REPRISE DU CHOEUR
C'est Fretillon ! (bis.) etc.
Camille. Ma foi , je ne m’attendais pas à trouver tant de plaisir sous les verrou» !
M. de céran. Ni moi non plus...
LES jeunes GENS. Ni moi... ni moi !
CAMILLE. Jusqu'à ce bon Mareneo qui est U en faction; ces pauvres amis!... le»
voilà donc ruiné» !... Vous , Anatole, c’est à la Bourse, je le parierai»? Toi, Frédéric, à l'Opéra , dans ce qu'Augusta appelle le guêpier... Et Edmond, qui est-ce qui a pu l’envoyer rue de la Clé , à moins que ce ne soit son tailleur?
Ludovic. Juste ! tu as deviné...
Camille. Mais, monsieur de Céran, avec votre fortune?...
M. de céran Aussi , mon enfant , ce n’est pas une affaire d’argent qui m'amène ici... je suis d'un autre quartier.
CAMILLE. Ali! oui... vous faites des brochures, de la politique... Quelle bêtise!
de mon tems , vous étiez, plus drôle ! ( Eclatant Je rire. ) Ah ! ah ! ali ! c’est original , tout de même , de les voir tous là rassemblés autour de moi! heureusement , ce n'est pas ma faute, car si j’accepte des riches...
M. de cÉnAN. Vous ne refusez rien aux autres.
Camille. Et la preuve, c'est que je viens délivrer quelqu'un.
Ludovic. Allons, encore!
M. DE CÉRAN. J’en étais sûr!
Am de Téuiers.
C) m« ami* , «est nn ange adorable
Qui vient ici consoler le malheur.
CAMILLE
Un ange... eh nuis ! vous etc» bien aimable...
A niez vertus vous faites trop d'honneur !
îfrncrtjrarieo... car ai j'étais un ange ,
Qu’au monde , alors, les cieux enlèveraient.
Peut-être, moi, je gagnerais au change ,
Mais , h coup sftr , les mortels y perdraient.
C A Ludwic.) Eh! vile, monsieur, préparez-vous à me suivre , à quitter si mauvaise compagnie... L’infàme! moi qui le croyais dans le chagrin i
LC Mioum . THfATHL.
■ de cêran. Vous allez nous l’enlever?
LES JEUNES GENS. Ludovic !
LUDOVIC. Moi! est-elle drôle! faut de l’argent pour ça !
CAMILLE. J’attends l’Iiuisaier pour compter avec lui.
LUDOVIC. Allons donc , Frétillon.. c'est impossible... ça ne se peut pas!
CAMILLE. Comment, tu refuses!
LUDOVIC. Parole d'honneur , je ne fais pas le difficile ; mais il y a des circonstances...
CAMILLE. Ah ! si tu m'aimes encore...
LUDOVIC. Si je t’aime ! après un trait pareil... quand tu ne m'as pas abaudouué...
Oui, messieurs, Frétillon est mou auge gardien... toutà elle, tout pour elle ! Ah !
si je pouvais être couché sur le testament de mon oncle ! si je pouvais faire ma paix avec le cousin Godureati qui est ici !
CAMILLE. Vrai! Godurcau... il y est aussi, en prison? Je le croyais trop bute pour ça!
LUDOVIC, bas à Camille. Et cette pension que je recevais sous le nom de mon oncle... tu me trompais!
Camille. Silence!
Ludovic. Ah ! Frétillon ! mais il ne vient pas me voir... il me fuit! il a refusé mon invitation.
Camille. Godurcau! où est-il?
LES JEUNES GENS , appelant. Godurcau !
Godureau !
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SCEiNE IV.
Les Mômes , GODUREAU.
GODlur.AU , paraissant à la poite île la dette. Hein ! qui est-ce qui m’appelle ?
CAMILLE. Comment... est-ce qu’on ne reconnaît pas scs amis?...
CODUBEAU. Camille !... ( Éclatant de rire.) Ah ! ah ! ah !... elle aussi , «n prison pour dettes!... c’est charmant!
Camille. Moi , en prison!., du tout! *
Air du Piège»
Je fait mieux , j'accours parmi vous,
Toujours folle et toujours légère,
Quand vous êtes sous les verroux ,
Egayer ce lieu de misère!...
Prodiguant d'égales bonté» ,
Je viens consoler , en amie ,
Les fidèles que j’ai quittes ,
Les volages qui m’ont trahie.
Ludovic. Ne parle plus de ça...
GODt iv k vu. Vous me rappelez que je suis des premiers...
EDMOND. Et moi aussi. «
* Edmond, M. de Céniu, Ludovic, Camille, etc.
Anatole. Et moi aussi.
CAMILLE. Bail ! quand c’est tout le moifrde , ce n’est personne.. . d’ailleurs , la constance, vois-tu, c’est une autre Ste-Pclagie ! le plaisir, c’est la liberté... fais comme les autres... Est-ce que tu me gardes rancune ?
GODUREAU, lui tendant la main. Moi!...
tu es trop bonne fille pour ça !
Camille. A la bonne heure !... c’est déjà quelque chose... niais je demande mieux encore... c’est votre amitié pour votre cousin , ce bon Ludovic.
GODUREAU. Laissez-moi donc tranquille.
Ludovic. 11 me garde rancune pour les coups de poing...
CAMILLE. Ah! ali!... vous lui donnerez la main , vous l v embrasserez , vous ferez sa paix avec l’oncle aux dindes truffées...
GODUREAU. Jamais!
LUDOVIC, à Camille. Tu vois bien...
Camille. Si fait, morbleu!... qu’est-ce que ça signifie ? la haine doit-elle désunir encore ceux que le malheur a rapprochés, et que la prison rend égaux ?... ce serait d’un mauvais cœur... d’un petit esprit, et le tien est trop beau... ( A part. ) Il faut le flatter...
Am de la f^icille.
Allons donc , im peu de courage ,
Et soyea cousins aujourd’hui ;
Vous voilà tou» le» deux en cage ,
Qu'il soit bon pour vous, vous pour lui.