ACTE I
DE SIVRY
Va-t’en au diable !
YERKEÜIL.
Pauvre de Sivry !
OLYMPE
Voilà une aventure bien vite terminée. Ah! ah! ah! Je &us vengée.
Taisez-vous donc, Olympe! ou entend vos éclats de rire du boulevard.
DE BRÉVAL, entrant.
Ma foi, oui... je les ai reconnus, et je me suis empreSsë...
OLYMPE
Monsieur de Bréval...
DE SIVRY
Un ami...
VERNBÜIL.
Un maître!... C’est Richelieu qui donne la mate à LevelMk.
DE BRÉVAL
Mes amis, je viens déjeuner avec vous.
OLYMPE
Déjeuner à huit heures du soir!
DE BRÉVAL
Je me lève,
.•< TERKEUIL. -, j ,,
Heureux mortel.... ce n’est que la nuit qu'il commence à vivre.
, , . | n P* bré ™l. , • , ,, ,, J,
De père en fils nous ne connaissons pas la vie du jour, dip? notre famille.... je tiens cette habitude de l’auteur de mes nuits... Mais qu’as-tu donc, de Sivry, tu parais triste?
Mais non...
OLYMPE
Mais si...
VERNEUIL
Je voudrais bien vous voir, vous, monsieur de Bréval, vous, le conquérant de toutes les beautés à la mode, je voudras bien vous voir amoureux d’une Italienne.
OLYMPE
Qui va épouser un Italien hérissé de poignards.
DE BRÉVAL
Bah! j’en ai vu bien d'autres.
OLYMPE
En Espagne?
DE BRÉVAL
A Paris!
DE S1VRY.
Où tu as échoué devant une citadelle blonde de la rue Laffitte, à deux pas d'ici.
(Entrés du Garçon, qui apporte le dîner du n°8; il montre la fenêtre à gauche.)
DE BRÉVAL
Échoué... ma campagne ne commence que dans une heure.
DE SIVRY
Et tu bals en brèche depuis six mois.
DE BRÉVAL
Mais ma belle vicomtesse a obtenu le prix de vertu.
OLYMPE
Sans garantie du gouvernement.
DE BRÉVAL
Pardon ! la mairie du deuxième arrondissement la cite comme modèle à toutes les mariées dans son discours d'état civil.
DE SIVRY
Allons, allons, tu feras bien de renoncer à elle.
DE BRÉVAL
Jamais !
DE SIVRY
Je te donne l’exemple. (Montrant i« cabinet de droite.) Adieu à cette belle jeune fille.... Je l’aurais adorée demain, je puis encore l'oublier aujourd’hui.
OLYMPE
Bravo! 11 faut être philosophe, comme le renard des raisins verts.
Tu es grand comme moi... Quand je ne puis pas obtenir une femme, j’y renonce.
ANTÉNOR, rentrant.
Madame est servie.
DE BRÉVAL
Allons déjeuner.
OLYMPE
Qui m’aime me suive !
VERNEUIL
Je vous aime.
DF, BRÉVAL
Je VOUS Suis, (a de Sivry.) \iens-tu? (ils entrent dans le cabinet à gauche, moins de Sivrj.)