AUGUSTA, MARENGO, CAMILLE
MARENGO, arrive entre elles. Pardon, excuse.
augusta. C’est lui !
CAMILLE. Marengo !...
marengo. Vous m’avez invité , mamzelle... et, pour manquer à l’appel, il faudrait que je fusse été mort, et je n’en ai pas été bien loin.
augusta. Comment, ma chère! est-ce qu’il l’aime toujours depuis le teins?
CAMILLE. S’il m’aime... Qui?
marengo , à Augusta. Chut!... taisezvous donc, mamzelle.
augusta. Pas possible... elle n’en a jamais rien su... le pauvre garçon !
Camille. Mais parle donc. .. qui est-ce qui m’aime?...
augusta. Mais lui... Marengo.
CAMILLE. Marengo?...
marengo, s'en allant. Bonsoir !.. je m’en vas.
CAMILLE , le retenant vivement. Non , non, restez. ( Lentement .) Il m’aimait , c’est une plaisanterie.
augusta. Eh! non... c’est parce que tu en aimais un autre qu’il s’est refait soldat, et pourtant , il y avait une personne qui aurait eu un faible pour lui , il n’en a rien su.
MARENGO. Si fait , mamzelle , mais ce n’était pas Frétillon...
ÿt Camille. Quoi! Marengo, est-il bien vrai?
MAnENGO. Je ne vous l'aurais jamais dit, je n’aurais jamais osé , quoique , ce niatiu, je ne vienne pas àautre intention...
mais puisque la petite a bavardé. .. Eh bien ! oui , mamzelle, oui ; il y a six ans que ça me tient là. Dam ! le fantassin y est expose tout comme les autres... c’était pour vous revoir que j’avais quitté le service , c’est pour ne pas voir le bonheur des autres que je l’ai repris... toujours fidèle, toujours en ligne, en attendant mon tour qui n’a pas voulu venir... j’ai été bien malheureux.
mtTIM.U.N.
Camille Pauvre garçon! il in 'aimait plus que les autres, et c'est le seul qui ne ■n’ait rien demandé.
marengo. Aussi!.. Mais c’est égal... ça n'a fait qu'augmenter la Gèvrc que j'ai là , dans le cœur , si bien qu’bier soir, quand on m’a dit qu'il m'était arrivé...
AUGVSTA. Hein?
marengo , se reprenant. C'est-à-dire rien... Pour vous, manuelle! je me jetterais au feu , je me ferais tuer.
CAMILLE , lui saisissant le bras. Mou ami !
marengo, puussant un cri. Ali!
alglsta. Il se trouve mal !
CAMILLE. Marengo ! qu’est-cc donc ?
qu’avez-vous ? cette pâleur. . .
M viiengo , s’asseyant. Bien... rien...
c'est un coup de sabre... qui est encore tout frais. C'est ce matin...
Camille. Un coup de sabre! Vous vous êtes battu !..
marengo. Oui, manuelle...
CAMILLE. Arec un soldat?
marengo. Oui, manuelle.
camii.le. Qui m’a insultée devant Ludovic?..
marengo. Comment! vous savez. ?. .
CAMILLE. Oui, tout! Et c’est vous qui m’avez vengée ?
ACCOSTA. 11 se pourrait? marengo. Et pourquoi pas? Est-ce que vous croyez que je laisserai insulter comme ça une femme que j’aime ? (AV leoant virement.) Sacré nom!.. Pardon du mot.
CAMILLE. Il n’y a pas de mai.
marengo. Et puis je voulais être tué...
j’avais du chagrin.. . j’avais appris uu malheur !
CAMILLE. Et lequel?
marengo. Ce sera un bonheur peutêtre... Si bien qu’il m’a donné un coup de sabre... je lui en ai donné deux à votre intention. Maintenant il vous respectera, soyez tranquille., et tant que je vivrai...
je ne souffrirai pas qu’on dise, sur votre compte, un mot, un seul qui ne soit pas catholique.
Camille. Oh! mon pauvre Marengo!
Ai* i Pour le chercher je passe en Allemagne.
Comment jamais pourrai-je reconnaître
Tant de bonté, d'amour, «le dévouement ?
NUIKCO.
Ah ! ce matin, je mVrais fait tuer, peut-être...
Mais j'suis heureux ci’n'étr’ pas moi t , b présent.
Si vous m’aitnici un peu.
rasviLLoir.
C'est impassible.
IUU3CO.
IA, rien qu'on peu.
JTMTIIL05.
Je ne puis , car enfin ,
Aimer un peu , voyc/.-v oui , c'est terrible ,
Je ne sais pas m'airêter en ebemin.
marengo. Il» bien! beaucoup! oui, manuelle... C’est ce que j’attendais pour vou* apprendre...
fci^aM rxartfvin.v f.i»-iiynr. -wmi r. , -.rx ,~-SVüfrp