettez ?

ROBERT, prenàut le bras de Blanrhe. . f

Non, Adrien, non, ce n’est que dans un instant <llie ip vftjs

£ renoncer mon oui formel et définitif... Laissez- moi prolonger ; plus longtemps possible ma dernière heure de paternité,

(jlfbert, Blapcbc et Adrien entrent dans le cabinet à droite. imoiédiaiciuiHit an nH torlir à pas de loup, du cabinet de gauche, Olympe, Verueuil et de Sivry.)

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