‹ Frétillon, ou la Bonne Fille, vaudeville en cinq actesChapitre 20 sur 40 · CAMILLE, AUGUSTA · texte numérisé non relu

CAMILLE, AUGUSTA

AUGUSTA , entrant. Eli ! bonjour, ma chère... embrassons-nous donc.

CAMILLE. Ali! quelle tendresse! ça t'est donc revenu?

AUGUSTA. Hein !... pourquoi me dis-tu ça?... parce que je ne viens pas te voir...

Ah ! ma chère, il ne faut pas in'en vouloir, j’ai tant de travaux!... l’Opéra me tue!...

tiens, je viens d'étudier, chez notre maître de ballets, un pas que je ne puis inc mettre dans U tète.

CAMILLE. C'est-à-dire, dans les jambes.

augusta. Tu es heureuse, n’est-ce pas?

J’ai appris que tu étais riche. . . que tu avais une voiture, des rentes...

Camille. Je ne sais pas comment cela s’est fait, je n’ai rien pris.,.

augusta. Mais tu as accepté, c’est une

autre manière , ce n’est pas la mienne

«u sais , j’ai toujours eu des principes d'économie. A propos, tu aimes toujours Ludovic?

Camille. Toujours !

AUGUSTA , à ntc-mèmr. L'infime !

CAMILLE Tu dis?...

AUGUSTA. Rien... je t’expliquerai ça...

c'est uu service que je veux te rendre., à charge de revanche... je viens t’en demander un.

CAMILLE. A moi?

AUGUSTA. Laisse-moi le arurdeM. Malbrou g ?

Camille. M. Malbroug... mais, il est mort!

AUGUSTA. Oh ! tu sais bien ce que je veux te dire, ce n’est pas celui-là... c’est lord Malbi»ug,cel aimable jeune homme,

attaché à l’ambassade anglaise je sais

qu’il t’a vue à ce bal d’artistes où tu as eu

Ml b « I LLO > .

tant de succès..... depuis celte nuil-lâ , il t’aitue , je le sais, il le l'a écrit... 01» ! ne joue pas la surprise... avoue, ne. fais pas

de la diplomatie je suis plus forte que

loi... je vis là-dedans.

CAMILLE. A li î sois tranquille, ce n’est pas mou genre. Mais je te jure que je u’ai rien reçu... à moins que cc ne soit le billet de ce matin.

(Pn»*aiil ;i la toilette.)

augusta*. Ce billet... donne... juste! . c’est cela... une déclaration! quand il ine jurait... 01»! que ces Anglais sont perfides !

Camille. Je ne les ai jamais aimés.

augusta. Ni moi nou plus... mais ça n empêche pas. .. au contraire.

CAMILLE. El» bien!., je te livre M. Malbroug... je n’y prétends rien... j’ai mieux que ça.

AUGUSTA. Un prince nus.'?

Cvmille. Mieux encore... mon Ludovic.

augusta. Ali ! c’est juste... mais, service pour service... Apprends donc qu’il te fait des traits, ma chère!

Camille. Qui?... Ludovic!

augusta. Avec. Lolotte , une de nos demoiselles des chœurs... une petite brune, maigre et bancale, qui danse comme ça, tiens...

i.Kllc (!«in*e il'uiic manirre ridicule.) CAMILLE. Allons donc!... cVst i ru pos- J sible.

AUGUSTA . Il y ^ iluux mois que tela dure ; elle lui mange un argent fou.

Camille. Ludovic!... Ludovic!... Oli !

l'indigne!.. Si tu savais cc que j’ai fait pour lui... depuis le rem|>lai;aiU qui m’a tant coûté!...

augusta. Ali! Marcngo!. . je l’ai vu dernièrement qui montait la garde rue Grange-Hatelièrc

CAMILLE. Et )>our ménager sa délicatesse, cette pension sous le nom de son oncle... tout-à-l’lieure encore, j’allais... (/£»suynnt des larmes.) Oh! les hommes! les hommes! moi qui les ai tant aimés!

ACGUSTA. Ils ont du bon!... mais ee sont des monstres! Tiens, par exemple, ce vieux général Darcoitrt, qui m’adorait, il devait me laisser toute sa fortune; il n’avait pas d’héritier, à ce qu’il disait... et pas du tout!., il se meurt, et j’apprends qu’il laisse sa fortune à des inconnus... des enfans naturels... un homme sans mœurs, quoi ! ,

CAMILLE , sans l’écouler. Ali ! il lui faut une Lolotte!..

* Augiutj, Camille.

AUGUSTA. J ai voulu t’ouvrir 1er veux en honne camarade.. . pour te prouver que je t’aime toujours.

CAMILLE, regardant la porte à gauche.

Oli ! il me tarde de le revoir!

augusta. C’est connue moi, M. Malbroug... lhs-moi donc, dines-tu chez toi?

Camille. Oui, oui, j’ai du inonde encote. . .

augusta. Eh bien ! je m’invite... jen’ai pas d Opéra... (A part.) Je veux savoir si elle me trompe.

(Elle va pour lortir par le fond.)

etP-ioeoM-ao . 'So

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