‹ Frétillon, ou la Bonne Fille, vaudeville en cinq actesChapitre 22 sur 40 · I.K MAGASIN I H E A T fi A L · texte numérisé non relu

I.K MAGASIN I H E A T fi A L

CAMILLE , le retenant. Où vas-tu?

LUDOVIC. Chez un ami.

CAMILLE. Chez M"* Lolotte...

Ludovic. Lolottc!.. Qui t'a dit... c’est Augusta !

CAMILLE. Je le sais... ça suffit! M 11 * Lolotte, que tu aimes... pour qui lu fais des folies...

LUDOVIC. Oh ! ma foi , puisque tu le sais... dam! oui... je vais chez l.olottc; elle est drôle... Mais, pour de l'amour, c’est toi seule... ainsi sois tranquille.. .

(H va pour sortir.)

CAMILLE. Vous ne sortirez pas !

LUDOVIC. Oh! oh ! c'est du sérieux !...

à ce qu’il paraît...

Camille. C’est comme j’ai l'honneur de vous le dire.

LUDOVIC. Est-ce que tu me prends pour un enfant?

. Camille. Je vous prends.... je vous 'prends pour un ingrat!., pour un homme saus loyauté!., et c’est ce que vous êtes...

Vous ai-je jamais trompé, moi?.. Dès que je l’ai pu... u’ai-je pas tout sacrifié pour vous?... parce que je t’aime, parce que c’est plus fort que moi, et tu pourrais...

Mais, voyous!... qu'avez-vous à dire?

LUDOVIC, roulant s’en aller. Je te répondrai plus tard.

CAMILLE, le retenant. Non!... tout de suite... il faut que tu t’expliques... tu m’appartiens... Moi aussi, j’ai reçu des déclarations, des offres brillantes. . . j’ai tout rejeté... Ce qu'il me fallait, c’était de l’amour, et le tien, surtout!... Malgré tes brusqueries, j’ai résisté à tout!... je n’en avais que plus de mérite... Mon cœur, ma fortune, tout est à toi ! et vous, monsieur, voilà qu'au premier petit nez de travers que vous rencontreriez, vous pourriez!...

Non pas! non pas! s’il vous plait... Te céder, te perdre.'... c’est impossible!..,

(Elle se jette dans ses bras )

Ludovic. Frétillon!.. que c’est béte de s'attendrir comme ça!

CAMILLE. Oh! oui, c’est bien bête!...

Voyons, monsieur... mettez là votre cravache et votre chapeau, je vous le pardonne pour celte fois... mais ne recommencez plus, car ça se gâterait !

LUDOVIC, tirant sa montre. C'est bien!., c’est bien!., parbleu! entre nous, est-ce qu’on doit se tourmenter comme ça quand je te dis que je dînerai avec toi ...(Il l’ embrasse.) Mais je suis pressé...

Camille. Ludovic ! je vous défends de sortir. . .

|EUc remonte.)

lldovic. Allons donc!., tu vas finir par

m’impatienter!..

Camille. Ludovic'., tu resteras...

Ludovic. Non...

CAMILLE. Si fait...

Ludovic. Ah ! c’est comine ça !..

{Il se dispose à sortir.)

CAMILLE. Je fermerai plutôt la porte...

(Elle relire la clc.)

i.udovic , remontant. M’enfermer! me traiter comme un esclave!... un valet!...

Donnez-moi cette clc!

Camille. Non, monsieur.

Ludovic. A l’instant ! je la' veux!

Camille. Vous ne l’aurez pas!

LUDOVIC. Si fait !..

CAMILLE. Non!..

LUDOVIC, levant sa cravache. Frétillon !..

CAMILLE, le fuyant. Ah !

LUDOVIC, jetant avec, violence sa cravache par terre. Aussi, tu me fais sortir de mon caractère...

CAMILLE. Je crois, au contraire, que vous venez d’y rentrer.

LUDOVIC. Mais enfin., ce n’est pas ma faute...

Camille. Tenez, monsieur, voilà votre clé. ( Elle la jette par terre.) Prenez-la !

LUDOVIC , la ramassant. Pourquoi aussi m’v a-t-elle forcé!.. ( Camille est dans un fauteuil, un mouchoir sur ses yeux. Il la regarde et fait un pas vers elle. ) A lions, voyons, Frétillon ! ( Frétillon le fixe avec hauteur. Il va pour sortir et se retourne.) Hein... (// se décide. ) Ah ! ma foi , tant pis !...

( Il w»rt.)

Page 1